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Les projets annoncés du NYFA : les Gabonais attendent toujours des résultats concrets

Les projets annoncés du NYFA : les Gabonais attendent toujours des résultats concrets
Les projets annoncés du NYFA : les Gabonais attendent toujours des résultats concrets © 2015 D.R./Info241

Mays Mouissi, économiste, spécialiste Gabonais de sécurité financière passe en revue dans une analyse sous forme de bilan-documenté, toutes les mesures, projets annoncés, chiffrés à coups de milliards durant toutes les éditions passées du New York Forum Africa (NYFA). Orchestrées par le publiciste Français, Richard Attias, sous les auspices d’Ali Bongo, l’utilité et le financement par le Trésor Public de ce projet sont pointés.

Moov Africa

L’économiste gabonais M. Mays Mouissi, dans sa démonstration éclaire les citoyens Gabonais au sujet de ce qui ressemble vraisemblablement à un gâchis des deniers publics par Ali Bongo et son gouvernement à chaque messe médiatique, dénommée New York Forum Africa (NYFA). Dont la 4ème édition a été organisée du 28 au 30 août dernier à Libreville.

D’ailleurs, l’événement a été rebaptisé curieusement ’’Libreville Africa Forum (Laf)’’. Les organisateurs ont déjà pris rendez-vous, pour la prochaine édition, première sous cette nouvelle appellation chimérique, le 11 au 12 juin 2016. L’affairiste Richards Attias et son staff se sont sans doute aperçus de l’incongruité et de la vacuité de l’ancienne dénomination, purement illusoire, longtemps relevées par la presse nationale et internationale.

Un forum dit africain, ouvert à tous les pays, dont nombreux chefs d’Etat bottent en touche. La facture salée de cette organisation, sans retombées économiques patentes, est soldée par l’ensemble des citoyens Gabonais. C’est pourquoi il est décrié chaque année, par la société civile libre gabonaise. Mais aussi, par les partis politiques de l’opposition. Simplement, du fait d’un trop-plein d’actions événementielles qui sont totalement financées par les deniers du Trésor Public Gabonais.

Et ce, malheureusement par le biais continûment de l’argent du contribuable gabonais qui pourrait activement et en toute urgence, financer la constriction d’écoles, d’hôpitaux, d’infrastructures routières, l’électrification de l’intérieur du pays, l’approvisionnement en eau potable... En un mot, permettre d’une manière concrète de changer dans les faits et sur le terrain, le quotidien misérable du Peuple Gabonais.

L’économiste Gabonais, Mays Mouissi invité régulier des plateaux télévisés des médias internationaux

Mais, le président controversé, Ali Bongo, en quête d’une image reluisante a trouvé en l’homme d’affaires Français, le publiciste, Richard Attias, semble-t-il, une solution communicante et médiatique magique. Celle, d’une existence en lumière ombragée, tristement sur une scène médiatique mondiale qui n’occultera jamais, les retards économiques et de développement d’un pays qu’il dirige depuis plus de 6 ans. Et ce, au détriment de son réel potentiel en ressources humaines et naturelles.

Le NYFA semble être le lieu par excellence d’enfumages, d’occurrents projets avec une surmédiatisation accrue des hommes avides, du pouvoir en place. Mais, comme le démontre M. Mays Mouissi, tous ces projets annoncés, chaque an, demeurent jusqu’à nos jours, non réalisés. C’est certainement, une occasion en or pour Ali Bongo et ses affidés du palais présidentiel et du gouvernement d’exposer avec faste leur ingéniosité, de fins spécialistes assermentés en effets d’annonces sempiternels made in Gabon.

Nous vous livrons dans les lignes qui suivent la globalité de l’analyse de l’économiste gabonais qui jettera assurément des sueurs froides aux amoureux patriotes du Gabon.

Au moment de l’épilogue de la 4ème édition du NYFA on se pose la question de son utilité et du maintien de son financement estimé à 5 millions USD sur les ressources publiques de la République gabonaise.

A l’heure où le Gabon connait des tensions de trésorerie liées à la chute des prix du pétrole, qu’est-ce qui justifie le maintien par l’Etat d’un financement pour ce forum ? Quel bilan peut-on en tirer après 4 éditions ?

