Gabon : Les enseignants d’Essone-Bekoué fustigent le mépris des entreprises locales face à la loi RSE
Le climat social se crispe considérablement dans le village d’Essone-Bekoué, situé dans le département du Haut-Ntem (Woleu-Ntem), au nord du Gabon. La direction et le corps professoral de l’école primaire catholique de cette localité rurale tirent la sonnette d’alarme face à l’indifférence flagrante des sociétés privées opérant dans leur zone. Une situation de détresse absolue qui a poussé ces éducateurs à sortir du silence, à travers une correspondance officielle dont une copie est parvenue à la rédaction d’Info241 dans la journée d’hier.
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Rédigé le mardi 24 mars et signé par le directeur de l’établissement, Guy Emane Zeng, ce courrier officiel est directement adressé au préfet du département du Haut-Ntem. Dans cette missive aux allures de réquisitoire, le responsable local de la circonscription scolaire catholique du Woleu-Ntem Nord-Est dénonce avec véhémence l’absence totale de soutien matériel et financier de la part des cinq opérateurs économiques installés à proximité immédiate de l’école.
Une violation ouverte de la législation en vigueur
Au centre de cette vive indignation se trouve le non-respect caractérisé des engagements communautaires par ces entreprises privées. La correspondance pointe ouvertement du doigt ce que les enseignants qualifient de « mépris total de la loi d’orientation sur la responsabilité sociétale des entreprises (RSE), promulguée le 25 mars 2025 ». L’administration scolaire regrette amèrement que ses multiples sollicitations à l’endroit de ces sociétés soient systématiquement restées sans la moindre suite favorable.
Le courrier officiel
Cette inertie incompréhensible du secteur privé local engendre des conséquences directes et dramatiques sur les conditions de travail du corps enseignant. Le courrier adressé à l’autorité préfectorale lève le voile sur une précarité alarmante vécue par ces maîtres qui assurent au quotidien l’instruction des enfants du village. Le document souligne en effet la situation critique de ces « enseignants qui sont à ce jour non-salariés et étant des pères de familles », peinant à joindre les deux bouts malgré leur dévouement.
Un appel pressant à l’intervention des pouvoirs publics
Face à ce qui s’apparente à une dérobade systématique des entreprises vis-à-vis de leurs obligations sociétales, l’équipe éducative a décidé d’en appeler à la fermeté des pouvoirs publics. En saisissant le premier représentant de l’État dans le département, les enseignants d’Essone-Bekoué espèrent déclencher une intervention urgente et coercitive. L’objectif affiché est d’obliger ces structures à participer activement au développement de l’infrastructure éducative locale et à garantir un minimum de bien-être à ces professionnels.
Pour s’assurer que leur cri du cœur soit largement entendu, les plaignants ont pris le soin d’amplifier leur démarche administrative. De larges copies de cette plainte ont ainsi été transmises au conseil départemental du Haut-Ntem, au chef de cantonnement de Bolossoville ainsi qu’au député du deuxième siège de la localité. Une mobilisation institutionnelle tous azimuts qui vise à mettre rapidement ces entreprises face à leurs responsabilités, afin de sauver une école rurale au bord de l’asphyxie.
@info241.com
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