Crise gouvernementale

Bilie By Nzé assimile Ben Moubamba à un schizophrène qui aurait perdu la raison

Bilie By Nzé assimile Ben Moubamba à un schizophrène qui aurait perdu la raison
Bilie By Nzé assimile Ben Moubamba à un schizophrène qui aurait perdu la raison © 2017 D.R./Info241

Le torchon brûle entre Bruno Ben Moubamba et Alain-Claude Bilie By Nzé. Dans une interview musclée, accordée à nos confrères de GabonReview, le porte-parole du gouvernement est sans pitié pour Moubamba qui exaspérerait le parti présidentiel, l’Assemblée nationale et plusieurs cadres de l’administration publique en plus de ne pas respecter la discipline gouvernementale. Bilie By Nzé qui reconnait n’être pas psychiatre, s’interroge dans des tournures à peine voilées, sur la santé mentale de son collègue. Il évoque chez son actuel supérieur hiérarchique au gouvernement, une « espèce de schizophrénie qui consiste à être l’un sans l’être en même temps ».

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Dans une interview accordée vendredi et publiée hier chez nos confrères, Bilie By Nzé n’épargne aucunement le Vice-Premier ministre Bruno Ben Moubamba en charge du Logement. Avec l’aide de punchlines plutôt cinglantes, Bilie Bi Nzé rappelle les actuelles frasques de Ben Moubamba depuis son arrivée au gouvernement : mépris des députés et de l’Assemblée, querelles récurrentes avec des directeurs généraux d’administration sous tutelle, insultes répétées au Parti démocratique gabonais d’Ali Bongo etc.

Attitudes qui questionnent le porte-parole du gouvernement gabonais sur les « aptitudes » de Ben Moubamba à « être à ce niveau de responsabilités ». Il rappelle que sieur Bruno Ben Moubamba n’aurait pas fait son entrée au gouvernement en raison de son score de 0,59% (soit 2.010 voix) à la présidentielle mais plutôt « parce qu’il est Gabonais et qu’on a voulu qu’il ait une opportunité de contribuer comme tout le monde, comme nous tous, à la marche du pays ».

Il est plus qu’évident que devant cette levée de boucliers de ce ténor du régime, les jours de l’opposant modéré soient comptés. Car comme l’intime sans équivoque Bilie By Nzé, il serait temps que Moubamba « retrouve ses esprits ». Il est « malsain qu’un membre du gouvernement, fut-il Vice-Premier ministre, sorte de là alors qu’il n’a rien dit pendant la tenue du Conseil et s’en va s’épancher sur les réseaux sociaux », a t-il martelé à l’endroit de Bruno Ben Moubamba.

Et de conclure, « Si on est en désaccord profond avec un élément aussi essentiel que la politique économique et budgétaire du pays, on en tire les conséquences. Mais qu’on n’aille pas s’épancher comme cela et tenter de couvrir les autres d’opprobre ». Une invitation donc à quitter le gouvernement s’il ne s’y sent pas à son aise.

Voici un extrait de l’interview accordée à nos confrères :

Abordons la question de la solidarité gouvernementale. Que se passe-t-il au sein du gouvernement Issoze-Ngondet ?

Le gouvernement est à l’ouvrage. Il travaille. Il faut déplorer que par le fait d’un seul membre du gouvernement, il y ait des coups de canifs réguliers dans cette solidarité. A tel point que la dernière en date, le Premier ministre a dû instruire le porte-parole du gouvernement pour publier un communiqué qui rappelait monsieur le Vice-Premier ministre Bruno Ben Moubamba à la nécessité d’observer un élément constitutionnel qu’on appelle la solidarité gouvernementale.

C’est la Constitution qui le demande. Ce n’est pas un artifice. Il se trouve que lorsqu’on n’est pas en harmonie, il y a des cercles pour en discuter : le Conseil interministériel et le Conseil des ministres pour harmoniser les points de vue. Dès l’instant où le Conseil des ministres a adopté une position, elle devient la position du gouvernement. Il est donc malsain qu’un membre du gouvernement, fut-il Vice-Premier ministre, sorte de là alors qu’il n’a rien dit pendant la tenue du Conseil et s’en va s’épancher sur les réseaux sociaux. Ce n’est pas très responsable.

