Remue-ménage

Suspensions express à la mairie de Libreville : Akassaga a-t-il outrepassé ses prérogatives ?

Suspensions express à la mairie de Libreville : Akassaga a-t-il outrepassé ses prérogatives ?
Suspensions express à la mairie de Libreville : Akassaga a-t-il outrepassé ses prérogatives ? © 2020 D.R./Info241

À peine désigné maire intérimaire à la mairie de Libreville, Serge William Akassaga Okinda commence très fort. Hier lundi 21 Septembre, l’ancien premier adjoint maire de Léandre Nzué a, par le biais de deux notes de services, informé les personnels de l’Hôtel de ville de la suspension de tous les collaborateurs du maire déchu. Une démarche qui viole certaines dispositions légales liées à son rôle d’intérimaire.

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D’abord, s’il convient de relever que la désignation de Serge William Akassaga à la fonction de maire central intérimaire de la commune de Libreville obéit à cet article 89 alinéa 1er de la loi sur la décentralisation qui stipule qu’en cas d’absence, de suspension, de révocation ou de tout autre empêchement, le maire est provisoirement remplacé, dans la plénitude de ses fonctions, par un adjoint, dans l’ordre des nominations et, à défaut d’adjoint, par un conseiller municipal désigné par le conseil ou, à défaut, pris dans l’ordre du tableau.

En effet, cette disposition réserve l’intérim du maire central à l’un des vice- présidents du Conseil municipal. Par contre, selon l’ordre de préséance, l’alinéa 2 dudit article permet de recourir au Conseiller le plus âgé parmi les anciens. Soit !

Ensuite, il ne faut pas se perdre de vue que l’intérim n’est qu’un temps pendant lequel, une fonction est remplie par un autre que le titulaire, afin de palier l’empêchement de l’autorité. L’intérim n’est possible que pour une période relativement brève dont le législateur seul a préalablement définie la durée selon les cas et les institutions. Une fois qu’il est régulièrement désigné, l’intérimaire exerce les fonctions des attributions de l’emploi, sous réserve d’instructions contraires, générales ou particulières, telle que l’expédition des affaires courantes. Ses actes ont pleine valeur juridique. Mais ses pouvoirs cessent lorsque disparaissent les circonstances qui ont motivés l’intérim, ou si l’autorité supérieure y met fin elle-même.

Dans le cas d’espèce, ce qui se passe à l’hôtel de ville de Libreville ressemble beaucoup plus à des agissements d’un homme dont les ordres viennent d’ailleurs et qui serait sommé de régler systématiquement les comptes à tous ceux qui ont collaborés avec Léandre Nzué. À peine installé, le maire par intérim se lance dans une chasse aux sorcières en révoquant et en suspendant les traitements des personnels recrutés et laissés par le maire Léandre Nzue qui, faut-il le rappeler, n’est encore qu’en détention provisoire en attente de sa condamnation si les faits qui lui sont reprochés sont prouvés.

Au motif qu’il faut réduire la masse salariale excessive, Akassaga semble faire feu de tout bois. Ce qui, déjà, n’a rien à voir avec l’expédition des affaires courantes qui lui incombe. Peut- il valablement révoquer des agents régulièrement recrutés par le Maire central au nom de l’assainissement du fichier des emplois et des salaires ? Pas évident, car, cela n’est que du ressort du prochain maire élu par le Conseil municipal en session extraordinaire et non un simple intérimaire.

Dans tous les cas, l’actualité s’annonce abondante ces derniers temps au Gabon. Après la primature, l’hôtel de ville de Libreville fait parler de lui. Au centre de ces évictions toutes aussi cavalières et musclées à l’instar de celles dont ont fait l’objet leur titulaire Julien Nkoghe Bekale et Léandre Nzue, il va sans dire que de ces guerres désormais ouvertes entre clans au sein du Parti démocratique gabonais (PDG), l’ambiance s’annonce particulièrement électrique dans l’optique de la préparation de l’échéance capitale de 2023.


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