RGPL 2025 : La phase de dénombrement encore décalée au 6 février, après déjà deux reports
Initialement annoncé pour débuter en décembre 2025, puis recalé à ce 25 janvier, le lancement effectif de la phase décisive du Recensement général de la population et du logement (RGPL) est désormais annoncé pour ce 6 février. Ce retard à l’allumage, acté publiquement par les autorités, nourrit des interrogations sur le niveau de préparation logistique, la mobilisation des équipes et la capacité à couvrir l’ensemble du territoire dans les délais. La phase de dénombrement est pourtant présentée comme la dernière étape de l’opération, celle qui doit permettre de produire des statistiques nationales actualisées.
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Dans une allocution solennelle ce vendredi 30 janvier, Louise Pierrette Mvono, ministre de la Planification et de la Prospective, a officialisé le démarrage au 6 février et appelé à la coopération des ménages. « C’est pour moi l’occasion d’encourager chaque personne vivant au Gabon d’ouvrir la porte à ces agents recenseurs ; le travail qui est fait est extrêmement important pour toucher le plus grand nombre d’entre nous ».
4 500 agents annoncés, des zones enclavées à couvrir
Le gouvernement affirme que plus de 4 500 agents recenseurs seront déployés sur toute l’étendue du territoire, avec une identification visible (gilets, casquettes, tee-shirts), afin de sillonner villes, villages, quartiers, hameaux et zones enclavées. L’objectif affiché est d’éviter les « angles morts » d’une opération nationale, en intégrant les localités difficiles d’accès. Sur certains supports de communication, le chiffre de 6 000 agents a également circulé, signe d’une communication encore hétérogène autour des moyens exacts mobilisés.
La conférence du bureau centrale du recensement vendredi dernier
Le message des organisateurs vise à rassurer sur la méthode : les agents passeront « de ménage en ménage » pour collecter les informations nécessaires à des statistiques fiables. Noël Moussavou, directeur du bureau central du recensement, l’a résumé en ces termes lors de sa conférence de presse tenue 30 janvier : « Ils passeront de ménage en ménage afin de collecter les informations nécessaires à l’établissement de statistiques nationales fiables et actualisées ».
Des reports qui posent la question de la préparation
Le décalage du calendrier intervient alors que l’opération a déjà fait l’objet de communications avortées sur les dates de terrain. Pour les observateurs, ces reports peuvent traduire des ajustements tardifs : finalisation des outils, disponibilité des équipes, déploiement du matériel, sécurisation des déplacements ou encore coordination locale. Le risque, si la préparation n’est pas homogène, est de voir s’accroître les écarts de couverture entre grandes agglomérations et zones périphériques, au détriment de la qualité statistique.
Les autorités, elles, plaident pour une montée en puissance progressive et mettent en avant l’importance stratégique de l’exercice, présenté comme un socle de planification publique. En clair, la crédibilité du RGPL se jouera sur deux indicateurs : la capacité à toucher effectivement les ménages, et la cohérence des informations collectées sur tout le territoire. À quelques jours du démarrage annoncé, l’enjeu immédiat est donc de transformer l’annonce politique en opération réellement visible sur le terrain.
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