Agatour : Un manque cruel d’investissements plombe les bilans touristiques de 2024 et 2025
L’Agence gabonaise de développement et de promotion du tourisme et de l’hôtellerie (Agatour) a tenu son conseil d’administration ce vendredi 24 avril à Libreville. Les conclusions de cette rencontre de haut niveau dressent un bilan globalement mitigé pour les exercices des années 2024 et 2025. Cette contre-performance s’explique principalement par une absence chronique de budget d’investissement, un handicap majeur qui a freiné net les ambitions de l’institution, selon les constats relayés par l’Agence gabonaise de presse.
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Ouvrant les travaux, la présidente du conseil d’administration, Estelle Flore Angangou, a souligné les défis colossaux auxquels l’entité fait face au quotidien. Privée d’appuis financiers externes, l’administration a dû revoir sa copie pour tenter de maintenir le cap. « Il a fallu que l’Agence s’adapte, ajuste certains objectifs, exécute le plan d’action validé lors du dernier conseil d’administration, par ordre de priorité des actions. La clé étant la cohérence entre la vision, la stratégie, les indicateurs de mesure et les processus opérationnels », a-t-elle expliqué aux administrateurs présents.
Un catalogue de projets en souffrance
Les rapports d’activités de 2024 et 2025, détaillés par le directeur général de l’Agatour, Léon Ivanga, sont venus confirmer cette paralysie institutionnelle. Le document de synthèse met en exergue plusieurs manquements profonds dans l’exécution des résolutions actées lors des précédentes sessions. L’absence de financements a ainsi bloqué l’assainissement de la gestion administrative, la mise à jour du cadre réglementaire, mais surtout l’aménagement tant attendu des zones d’intérêt touristique (ZIT) et des grands sites du pays.
Une autre vue de cette réunion
Ce manque de moyens a logiquement eu un effet domino sur l’ensemble de la chaîne de valeur du secteur. Le directeur général a notamment déploré une insuffisance criante dans la création de nouvelles offres de destination et l’absence de rétrocession de l’hôtellerie à l’État. Plus préjudiciable encore pour l’attractivité du pays, la non-labellisation des établissements d’hébergement et de restauration, purement par manque de moyens, continue de pénaliser la structuration d’une industrie touristique qui peine toujours à décoller.
Des dépenses resserrées autour de la Caravane touristique
Sur le plan strictement comptable, le rapport révèle que les rares ressources ont été absorbées par les deux dernières éditions de la Caravane touristique du Gabon. Cet événement phare a mobilisé 189 023 250 francs CFA en 2024 et 177 855 500 francs CFA en 2025. Ces enveloppes ont servi à couvrir les frais de transport, d’hébergement, de restauration des caravaniers, ainsi que la logistique inhérente à la réalisation des circuits, pour des montants effectivement exécutés de 187 865 550 francs CFA en 2024 et 154 395 013 francs CFA en 2025.
La présidente du conseil d’administration de l’agence
Face à cette austérité comptable, la présidente du conseil d’administration a réitéré que l’Agatour est désormais « contrainte de s’appuyer essentiellement sur ses ressources propres », induisant une hiérarchisation stricte des dépenses. Ce conseil d’administration s’est donc voulu avant tout une étape de clarification pour faire un état des lieux lucide des performances de l’agence. L’enjeu des prochains mois sera de relancer une véritable dynamique sectorielle, conformément aux attentes actuelles et aux missions originelles définies par le décret de création datant de 2014.
@info241.com
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