Burundi : Le président sortant Évariste Ndayishimiye candidat à un second mandat à la tête du pays
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Réuni en congrès extraordinaire à Gitega le dimanche 26 avril, le parti au pouvoir, le Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD), a désigné à l’unanimité l’actuel chef de l’État burundais, Évariste Ndayishimiye, comme candidat à la prochaine élection présidentielle. Cette investiture officielle ouvre la voie à la quête d’un second mandat de sept ans pour le dirigeant, confirmant ainsi la stratégie de continuité adoptée par l’appareil politique. S’exprimant sur le réseau social X à l’issue de cette désignation, le président sortant a tenu à témoigner sa reconnaissance envers les militants, tout en s’engageant à poursuivre les chantiers amorcés afin de garantir un enrichissement des citoyens « dans la quiétude ».
Arrivé à la magistrature suprême en juin 2020 à la suite du décès de Pierre Nkurunziza, Évariste Ndayishimiye incarne la pérennité du CNDD-FDD, qui domine la scène politique nationale depuis 2005. Si son premier mandat a laissé entrevoir quelques signaux d’ouverture, notamment à l’égard de la presse, il reste entaché par des accusations persistantes de répression contre les voix dissidentes, régulièrement documentées par des organisations non gouvernementales. Le climat politique demeure d’ailleurs particulièrement crispé depuis les élections législatives de 2025. Ce scrutin, intégralement remporté par le parti au pouvoir, a été fermement contesté par une opposition dénonçant un verrouillage total du jeu démocratique et des institutions.
Depuis l’exil, plusieurs figures de l’opposition fustigent d’ores et déjà l’organisation d’un futur scrutin qu’elles estiment joué d’avance. Porte-parole du Mouvement pour la solidarité et le développement (MSD), Epitace Nshimirimana accuse le régime d’avoir aggravé la crise économique, pointant du doigt les pénuries récurrentes de carburant et de devises. Sur le plan socio-économique, les défis à relever s’annoncent en effet colossaux pour le pays : classé le plus pauvre du monde par la Banque mondiale en 2024, le Burundi et ses quelque quinze millions d’habitants subissent au quotidien de fortes tensions sur l’approvisionnement en produits de première nécessité.
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