Grève des enseignants : SOS Éducation vote la non reprise des cours dans 8 des 9 provinces du Gabon
Le front social reste en ébullition au Gabon. Réuni en assemblée générale ce samedi 31 janvier dans les neuf capitales provinciales du pays, le mouvement SOS Éducation a acté la poursuite de la grève entamée depuis le début de l’année 2026 dans huit provinces, à l’exception de l’Ogooué-Lolo, où la reprise des cours a été validée. Par ce vote, les enseignants présents ont réaffirmé leur refus de retourner en classe dans la plupart des établissements. À ce stade, SOS Éducation demeure la seule plateforme d’enseignants à ne pas avoir accepté la reprise, malgré les négociations engagées et les concessions annoncées par le gouvernement. Pour les grévistes, reprendre sans garanties écrites, datées et vérifiables serait prématuré.
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À Libreville, où l’assemblée générale s’est tenue au stade de Sibang, le mot d’ordre est resté inchangé : exiger « du concret » avant tout retour en classe. Les enseignants dénoncent l’absence de consensus entre les représentants désignés et la base, ainsi que des propositions jugées insuffisantes. En cause, selon eux, les 4 000 régularisations annoncées par l’exécutif, considérées comme en décalage avec les revendications formulées. « On ne peut pas reprendre les cours sans rien de concret. De plus, le cahier de charges validé par les administratifs ne répond pas à nos attentes », a indiqué une enseignante à l’AGP.
Huit provinces en non-reprise, l’Ogooué-Lolo se démarque
Au terme des assemblées générales tenues simultanément dans les neuf provinces, seule l’Ogooué-Lolo a validé la reprise des cours, au terme de sa propre délibération. Cette exception marque une première inflexion dans un mouvement qui s’affichait jusqu’ici uni et rigoureux sur la ligne de la grève totale. Elle pourrait, si elle se confirme sur le terrain, ouvrir la voie à des reprises partielles dans certains établissements, en fonction des dynamiques locales.
Une autre vue de l’AG de Libreville (Photos : L’Union)
Pour plusieurs observateurs, ce décrochage provincial annonce une fissuration progressive au sein de SOS Éducation, au gré des rapports de force et des réalités de terrain. La base reste toutefois majoritairement mobilisée autour d’une exigence : des engagements plus fermes, assortis d’un calendrier précis et d’un mécanisme de suivi. En filigrane, la plateforme veut éviter que les annonces ne restent sans traduction opérationnelle dans les établissements. Le gouvernement, lui, fait face à un double défi : consolider les concessions déjà avancées et convaincre une base qui se dit toujours méfiante.
Mobilisation en baisse, risque d’usure du mouvement
Autre fait marquant de l’assemblée générale de Libreville : la mobilisation a été moins importante que lors des précédentes rencontres. Une affluence en baisse qui pourrait s’expliquer par un effet de lassitude, après plusieurs semaines de perturbations, mais aussi par une reprise progressive des cours dans certains établissements. Au sein du mouvement, certains y voient un signe d’essoufflement, d’autres un simple creux conjoncturel. Dans tous les cas, ce reflux alimente le débat sur la capacité de la grève à se prolonger sans érosion de l’adhésion.
Sur le plan scolaire, l’enlisement de la crise maintient une forte incertitude pour les élèves et les familles, alors que l’année 2026 vient à peine de commencer. Si des reprises partielles se multiplient, la question de l’harmonisation du calendrier et du rattrapage pédagogique se posera avec davantage d’acuité. À court terme, SOS Éducation maintient sa stratégie : tenir jusqu’à obtenir davantage d’engagements du gouvernement. À moyen terme, l’évolution province par province pourrait redessiner le rapport de force et accélérer, ou au contraire retarder, la sortie de crise.
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