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Impartialité des forces de l’ordre au Gabon : au service du peuple ou des gouvernants ?

Impartialité des forces de l’ordre au Gabon : au service du peuple ou des gouvernants ?
Bruno Mboulou Beka (milieu) et Béranger Ntoutoume (droite), deux martyrs de l’action incontrôlée des forces de l’ordre gabonaises © 2016 D.R./Info241

Devant la partialité souvent affichée de nos forces de l’ordre dans les opérations de maintien de l’ordre public et les violations manifestes des droits du citoyen, la rédaction d’Info241 a voulu ouvrir le débat sur le caractère apolitique qui devrait guider l’action des auxiliaires de justice et de la loi que sont policiers, gendarmes et autres militaires. Doivent-ils protéger le peuple ou ses gouvernants qui par ailleurs, doit-on l’avouer, sont leurs employeurs directs ?

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Commençons par quelques définitions pour border cette épineuse question qui ternie de plus belle l’impartialité et le respect dévolus à ce corps de métier oh combien important pour tout pays dit démocratique.

Quel est le rôle des forces de l’ordre en démocratie ?

Au Gabon, le rôle de la police est défini par l’article 12 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789. Selon cette charte :

« La garantie des droits de l’homme et du citoyen nécessite une force publique ; cette force est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux à qui elle est confiée ».

Cette déclaration confère à tout citoyen le droit fondamental d’exprimer sa désapprobation des actions publiques ou politiques qui portent atteinte à ses intérêts, à sa dignité. La manifestation sur la voie publique, par exemple, est autorisée. Elle est simplement réglementée. Mais réglementée ne veut pas dire interdite. C’est une simple action administrative qui permet de mieux encadrer les manifestations et d’en situer les responsabilités quant à tout débordement éventuel.

Dans de pareilles circonstances, les forces de police et de sécurité assurent "le maintien de l’ordre". Elles n’ont pas mandat d’abattre les manifestants (opposants, étudiants, civils). Car tirer délibérément sur des gens qui manifestent, c’est choisir consciemment d’en tuer certains pour faire rétracter d’autres citoyens.

Peut-on tuer des civils désarmés ?

On en vient alors à cette autre question fondamentale, les forces de l’ordre ont-elles le droit d’attenter à la vie des citoyens au nom du maintien de l’ordre ?

La loi encadre strictement les conditions de la légitime défense. En aucun cas, il n’est permis à un homme "en tenue" de délibérément faire usage de son arme à feu face à des civils désarmés. C’est d’ailleurs parce qu’il en est ainsi, que la loi réglemente le processus d’engagement des forces dans le maintien de l’ordre.

Il y a les forces de première catégorie, de deuxième et de troisième qui correspondent au rétablissement de l’ordre. Mais cet engagement ne se décide pas à la légère comme on le voit fréquemment au Gabon où pour un "rien", des militaires, des policiers voire même des gendarmes, entre autres, sont envoyés aux trousses des étudiants pour les "canarder" avec des balles réelles en faisant fi des franchises universitaires.

Quelques exemples d’abus de pouvoir de nos forces de l’ordre

Combien de fois avons nous enregistré des dérapages de nos forces de police qui pendant des manifestations à caractère politique, n’ont pas su encadrer les populations. Des violences policières qui ont causé des blessés graves et des pertes en vie humaine (cas de Martine Oulabou en 1992 et plus récemment celui de Bruno Mboulou Beka en 2014).

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Autre rappel, le 14 octobre 2015, des commerçantes exerçant à l’ancienne Gare routière de Libreville s’étaient mises en "petites tenues" pour dénoncer les violences policières dans les marchés. Après quoi, une vidéo les montrant complètement dénudées, menottées, descendant d’un camion de police dans l’enceinte de la préfecture de police de Libreville, avait circulé sur la toile.

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Le 1er novembre 2015, Béranger Obame Ntoutoume, vendeur à la gare routière de Libreville et étudiant, excédé par les tracasseries policières, s’était immolé dans le même enceinte. Seulement, aux dires de ses proches, il aurait été brûlé par les forces de police en même temps que sa marchandise.

Jusqu’à ce jour, nous n’avons jamais eu vent des résultats de l’enquête diligentée pour situer les responsabilités et éventuellement châtier les fautifs. Seuls les auteurs des fuites vidéos ont été connu et châtié par le ministère de l’intérieur. Rien sur les fautifs !

Une remise en cause des fonctions de nos forces de l’ordre ?

Il faut incontestablement qu’une réflexion soit menée sur notre démocratie et sur notre "Etat de droit". Les deux ne sauraient se réduire à la tenue régulière des élections et à l’existence des institutions de la République. La police doit être le garant de la sécurité et de la protection des citoyens. Elle ne doit en aucun cas prendre parti pour une quelconque personne ou prendre faits et causes pour un camp politique.

Toute manifestation quel qu’en soit son origine politique doit être encadrée par nos forces de l’ordre sans parti pris et non violentée, préservant la paix dans notre pays. Il faut commencer par l’essentiel, le respect des vies humaines.

Le fait même que les forces de l’ordre interviennent dans une enceinte comme l’université est juste intolérable. La symbolique est désastreuse pour l’image que veulent se donner notre pays et ses dirigeants sur les questions fondamentales de la démocratie au niveau national comme international.

Des forces de sécurité aux ordres du pouvoir !

Aujourd’hui, à la veille de la prochaine joute présidentielle, le pouvoir d’Ali Bongo est accusé de faire rentrer en douce, des armes de guerre sur le territoire national. Doit t-on penser à une éventuelle complicité des "corps habillés" quand on sait qu’ils vivent de corruption au quotidien en raison notamment de leur situation salariale peu reluisante ?

Pourquoi nos force de l’ordre ne prennent t-elles pas leurs responsabilités en se mettant enfin du bon côté de l’histoire ? Ce, au lieu de suivre "bec et ongles" les mots d’ordre de la hiérarchie schizophrène et gangrenée par la frénétique envie de conserver les acquis égoïstes d’un pouvoir qui n’a jamais fait autorité ?

Nous ne serions pas malheureusement surpris d’apprendre qu’en août prochain, des armes pourtant dévolues à des opérations de maintien de la paix soient devenues des outils de répression du peuple et d’élimination physique des opposants civils d’Ali Bongo. Les rumeurs précédant toujours dans notre pays, la manifestation de la vérité elle, officielle.

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