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Pierre-Claver Akendengue déjà 79 ans… et une musique toujours originale

Pierre-Claver Akendengue déjà 79 ans… et une musique toujours originale
Pierre-Claver Akendengue déjà 79 ans… et une musique toujours originale © 2022 D.R./Info241

Nandipo, Olando, Lababa, Eseringuila, Afrika Obota, Nandipo, Awana W’Afrika, Piroguier, Silence, Ekunda-Sah, N’kéré, sont là les morceaux qui ont propulsé Pierre-Claver Akendengue depuis les années 70. À 79 ans ce lundi 25 avril, le poète gabonais aux cordes vocales limpides continue de bercer les âmes au fil des années.

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Né le 25 avril 1943 à Awuta dans la petite île de Nengué Sika en pays Nkomi, dans la région lagunaire du Fernan-Vaz très exactement dans la province de l’Ogooué-Maritime, Pierre-Claver Akendengue, artiste inclassable, fait partie des grands maîtres de la musique gabonaise et africaine contemporaine. Et cela depuis des décennies. Il détient l’un des itinéraires musicaux les plus prolixes et les plus passionnants. Il est pourtant sans conteste l’un des artistes les plus doués et les plus complets de sa génération.

Le dernier album studio de l’artiste gabonais

C’est aux côtés de ses oncles par ailleurs joueurs de cithare et de guitare qu’il découvre la musique traditionnelle, puis la musique occidentale au travers du chant grégorien et des disques du collège de Libreville. C’est à l’âge de 15 ans qu’il commence à composer. En allant en Europe, plus précisément en France afin d’étudier la psychologie, il se forme en harmonie et dirige une chorale. Fort de cela, il fait la rencontre d’une certaine Mireille au Petit Conservatoire.

C’est de cette rencontre que l’idée d’écrire dans sa langue maternelle lui est venue suite aux conseils de celle-ci. Ainsi, Il édite un premier disque à compte. Ce qui lui a permis d’entrer en contact avec le chanteur-poète Pierre Barouh. Sorti en 1974, Nandipo, son premier album est le fruit de sa rencontre avec Pierre Barouh, créateur du label Saravah. En effet, Nandipo, nom tiré de la langue Omyéné évoque une Afrique sublimée où se côtoient chant en myéné, rimes en français, guitare acoustique, percussions variées, influences soul et cubaines.

Cet album a été classé parmi les 50 albums essentiels de la musique africaine du mensuel World Music Vibrations. Il à créé en 85, un espace de rencontre artistique et de formation, le Carrefour des arts, dont a bénéficié de jeunes artistes, comme Annie-Flore Batchiellilys pour ne citer que cet artiste. En d’autres termes, transmettre son savoir a toujours été un leitmotiv pour le chanteur, qui, dès son retour au Gabon, avait créé cet espace de rencontre artistique.

Cette idée de pouvoir assurer un passage de relais l’a toujours habité. Sauf que ce n’était pas de lui, car la tradition africaine donne obligation aux aînés de transmettre le savoir aux cadets. Tantôt en français, tantôt en myéné, Akendengué a toujours su jouer des contes ancestraux pour faire passer son message social et politique. de 1973 avec Nkere à La couleur de l’Afrique en 2018, autant d’albums pétillant que le musicologue gabonais a su harmoniser aux rythmes des sonorités africaines. Ce qui lui a valu le surnom de « Bob Dylan africain ». Tout simple parce qu’il apparaît de nos jours comme l’un des pères de la chanson contestataire africaine.

Après l’obtention de son doctorat en psychologie, PCA n’a eu de cesse d’interpeller le gouvernement gabonais par la mélodie sur la gestion inéquitable des richesses. Ce souci du partage s’est s’entendu dans ses chansons, poétisant le besoin d’unité et d’amour. Ce qui a fait de lui, un fervent opposant de par ses opinions sur l’indépendance affichée à l’égard de l’ultra-dominante classe politique, bien que n’ayant jamais pris part à une quelconque action politique.

Il était perçu par le pouvoir des Bongo père, comme étant un artiste dangereux incitant à la révolte, l’embrasement et à l’insurrection. L’une des seules craintes aujourd’hui, est que Pierre-Claver Akendengue ne puisse pas transmettre aux générations futures, tout ce qu’il a ou devrait dire au travers de la chanson. Mais surtout, que cet artiste d’une telle envergure ne soit pas honorée convenablement pour son travail acharné aux services des peuples du monde et ceux du Gabon en particulier.

Avec 21 albums et quelques singles, depuis Nandipo, paru en 1974, à la couleur de l’Afrique, sorti en 2018, son talent est reconnu de par le monde. Bref, PCA n’a jamais reçue de distinction honorifique dans son pays. Pas même une rue, pas un square qui porte son nom. Alors que, de son vivant, Akendengue est déjà un immortel du patrimoine culturel gabonais et africain. Son rêve est de bâtir une maison de la culture pour les générations futures.

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