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Gaël Koumba Ayouné : « Ali Bongo est entouré de proches qui le trahissent en permanence »

Gaël Koumba Ayouné : « Ali Bongo est entouré de proches qui le trahissent en permanence »
Le président du RJPG, Gaël Koumba Ayouné à la place du Trocadéro de Paris © 2017 D.R./Info241

De passage à Paris, Gaël Koumba Ayouné, président du Rassemblement des Jeunes Patriotes Gabonais (RJPG), mouvance proche d’Ali Bongo, autoproclamé « Général des mapanes » qui est dans la tourmente médiatique et sur les réseaux sociaux s’exprime dans un entretien accordé ce mercredi à Info241 sur les graves accusations qui pèsent sur sa personne. Celui qui se présente comme « le porte-parole » des quartiers pauvres du Gabon a passé au crible toutes les folles rumeurs qui portent atteinte à son intégrité tout en y évoquant l’objectif de sa mission en France, la crise post-électorale et l’action de son mouvement.

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En effet, cet activiste qui s’était révélé au grand public par des actions humanitaires et de solidarité envers les personnes désœuvrées et les jeunes des quartiers sous-intégrés de Libreville est désormais vomi par les activistes de la diaspora gabonaise de France dont il a été un leader durant plusieurs années, lorsqu’il milita pour le compte de l’UPG. Il est accusé par ces mêmes activistes comme auteur-complice présumé des massacres lors de la crise post-électorale. Ce n’est pas tout, selon les leaders de la résistance diasporique gabonaise de France, Gaël Koumba Ayouné était formellement interdit de séjour en France et qu’il aurait menacé de morts, d’expulsion du territoire français tous les activistes résistants du Trocadéro.

Il faut préciser que l’autoproclamé ’’Général des mapanes’’ a soutenu l’organisation du dialogue politique d’Ali Bongo, notamment, il a œuvré pour la tenue de sa phase citoyenne dont il a pris part activement. Toutefois, Gaël Koumba Ayouné est exposé sur la place publique comme étant un indic, un mouchard infiltré dans des bidonvilles de Libreville machiavéliquement utilisé par les services de renseignements du palais du Bord de mer. Mais aussi, il est accusé par certains membres de l’UJPDG France d’avoir terni et de saboter l’image d’Ali Bongo à travers la marche ratée du Trocadéro, qualifiée d’une imposture et d’une escroquerie sans pareil.

Info241. Vous êtes en France depuis quelques jours. Pouvez-vous exprimer davantage sur les objectifs de votre mission à Paris ?

Gaël Koumba Ayouné (GKY) : Je vous remercie de me donner l’occasion de m’exprimer et salue votre sens du respect de la pluralité d’opinions et de la liberté d’expression que vous incarnez à travers votre média. Mon séjour ici revêt un double objectif. D’abord celui de prendre attache avec certains compatriotes qui œuvrent ici pour la solidarité et la construction et le développement du pays, car contrairement à ce que l’on veut nous présenter, la diaspora c’est pas seulement les marcheurs du Trocadéro, il ya également ceux que nous appelons la diaspora consciente.

Ensuite, il était important pour moi, pour mes soldats, et pour toute la population gabonaise que je vienne ici, car il a été chanté partout, partout où il était possible que j’aurais une interdiction de séjour en France. Ce qui est archi faux, la preuve me voici à Paris, capitale française dans laquelle j’ai fais mes études et mes premières expériences politiques et professionnelles. L’on m’a attribué un CV que j’ai découvert en même temps que vous. Donc il était plus que nécessaire que je sois ici en France pour apporter un démenti de par ma présence. Vous savez, la politique est un débat d’idées, nul besoin de salir les autres pour exister.

Vous êtes sujet à polémique notamment sur la marche ratée du Trocadéro. Quel était vraiment le but de votre action sur la place des parvis des droits de l’homme ?

