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Le message d’Emmanuel Macron à la nation gabonaise, dévié par une presse pro-Ali Bongo

Le message d’Emmanuel Macron à la nation gabonaise, dévié par une presse pro-Ali Bongo
Le message d’Emmanuel Macron à la nation gabonaise, dévié par une presse pro-Ali Bongo © 2017 D.R./Info241

Un usage diplomatique usité dans la coopération étatique, semble exploité par une presse gabonaise affiliée au palais du Bord de mer en vue de manipuler l’opinion. En effet, à l’occasion de la célébration prochaine du 17 août, Emmanuel Macron, chef d’Etat et président élu à la régulière de la République française a adressé un message à la nation gabonaise au nom des liens historiques qui lient les deux pays. Plusieurs médias tendancieux se sont empressés de l’utiliser à des fins machiavéliques au profit d’Ali Bongo, président dictateur, contesté au Gabon, dont rappelons-le, toutes les missions d’observations de l’Union africaine et de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale, de l’Union européenne, de la Francophonie et le Congrès américain ont émis des doutes en désavouant sa légitimité et la légalité de son élection présidentielle.

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Le président de la République française, Emmanuel Macron, défenseur aguerri de l’Union européenne s’est inscrit dans des usages diplomatiques séculaires. En adressant au peuple gabonais et à son président, un message d’amitié pour marquer la coopération historique entre le Gabon et la France à l’occasion de la fête nationale, célébrée au Gabon chaque 17 août. C’est une pratique longuement établie et suivie par un nombre significatif d’États, au plan régional ou mondial, mais n’ayant pas le niveau d’une règle normative à caractère coutumier et par conséquent ne s’imposant pas aux États comme une obligation internationale.

En effet, Emanuel Macron par l’entremise de son ambassadeur a adressé le message suivant : « A l’ occasion de la Fête nationale de la République gabonaise, j’ai le plaisir de vous adresser à vous-même, ainsi qu’à l’ensemble de vos compatriotes, mes sincères félicitations. Je tiens à souligner l’importance que j’attache au dialogue et à la coopération entre nos deux pays sur des sujets d’intérêt commun tels que les changements climatiques ou la paix et la sécurité en Afrique. Je souhaite que nous continuions à travailler à l’approfondissement de notre relation et au renforcement des liens qui unissent si étroitement nos deux pays. Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma très haute considération ». Cet usage répond à la pratique diplomatique traditionnelle. Pas de quoi y voir une consécration ou des félicitations assumées à l’élection controversée amplifiés d’une tricherie grossière et des violations des droits humains perpétrées par Ali Bongo et son régime. Comme on a pu le lire dans les colonnes de certains médias proches du régime despotique de Libreville, relayé sur les réseaux sociaux par leurs avatars et soutiens.

Le courrier de l’ambassade française à Libreville surexploité par le régime de Libreville

Il faut souligner qu’Emmanuel Macron a assumé, tout au long de sa campagne à la conquête du pouvoir présidentiel en France un positionnement pro-européen. C’est donc un europhile qui ne peut rester insensible ni aveugle à la résolution du Parlement européen de Bruxelles, portant sur la crise de l’état de droit en République du Congo et du Gabon avec pour référence : (2017/2510(RSP). Cette résolution « demandait instamment au Conseil de lancer un processus de consultation au titre de l’article 96 de l’accord de Cotonou dès qu’il y aura une absence de progrès dans le dialogue politique intensifié. Les eurodéputés avaient exigé une enquête indépendante et objective sur les violences électorales, sur les allégations de violations graves des droits de l’homme et des libertés fondamentales, et soulignèrent la nécessité de veiller à ce que tous les responsables soient traduits en justice  ».

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A l’unanimité les députés européens ont « considéré que les résultats officiels de l’élection présidentielle manquent de transparence et sont extrêmement douteux, ce qui a eu pour effet de mettre en cause la légitimité du président Ali Bongo  ». Dès lors, le 02 février 2017 à Bruxelles, les parlementaires européens exigèrent l’application de l’accord de Cotonou qui permet à l’UE de prendre des sanctions ciblées (gel des savoirs, interdiction du sol européen, impératif de rétablir l’état de droit, enquête contre les exactions du 31 août au 02 septembre 2016) envers un régime qui a mis en mal l’état de droit comme c’est le cas au Gabon.

Il faut rappeler que le processus électoral de la présidentielle du 27 août dernier a été entaché « d’irrégularités et d’anomalies évidentes » selon le rapport de la Mission d’observation de l’Union européenne. La crédibilité de l’élection d’Ali Bongo est décriée par l’Europe. Interrogé lors de la campagne présidentielle sur sa politique africaine s’il était élu, Emmanuel Macron avait exprimé ses doutes sur la réélection d’Ali Bongo. Bien que l’actuel locataire du palais de l’Elysée ait refusé tout commentaire sur l’attitude des autorités françaises d’autrefois sur cette question, Macron avait déclaré sans sourciller : « L’élection de monsieur Bongo est pleine d’incertitudes et d’inconnues qui justifient un jugement circonstancié ».

Une appréciation claire qui avait tranché avec la position officielle de la présidence de François Hollande qui s’était contenté de « prendre acte  ». En tenant compte des réserves documentées et étayées des observateurs Européens, très critiques sur l’issue de cette présidentielle et qui s’étaient prononcés sur les violations des droits de l’homme lors de la contestation citoyenne du 31 août au 02 septembre 2016, lourdement réprimée par le régime dictatorial d’Ali Bongo. En candidat à la présidentielle Emmanuel Macron avait déclaré, le 24 avril 2017 : « Si je suis élu, je défendrai le respect des principes démocratiques fondamentaux partout en Afrique, en lien avec l’Union Africaine et les organisations régionales qui ont un rôle majeur à jouer pour faire respecter ces principes de bonne gouvernance démocratique que les pays d’Afrique ont définis  ». Qu’en sera-t-il du cas insolite du Gabon, épine dorsale de la politique africaine de la France freinée par les réseaux françafricains ?

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