500 milliards FCFA de promesses non-tenues en 2013

En 2013, dans le cadre du NYFA et à grand renfort de communication fut annoncé la signature de quatre accords stratégiques devant conduire à :

– La création à Port-Gentil d’un hub énergétique à partir duquel serait assurée la commercialisation d’hydrocarbures sur toute la façade atlantique africaine (Valeur annoncée de l’investissement : 500 millions USD) ;

– La construction sous 3 ans de 3 grandes écoles d’une capacité de 600 élèves chacune dans les villes de Libreville, Port-Gentil et Franceville ((Valeur annoncée de l’investissement : 34 millions USD)

– L’aménagement et l’agrandissement du Port Môle de Libreville pour en faire un endroit futuriste où devait se mêler iles artificielles, bureaux, musées, hôtels et commerces (Valeur annoncée de l’investissement : 120 millions USD)

Dans la foulée, le Président gabonais Ali Bongo annonçait la création d’un fonds de 200 millions USD pour permettre la création de 50 établissements professionnels en 24 mois devant concourir à la formation de 100 000 jeunes de la CEMAC. Pour le seul NYFA 2013, le total des promesses et projets annoncés s’élevaient à 854 millions USD soit 500 milliards FCFA, l’équivalent de 1/5e du budget national du Gabon.

Deux ans plus tard, l’organisation d’un nouveau NYFA aurait dû être l’occasion de présenter un bilan de chacun de ces projets ou du moins leur état d’avancement. On observe cependant que ni les organisateurs de ce forum, ni le gouvernement gabonais ne se livre à cet exercice.

On constate surtout que ni le hub énergétique à Port-Gentil, ni les 3 grandes écoles annoncées, ni les de 50 centres de formation professionnelles promis n’ont été réalisés. Quant à l’aménagement du Port Môle de Libreville, à peine avait-il démarré qu’il fut abandonné en raison des difficultés éprouvées par la partie gabonaise pour assurer sa part de financement.

Projets du NYFA 2014 : Des résultats toujours attendus

L’édition 2014 du NYFA, elle aussi financée sur fonds publics, s’est également achevée par la signature de 4 accords portant sur la réalisation des investissements suivants :

– La réalisation de canaux d’évacuation des eaux usées dans les arrondissements de Libreville afin de protéger 100 000 riverains des inondations pour un montant de 200 millions EUR ;

– La réhabilitation des 46 kilomètres de routes qui séparent la ville de Ndjolé à Medoumane dans le centre du Gabon pour 36 millions EUR ;

– La construction d’une nouvelle raffinerie de pétrole par l’entreprise coréenne Samsung dont on annonçait qu’elle créerait 3 400 emplois directs et indirects ;

– La création de centres de formations en informatique devant permettre la certification des compétences de 5 000 jeunes gabonais aux outils Microsoft chaque année.

S’il faut reconnaître que la réhabilitation de la route Ndjolé-Medoumane a connu un début de réalisation, il faut s’accorder sur le fait que la signature de ce projet et celui relatif à la réalisation des canaux d’évacuation des eaux usées ne sont pas dus à la tenue du NYFA.

En effet, dans sa note de communication publique d’opération portant la référence NCO CGA 1190, l’Agence française de développement (AFD), bailleur de fonds du projet précise que son prêt de 36 millions EUR fait suite à son implication dans des études et travaux antérieurs réalisés sur le linéaire Ndjolé-Medoumane dans la cadre d’une convention signée le 4 janvier 2006 (6 ans avant l’organisation du premier NYFA) et qui porte la référence CGA 6002 01X.

Venant allonger la liste des projets annoncés dans le cadre du NYFA et jamais réalisés, la nouvelle raffinerie de Port-Gentil dont la construction était évaluée à 1.1 milliard EUR (700 milliards FCFA) n’a jamais vu le jour, tout comme les centres de formation en informatique annoncés.

Pour un recours à des opérateurs privés pour financer le NYFA

Comme les éditions précédentes, le NYFA 2015 s’est achevé avec son lot de promesses, de projets et d’annonces. Toujours financé sur des deniers publics, rendez-vous a été pris pour 2016 pour la 5e édition.

Pourtant, à l’analyse il apparaît que les retombées du NYFA en termes de réalisations sont faibles. Par ailleurs, les différents projets annoncés à chaque édition du NYFA ne connaissent pour la plupart aucun début de réalisation. Cependant, le coût de ce forum pour le contribuable reste constant, voire s’accroît au fil des années.

Une situation qui interpelle sur les raisons qui motivent le maintien du financement d’un tel forum sur des deniers publics. Aux organisateurs qui défendent l’idée que ce forum est un lieu de rencontre privilégié entre hommes d’affaires de différents pays, il conviendrait de leur faire accepter de recourir à des investisseurs privés pour financer le NYFA puisqu’il leur serait favorable.

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