Union africaine : le Gabon élu au Conseil de paix et de sécurité, un retour stratégique à Addis-Abeba
C’est une victoire diplomatique majeure qui vient couronner les efforts de redéploiement du Gabon sur la scène internationale. Ce mercredi 11 février, à l’issue de la 48ᵉ session ordinaire du Conseil exécutif de l’Union Africaine (UA) qui se tenait à Addis-Abeba, en Éthiopie, le Gabon a été brillamment élu membre du Conseil de paix et de sécurité (CPS). Cette élection symbolise la confiance retrouvée des pairs africains envers Libreville et marque une étape décisive dans la réaffirmation de la souveraineté et de l’influence gabonaise au sein des instances de décision continentales.
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Une diplomatie de "crédibilité" et de "responsabilité"
Dans un communiqué lu à la télévision nationale, la ministre des Affaires étrangères Marie-Édith Tassyla Doumbeneny a tenu à souligner la gravité et l’importance de ce mandat que le Gabon entend assumer sous le signe du « sérieux, de la solidarité et du sens de l’intérêt collectif africain ». Cette élection est perçue par le gouvernement comme une validation de la nouvelle dynamique diplomatique impulsée par les plus hautes autorités.
Le communiqué officiel
« Cette élection traduit la confiance renouvelée des États membres envers le Gabon et consacre son engagement constant en faveur de la paix, de la stabilité et de la sécurité sur le continent. Elle témoigne également de la crédibilité de la diplomatie gabonaise ainsi que de son attachement aux idéaux, aux principes et aux valeurs fondatrices de l’Union Africaine », a précisé la ministre.
Durant son mandat, la feuille de route du Gabon sera claire et ambitieuse. Le pays compte mettre l’accent sur le renforcement des capacités endogènes de l’Afrique à anticiper les crises. Il s’agira de promouvoir inlassablement des « solutions africaines aux crises du continent » et de lutter contre les nouvelles menaces transnationales qui déstabilisent les États, telles que l’extrémisme violent, les conflits internes et les crises humanitaires complexes.
La fierté du président Oligui Nguema
Au sommet de l’État, cette nouvelle a été accueillie avec une grande satisfaction. Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema, a réagi mercredi soir via sa page Facebook officielle, exprimant sa fierté de voir le Gabon retrouver sa place dans le concert des nations. « Je salue avec fierté l’élection du Gabon au Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine (...). Ce choix des États membres témoigne de la confiance accordée à notre pays et reconnaît la constance de notre engagement en faveur de la paix », a écrit le chef de l’État.
Le post du président gabonais
Pour le président, cette mission dépasse le cadre diplomatique ordinaire ; elle est une responsabilité morale. Il a réaffirmé sa détermination à œuvrer pour la « sécurité collective » et à porter, aux côtés des partenaires africains, l’ambition d’une Afrique « plus forte, plus unie et résolument engagée sur la voie de la paix et du développement durable ».
Victoire diplomatique
Ce succès à Addis-Abeba prouve que la voix du Gabon porte de nouveau et qu’elle est jugée indispensable pour relever les défis sécuritaires du continent. En siégeant au CPS, le Gabon ne défend plus seulement ses propres intérêts, mais devient le porte-voix d’une vision diplomatique axée sur le dialogue, la prévention et la coopération interafricaine. Pour mesurer la portée de cette élection, il est essentiel de rappeler le rôle névralgique que joue le Conseil de Paix et de Sécurité au sein de l’architecture de l’Union Africaine. Véritable bras armé politique de l’organisation, cette instance est l’organe permanent de prise de décision pour la prévention, la gestion et le règlement des conflits.
En intégrant ce cercle restreint pour un mandat de deux à trois ans, le Gabon ne s’offre pas seulement un siège honorifique, mais accède à des responsabilités cruciales. Libreville devra désormais statuer sur les mécanismes d’alerte précoce, superviser les opérations de maintien de la paix, et conduire des missions de médiation et de reconstruction post-conflit. Le pays se positionne ainsi au cœur du réacteur décisionnel, s’engageant à participer activement aux orientations stratégiques visant à pacifier un continent encore trop souvent secoué par des crises multiformes.
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