GKY : Je tiens à signaler et à préciser à toutes fins utiles que je n’étais pas l’organisateur de cette marche. Mais j’aurais été partie prenante à cette marche si elle avait eu lieu, malheureusement elle a été annulée deux jours auparavant. Vous savez les menaces en mon encontre sont allées crescendo, de l’interdiction de séjour en France à l’interdiction de mettre les pieds au Trocadéro, là encore ma présence symbolique sur la place des parvis des droits de l’homme était une manière pour moi de relever ces différents défis.

Car je ne me reproche de rien et je n’ai peur de personne, mais en même temps, les mêmes compatriotes qui affabulent et distillent des mensonges grossiers contre ma personne n’ont pas eu le courage de m’affronter dans un débat d’idées. Ils m’ont pourtant défié mais ils ont préféré une fuite en avant, choisissant d’alerter les CRS de France (force de l’ordre en France) que je les ai menacés de mort. C’’est pour éviter tout affrontement que les agents nous ont demandé avec respect et tenu de quitter les lieux, tel que vous avez pu l’observer dans les vidéos, très relayées sur les réseaux sociaux. Malheureusement chacun y va de son interprétation, de sa désinformation et de la manipulation de l’opinion à ce sujet.

Vous vous êtes révélé au grand public par vos actions de solidarité jadis appréciées par un grand nombre envers les couches sociales faibles. Qu’en est-il aujourd’hui ? Etait-ce un prétexte pour des prébendes politiques à l’orée des élections présidentielles qui ont suivi ?

GKY : C’est un engagement citoyen auquel j’accorde du prix. Et je vais me battre avec les moyens que je possède avec l’aide de mon mouvement pour faire rayonner l’idéal de solidarité qui s’impose au Gabon devant une pauvreté criarde. Issu moi-même des milieux défavorisés, je connais très bien les attentes de cette frange de la société gabonaise, c’est à dire pas grand-chose. Ces populations ont juste besoins de se loger décemment, d’avoir accès à l’eau et à l’électricité, d’avoir accès aux soins et à l’éducation, et rêver pour leurs enfants ce à quoi ils n’ont pas eu droit.

Alors mon armée et moi posons des actions sur fonds propres et surtout avec l’aide des gens de bonne volonté et des mécènes, comme c’est fait partout ailleurs dans le monde. Nous avons à notre actif entre autres : la construction d’une maison équipée à une veuve, la construction d’un bâtiment a l’hôpital psychiatrique de Mélen. Sans compter les différents dons et autres dans les orphelinats. L’une des actions qui fait la fierté de notre mouvement est d’avoir œuvré contre vents et marées pour la construction de la passerelle du quartier Plein-Ciel. Et je tiens à marteler que ce n’est pas un cadeau pour les habitants de ce quartier, mais le résultat de nos revendications citoyennes. Les résultats parlent d’eux-mêmes, à moins d’un an existence, notre bilan concret et sur le terrain est notre défenseur.

Vous avez participé au dialogue politique d’Ali Bongo ? Quel était votre rôle lors de ces assises. Pensez-vous que la crise post-électorale sera résolue par les conclusions de ce dialogue décrié et boycotté par l’opposition gabonaise ?

GKY : En effet, j’ai participé à la phase citoyenne du dialogue politique. Le but de ma participation à ce dialogue était de porter haut les revendications du mapane, les revendications des sans voix. Ces quartiers sous-intégrés n’ont plus d’espoir, ils n’ont plus les moyens de crier leur détresse et n’ont pas accès aux médias publics. C’est pourquoi j’ai pris le pari d’être un acteur de la construction du Gabon et non un citoyen passif. Car la politique de la chaise vide ne paye pas, et je crois avoir joué ma partition à ce grand rendez-vous de la vie politique de notre pays.

Nous souhaitons vivement que ces conclusions apaisent le climat de la crise post-électorale, car personne ne viendra ailleurs pour construire le pays à notre place. D’où la participation de tous les fils et filles du pays était sollicitée à ce dialogue, car ces conclusions s’appliqueront à tous sans exception.

Les leaders de la diaspora gabonaise vous prennent à partie en vous accusant d’être l’auteur de plusieurs massacres et d’être un indic du régime, un espion cher payé par Ali Bongo. Que répondez vous à ces graves accusations qui pèsent sur vous ?