Ben Moubamba estime s’être prononcé en tant que président d’un parti politique et non en tant que membre du gouvernement.

Vous savez, cette espèce de schizophrénie qui consiste à être l’un sans l’être en même temps n’est pas du tout convenable à ce niveau de responsabilités. On soutient le chef de l’Etat et on le soutien pleinement. Du reste, une question se pose aujourd’hui et je la pose telle quelle : est-ce qu’en définitive ce compatriote est normal ? Derrière cette question se pose une autre : a-t-il des aptitudes pour être à ce niveau de responsabilités ?

Je ne suis pas psychiatre, je ne vais donc pas apporter de réponses. Mais j’observe qu’au sein de son département ministériel, il a des problèmes avec ses directeurs généraux, qu’ils soient centraux ou qu’ils soient directeurs des administrations sous tutelle. C’est un problème qui va freiner le fonctionnement et qui va davantage freiner un secteur attendu par les populations.

J’observe que le Vice-Premier ministre a totalement manqué de respect à une institution qui est le Parlement en estimant que l’Assemblée était illégitime. Un ministre ne parle pas ainsi. Une Assemblée qui est là pour voter les lois, une Assemblée qui a voté la confiance du gouvernement auquel il appartient, une Assemblée qui vote les budgets qui permettent à ce ministre de travailler et même d’avoir un salaire, on ne peut pas la traiter de cette façon-là.

Je le dis en tant que membre du gouvernement, en tant que Porte-parole du gouvernement, en tant que militant et cadre du Parti démocratique gabonais (PDG). On ne traite pas ainsi l’Assemblée nationale. Les relations entre l’exécutif et le législatif doivent être saines, doivent être dénuées des éléments de cette nature. Il faut donc rétablir la confiance. Alors qu’on devrait être concentré à résoudre les problèmes des Gabonais, on nous amène à devoir discuter pour essayer d’apaiser le Parlement qui aujourd’hui, est très remonté.

Peut-on s’attendre à des sanctions ?

Vous savez, on peut m’injurier, là n’est pas mon propos. En revanche, il me semble utile de faire en sorte que lorsque le Premier ministre et le Chef de l’Etat font confiance à un compatriote, ils attendent en retour qu’il travaille convenablement. Et pour le moment, ça n’a pas l’air de prendre cette direction.

De ce point de vue, je pense que chacun devrait se ressaisir et lui-même en premier. Ceux qui l’entourent et qui ont du mal parfois à le ramener à la raison devraient s’organiser pour lui faire comprendre que le gouvernement a des règles de fonctionnement, que l’Etat a des règles de fonctionnement et qu’il faut les respecter.

Le vrai courage en politique ne consiste pas aller s’épancher sur les réseaux sociaux ou dans les rues. Cela consiste à faire son travail. Si on est en désaccord profond avec un élément aussi essentiel que la politique économique et budgétaire du pays, on en tire les conséquences. Mais qu’on n’aille pas s’épancher comme cela et tenter de couvrir les autres d’opprobre. La politique est une affaire de gentlemen, elle ne se mène pas dans les caniveaux.

Qu’est-ce que cela veut dire ?

Je pense qu’il serait temps que chacun retrouve ses esprits. Si pour avoir fait 1% à la présidentielle on doit insulter la terre entière, qu’en aurait-il été s’il avait fait 2% ? Il faut qu’il se souvienne que c’est le Chef de l’Etat qui a voulu qu’il soit là. Ce n’est pas son score à la présidentielle qui est essentiel, c’est parce qu’il est Gabonais et qu’on a voulu qu’il ait une opportunité de contribuer comme tout le monde, comme nous tous, à la marche du pays.

Et nous ne dépendons que de la volonté du Chef de l’Etat. Il faut qu’il s’en souvienne. Le Chef de l’Etat a un parti politique qu’on appelle le PDG. On n’insulte pas le PDG. On n’insulte pas l’Assemblée nationale où ce parti est majoritaire. Quand on est ministre, on doit faire passer ses lois à l’Assemblée. Si vous insulter cette Assemblée, vous parasiter votre propre action, par conséquent l’action du gouvernement et le bien des Gabonais et des Gabonaises. Le score à la présidentielle n’est pas ce qui justifie sa présence au gouvernement.

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