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A t-on le droit de déconstruire les symboles de la République gabonaise ?

A t-on le droit de déconstruire les symboles de la République gabonaise ?
L’illustration de la récupération familiale de Pascaline Bongo, le 2 novembre dernier © 2014 D.R./Info241

Cette question mérite tout son pesant d’or depuis les sorties maladroites de la famille Bongo et ses pseudo-défenseurs la semaine dernière. Ces sorties ont jeté un pavé dans la marre quant à son interprétation. Du reste, l’article 3 de la loi n°35/59 du 29 juin 1959, portant désignation du sceau de la République Gabonaise, est connu sous le vocable de « Maternité allaitante ». Dessiné par l’héraldiste et vexillologue suisse Louis Mûhlemann en 1963, ce sceau de la République Gabonaise symbolise une mère qui allaite avec affection, tendresse et protection son enfant.

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D’une part, la mère représente la patrie gabonaise qui proclame les aspirations et rappelle les devoirs du peuple tout en se donnant l’obligation de nourrir ses enfants, de les protéger, de les éduquer, de les soigner et de veiller en permanence sur eux. D’autres part, le nourrisson représente l’ensemble des citoyens gabonais attachés à la patrie à laquelle chacun et tous doivent respect, protection, obéissance, dévotion et amour. Quant au Blason de la république, l’écu tenu par deux panthères noires symbolisent la vigilance et la valeur du président qui protège la nation. Ces panthères noires accolées au blason représentant également le symbole de la souveraineté du peuple.

Or, dans une interview accordée le 2 novembre 2014 à la télévision nationale (Gabon Télévision ex-RTG1) au sujet du livre de l’écrivain français Pierre Péan, Pascaline Bongo Ondimba affirme : « Quand vous voyez le symbole du Gabon c’est quoi ? La maternité allaitante. Les armes du Gabon c’est quoi ?…Les deux panthères qui gardent le Gabon. Quand on descend au niveau de la cellule, la maternité allaitante c’est qui ? Omar Bongo, qui a donné tout à tout le monde, qui a allaité tout le monde, qui a donné même à Mr Péan et tout. Et les panthères là, c’est Ali et Pascaline qui gardent la famille Omar Bongo… ». Doit-on dire que le pays est dirigé par Pascaline et son frère ? Est pour cette raison que les Bongo s’éternisent au pouvoir ? Si réellement ces symboles représentent la famille Bongo, doit-on alors les changer ?

Au regard des analyses faites à l’endroit de cette déclaration, certains Gabonais diront que ces armoiries n’étaient rien d’autre qu’une métaphore pour représenter la famille Bongo. L’idée de la métaphore se justifierait lorsqu’elle assimile les deux panthères noires qui tiennent l’écu, à son « frère » Ali Bongo Ondimba et à elle-même. Mais en venant confirmer que son défunt père était la maternité allaitante et, selon elle, il a tout donné aux Gabonais ; alors nous sommes tentés de dire que la famille bongo souffrirait d’une mégalomanie du pouvoir. Au lieu de venir remercier ce peuple qui leur a tout donné et qu’elles ont pris en otage malheureusement durant presqu’un demi-siècle, elle vient révéler que c’est Bongo qui a tout donné aux Gabonais. Doit-on comprendre par-là que le Gabon n’existait pas avant l’arrivée des Bongo au pouvoir ? Que dire alors de Léon Mba, père de la nation qui a amené le pays à la souveraineté nationale, même si sa progéniture vient de trahir sa mémoire.

Pour revenir à notre contexte, d’autres citoyens, en revanche, pensent que cette appropriation frauduleuse des symboles par cette famille est un outrage à la République : prendre pour exemple un symbole de la République et l’assimiler à sa famille révèle d’une violation grave dont la cours constitutionnelle et le Parlement national ne devraient rester indifférents.

Aussi, assimiler les symboles de la République à sa famille, montre une fois de plus que le Gabon a toujours été la propriété intemporelle des Bongo. Cette attitude métaphorique aux relents de mépris, prouve à suffisance l’égard de cette famille à l’endroit de notre République et partant de la Nation. Le Gabon se réduirait-il qu’à la famille Bongo, fut-elle la plus pourvoyeuse de ses chefs d’Etat depuis près d’une décennie ?

Cette récupération-appropriation de l’identité nationale ne devrait être tolérée. Si ces armoiries représentent en définitive ces deux individus, alors nous interpellons les chambres parlementaires du Gabon et la cour constitutionnelle à redonner à ces symboles leurs valeurs nationales transcendantes. Cette désacralisation des symboles qui définissent la souveraineté nationale constitue, aux yeux de la Nation, une agression contre le peuple gabonais et ne peut demeurer impunie.

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