GKY : Est ce que nous parlons de la même diaspora qui a dit que j’étais en interdiction de séjour en France ? Est-ce que nous parlons de la même diaspora qui a dit que je n’oserais jamais mettre les pieds au Trocadéro, mais qui s’est empressée d’aller déposer une main courante contre moi pour menace de mort ? Car s’il s’agit de la même diaspora, vous avez la réponse à cette question. Vous savez, après avoir dissiper tous ces mensonges, je crois que je vais arrêter de prêter attention à cette diaspora en mal de crédibilité. Qu’ils apportent les preuves à leurs allégations, et surtout qu’ils soient beaucoup plus crédibles cette fois ci, car je ne me reproche de rien.

Il est tout de même important que l’opinion sache que j’avais fait le tour des quartiers pour dire aux jeunes que le scrutin est fini. Et que le reste des débats c’est entre Ali Bongo et Jean Ping. Cela m’a même valu des défections au sein de mon armée. Je ne mènerais aucun de mes soldats, ni même aucun enfant du mapane à l’abattoir. Car nous mourrons déjà de misère, nous n’irons jamais mourir pour permettre à un tel ou un tel d’accéder au pouvoir. Alors je ne parlerais pas de l’assaut au QG de Ping, car je n’y étais pas, et je ne m’avancerais jamais sur ce terrain dont je ne connais ni les tenants, ni les aboutissants. Ainsi je me reconnais en rien en ce qui concerne toute les accusations qui me sont attribuées. je n’ai jamais tué qui que ce soit même pas un moustique.

Vous avez prêché de vouloir sortir les jeunes des mapanes de la pauvreté. Qu’en est-il aujourd’hui ? Etes vous partie prenante des décisions qui sont prises dans la gouvernance d’Ali Bongo ? Ou êtes-vous juste une caution fallacieuse pour tenir sous scelle les mapanes de Libreville ?

GKY : Nous sommes en bonne voie, même si ce n’est pas facile, nous nous organisons avec nos propres moyens. Comme je l’ai dit précédemment pour mettre en place des activités génératrices de revenues, mais malheureusement les fonds ne sont pas suffisants. C’est la raison pour laquelle souvent nous sollicitons des apports extérieurs en tout genre (financiers, matériels etc). Par ailleurs, nous ne sommes pas totalement partie prenante des décisions qui sont prises dans la gouvernance d’Ali Bongo, car c’est pas parce que l’on soutien une personne qu’on est en accord avec tout ce qu’elle fait.

Le président Ali Bongo est entouré en majorité par des personnes qui jouent un double jeu, des proches qui le trahissent en permanence, alors être partie prenante des décision prise durant sa gouvernance, c’est être complice des voleurs. D’où, je soutiens l’opération mamba menée par le gouvernement gabonais. Nous avons également l’exemple du dialogue politique, il n’était pas question dans un premier temps que la jeunesse prenne part à ces assises, mais il a fallu manifester ,et nous l’avons dit au chef de l’État lors de notre rencontre pour obtenir notre présence à ce grand rendez vous. C’est vous dire que lorsque les décisions prises sont impopulaires, nous n’y adhérons pas.

In fine ...

GKY : Je vous remercie pour l’opportunité que vous m’avez offerte de m’exprimer à bâton rompu, sans tabou sur tous les sujets d’actualité afin d’apporter ma lumière et ma part de vérité sur les zones d’ombres dont je suis victime. Au nom de l’engagement que j’ai pris auprès de mon mouvement citoyen, je ne cesserais jamais d’attirer l’attention des autorités sur les conditions de vie des populations des mapanes. Je ne cesserais jamais d’attirer l’attention du président de la République sur son entourage qui ne relais pas normalement les réalités des populations des mapanes. Et qui n’exécute pas souvent dans les faits ses choix et ses recommandations au bénéfice de la population. Nous invitons le président de la République à venir partager les réalités quotidiennes avec les populations des mapanes. D’autres part, nous invitons la diaspora à regagner le pays, personne ne leur veut du mal, car nous sommes en mode réconciliation et construction. Je vous remercie.

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