Coopération Gabon/Turquie

Expulsions d’étudiants gabonais de Turquie : que font Ali Bongo et son gouvernement ?

Expulsions d’étudiants gabonais de Turquie : que font Ali Bongo et son gouvernement ?
Hermann Immongault, ambassadeur du Gabon en Turquie lors de la présentation de ses lettres de créances © 2017 D.R./Info241

L’axe diplomatique Libreville-Ankara aurait-il du plomb dans l’aile, au regard des étudiants gabonais en Turquie envoyés par l’Etat qui se font expulser en toute illégalité. Dans notre précédent article, interrogée par Info241, l’association des étudiants et apprenants gabonais de Turquie (Collegaturq) dénonçait des arrestations et incarcérations musclées subies par leurs membres. Ce n’est pas tout, il y a également la fermeture des universités et écoles privées au sein desquelles des étudiants étaient censés poursuivre leur formation, des arrestations arbitraires, des emprisonnements intempestifs, des avis de quitter le territoire et des expulsions compulsives. Quid des conventions signées entre l’Agence nationale des bourses et stages du Gabon (ANBG) et la Turquie.

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Comment expliquer le silence de l’Etat gabonais face aux tribulations quotidiennes que subissent les étudiants, stagiaires envoyés en Turquie ? Comment laissé en pâture sans assistance ni accompagnement des jeunes gabonais affectés en Turquie face à cette situation d’insécurité qu’ils traversent ? Pourquoi les autorités compétentes en charge de ce dossier n’agissent pas dans les faits bien que les cris d’alarme se multiplient ? Voici déclinées les interrogations récurrentes des étudiants gabonais séjournant en Turquie.

En effet, depuis 2016, plusieurs étudiants gabonais vivent des situations cauchemardesques et incompréhensibles. Sans que l’Etat ne prenne ses responsabilités bien que les règles diplomatiques l’engagent à préserver l’intégrité et la sécurité de ses ressortissants en terre étrangère. Pour en savoir plus, Info241 s’est rendu sur place à Ankara pour enquêter sur cette situation d’insécurité grandissante dans laquelle vivent les jeunes gabonais qui constituent l’avenir du pays. Et qui sont considérés comme une "jeunesse sacrée" par les politiques mais qui se trouvent sacrifiés et abandonnés par l’Eat gabonais. Et ce, au péril de leur vie et de leur avenir.

Interrogés par Info241, les membres de l’association des étudiants et apprenants gabonais de Turquie (Collegaturq) tous écœurés nous ont révélé que« l’université d’un compatriote a été fermée depuis 2016. Ce jeune gabonais a été arrêté arbitrairement, sans motifs par l’armée turque. Puis, bien que relaxé, ses droits à vivre légalement sur le territoire turc n’ont toujours pas été rétablis dans leur intégralité ».

Par ailleurs, d’autres mésaventures rocambolesques et inadmissibles sous d’autres cieux ont été vécues par d’autres étudiants gabonais en Turquie. Selon la Collegaturq, « un autre étudiant gabonais, son université a été aussi fermée. Mais encore plus, il a été refoulé à l’aéroport d’Istanbul lors de son retour des vacances du Gabon et attend toujours une décision des autorités compétentes. Sans qu’on puisse lui notifier les raisons légales de son rapatriement étant en possession d’un titre de séjour légal ».

Plus grave encore ont dénoncé l’association des étudiants gabonais en Turquie«  est l’arrestation dans pour des motifs fallacieux d’un étudiant gabonais dont l’université a été également fermée. Et de surcroît qui a été en détention arbitraire durant deux mois et qui vient d’être rapatrié manu-militari à Libreville. Tout en soulignant que trois compatriotes ont déjà reçu un avis des rapatriements au Gabon. Tous ces étudiants qui sont visés par les mesures d’expulsion compulsives du gouvernement Turc sont 100% ANBG ».

Interrogés par Info241 les membres de l’association des étudiants et apprenants gabonais de Turquie (Collegaturq) ont martelé que : « c’est par un décret que le Conseil de l’enseignement supérieur (YÖK) a demandé la démission des doyens d’universités publiques et rattachées à des fondations privées, mais aussi aux poursuites judiciaires de tout étudiants qui auraient été de prêt ou de loin lié à ces associations dis terroriste ».

Poursuivant leurs explications, ils ont indiqué : « qu’il s’agit de plusieurs centaines d’étudiants qui ont été mis en quarantaine et victime des purges lancées par le président Turc. Pour ce qui nous concerne, nous étudiants internationaux Gabonais, C’est-au-delà de tous les aspects rendus publics et dits officiels dont nous ne maîtrisons toujours pas les contours, mais de par notre vécu, il s’agirait des étudiants envoyés par l’Etat à travers l’Agence National des Bourses du Gabon (ANBG) promotion 2012’’ ».

Rappelons que le 23 février 2015 Hermann Immongault avait été nommé en qualité d’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République gabonaise près la république de Turquie, avec résidence à Ankara, et présenta, le 15 septembre 2015, ses Lettres de créance au président Turque, Recep Tayyip Erdoğan. Cette accréditation du premier ambassadeur gabonais résident à Ankara faisait suite à la décision prise par Ali Bongo d’ouvrir une ambassade en Turquie. Pour quels résultats ?

Pourquoi cette représentation diplomatique gabonaise n’arrive pas à trouver des solution idoines face à cette situation alarmante que subissent les étudiants gabonais en Turquie ? Il faut souligner qu’il y a des négociations entreprises par le diplomate gabonais auprès des autorités turques, mais qui sont rester sans suite à nos jours. Or, certaines représentations diplomatiques pays à l’instar du Togo, l’Afrique du Sud, le Mali et le Maroc sont à la manœuvre pour trouver des solutions efficaces pour que leurs ressortissants soient en sécurité et épargnés par cette purge des autorités turques. Quid de la représentation diplomatique gabonaise à Ankara.

On se souvient des déplacements en mai 2015 relayés à coup de matraquage médiatique d’Ali Bongo après ceux effectués au Gabon, en mars 2011 par l’ancien Chef d’Etat Turc, Abdullah Gül, puis en janvier 2013, par l’ancien Premier ministre devenu Président de la République, Monsieur Recep Tayyip Ergogan. On se souvient également des signatures multiples de conventions et contrats de partenariats économiques entre le Gabon et la Turquie. On se rappelle du renforcement de l’axe diplomatique Libreville et Ankara, tout ça pour arriver à une telle situation chaotique qui met en danger la jeunesse estudiantine gabonaise ? Affaire à suivre.

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