Africa n°1 : Le Gabon reprend seul les commandes de la radio panafricaine après un accord avec la Libye
Symbole médiatique continental, longtemps freiné par une gouvernance partagée et une crise financière persistante, Africa n°1 repasse entièrement sous pavillon gabonais. Un accord conclu ce mardi 12 mai à Libreville entre le Gabon et la Libye consacre désormais l’État gabonais comme unique propriétaire de la radio panafricaine, ouvrant la voie à une relance annoncée comme plus maîtrisée, après des années d’incertitudes institutionnelles et d’arrêt des émissions sur le continent.
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Selon des informations rapportées par l’Agence gabonaise de presse et confirmées par une source au ministère de la Communication et des Médias, les discussions entre les délégations gabonaise et libyenne ont abouti à un consensus : la gestion d’Africa n°1 revient entièrement au Gabon. Le ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjow, a conduit côté gabonais cette séquence qui clôt un dossier sensible et longtemps resté en suspens.
Un accord qui met fin à une gouvernance bloquée
La portée de cet accord est d’abord capitalistique et institutionnelle. Jusqu’ici, la Libye demeurait l’actionnaire majoritaire historique d’Africa n°1, avec 52 % du capital, contre 35 % pour l’État gabonais et 13 % pour des investisseurs privés, selon les données rappelées ces dernières semaines dans le cadre des discussions de relance. Cette configuration héritée des accords passés avait longtemps compliqué la reprise en main effective de la station par Libreville.
Une vue du siège de la radio à Libreville
Désormais, le Gabon peut engager la relance de la radio sans dépendre d’un arbitrage permanent avec l’ancien partenaire libyen. Cette clarification était devenue indispensable pour une structure placée sous redressement judiciaire depuis 2011 et fragilisée par les conséquences de la crise libyenne, alors que Tripoli détenait jusque-là la majorité du capital.
Une radio mythique à reconstruire
Lancée en 1981 à Libreville, Africa n°1 fut l’une des premières grandes radios panafricaines francophones, avec une forte audience sur le continent durant les années 1980 et 1990. Sa puissance reposait notamment sur son ancrage gabonais, son ambition continentale et son outil technique de diffusion, dont l’émetteur de Moyabi, dans le Haut-Ogooué.
Mais la station a progressivement décroché, sous l’effet de difficultés financières, de choix de gouvernance contestés et du retard pris dans la mutation vers la FM et le numérique. Africa n°1 a cessé d’émettre sur le continent africain depuis novembre 2018, tandis que l’État gabonais continuait à supporter une partie des charges, notamment salariales, estimées à environ 600 millions de francs CFA par an depuis 2012.
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