Realpolitique

PDG : vers la fin de la guerre des courants affidés à Ali Bongo ?

PDG : vers la fin de la guerre des courants affidés à Ali Bongo ?
Les deux principales figures des courants rivaux du PDG © 2015 D.R./Info241

Dans un tribune libre intitulée « PDG : mise en sommeil de la crise ? », Jonathan Ndoutoume Ngome docteur en géopolitique et géostratégie, décrypte la récente crise du parti au pouvoir opposant le mouvement Héritage et modernité au Mogabo. Pour l’auteur, Ali Bongo qui avait pourtant pris le parti du Mogabo mercredi, est revenu à de meilleurs sentiments craignant un étiolement de sa majorité et les défections qui sont légions dans son parti depuis la présidentielle de 2009. L’analyste ne croit pas à cette paix des braves retrouvée qui ne serait elle, que de façade. Avant de s’interroger sur la désagrégation de « l’héritage politique de feu Omar Bongo Ondimba ».

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La vie politique nationale a été récemment marquée par de fortes dissensions au sein de la Majorité PDG, avec l’affrontement entre le MOGABO emmené par les amis proches du Chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba et le mouvement Héritage et Modernité conduit par le Pr Barro Chambrier.

Après la réception du groupe parlementaire PDG et la grande réunion au palais présidentiel entre les parlementaires et le Chef de l’Etat, le MOGABO était déjà sur du soutien du Président Ali Bongo au regard de la réaction qu’il a eue vis-à-vis des Honorables Députés du PDG réunis au sein de H&M.

Au terme de la réunion du comité permanent du permanent du PDG, le vendredi 3 juillet 2015, contre toute attente, le Chef de la majorité a décidé de dissoudre les deux mouvements, notamment le Mouvement Héritage et Modernité et le MOGABO.

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’ Ali Bongo a été placé face à la réalpolitique et a compris que ce conflit méritait d’être vite éteint car il risquait de compromettre son avenir politique à l’approche des échéances politiques majeures.

En effet, le poids politique du MOGABO, s’il en a un, résiste peu à la machine d’implantation du PDG, véritable socle politique et militant ayant joué un rôle déterminant dans l’accession d’Ali Bongo à la tête de l’Etat.

Par contre, malgré la dissolution de forme des deux mouvements, les positions entre les deux camps vont rester tranchées. L’accalmie ne sera que de façade et diplomatique. Il faut craindre une résurgence des inimitiés trop vite enterrées avec des risques potentiellement élevées d’implosion tant les frustrations sont encore nombreuses au sein de la majorité.

On a encore en mémoire la sortie tonitruante du Général/Député Idriss Ngari qui a révélé le malaise au sein de la majorité. Puis, le passage du premier questeur de l’Assemblé Nationale Jonathan Ignoumba (proche de Nzouba Ndama) qui a déclaré que le Gabon fonctionnait sans budget depuis 2013, avec les budgets fictifs qui sont votés par les parlementaires et promulgués par le Chef de l’Etat. Et enfin, la démission du PDG de l’ancien Premier Ministre Raymond Ndong Sima, Député du canton Kyè à qui on soupçonne les velléités de candidature en 2016.

En définitive, au regard de la situation actuelle de fragilité, de frilosité qu’entoure un bilan peu reluisant dans un contexte socio-économique et politique de crise généralisée (dixit Chambrier), l’héritage politique de feu Omar Bongo Ondimba n’est-il pas entrain de se désagréger ?

Entre le MOGABO essentiellement constitué des ‘’émergents’’ amis d’Ali Bongo et le mouvement ‘’Héritage et Modernité’’ se réclamant de la base idéologique de la première heure du PDG, il nous semble que le Chef de l’Etat Ali Bongo a tranché politiquement en faveur des élus du PDG sur lesquels il devra s’appuyer éventuellement en 2016.


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