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Répression policière : les Gabonais privés de liberté de réunion, d’opinion et d’expression !

Répression policière : les Gabonais privés de liberté de réunion, d’opinion et d’expression !
Répression policière : les Gabonais privés de liberté de réunion, d’opinion et d’expression ! © 2016 D.R./Info241

Les énièmes heurts qui se sont déroulés le samedi 23 juillet dernier à l’occasion de la manifestation pacifiste de l’Union sacrée pour la patrie (USP), coalition des membres de l’opposition gabonaise, font réagir plusieurs gabonais au sujet du droit à l’information, de l’exercice du journalisme et de la liberté de réunion, d’opinion et d’expression au Gabon. Quid d’une dictature à peine voilée menée avec maestria par Ali Bongo dans un pays dit république démocratique.

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Tous les observateurs de la vie politique gabonaise s’accordent pour dire que le Gabon est un pays en voie de démocratisation. En effet, après 42 ans de pouvoir absolu d’Omar Bongo, le Gabon est dirigé de main des fers par son fils Ali Bongo depuis sept ans. Ainsi, les libertés publiques, de réunion libertés d’expression, d’opinions et de la presse sont régulièrement bafouées comme ce fût le cas à nouveau, le 23 juillet dernier, lors de la marche réprimée de l’Union sacrée pour la patrie. On note également des chasses à l’homme, des arrestations arbitraires des membres de la société civile libre.

Le président gabonais Ali Bongo a consolidé une autocratie répressive par le biais de sa nouvelle oligarchie, composé des nouveaux riches, hauts cadres de l’administration gabonaise, hommes politiques restés fidèles, des nouveaux affairistes mafieux (Seydou Kane, Maixent Accrombessi, Roberto Tomasini, famille Michel Tomi), lobbys occidentaux (entreprises du CAC40 français, Bolloré, Eramet, Veolia) et tous les réseaux françafricains. Le Gabon est un pays insécure où se revendiquer de l’opposition, où s’exprimer contre le régime est un crime de lèse majesté. Le régime dictatorial gabonais souhaite comme à l’époque du stalinisme et du communisme chinois que tout le peuple fasse les louanges de son bourreau royal incarné par Ali Bongo.

Liberté de la presse à dents de scie au Gabon

Concernant la liberté de la presse, il faut rappeler que Le droit d’informer et le droit à l’information sont indissociables. Ils concernent tous les aspects de la vie économique, sociale et politique. Ces droits ne sont pas rationnellement limités, mais arbitrairement mutilés. C’est le cas régulièrement au Gabon quand le droit d’informer est monopolisé par des pouvoirs publics à la solde du régime présidentiel qui exercent un droit de censure illimité, par des pouvoirs sociaux et militaires qui s’entourent de secrets destinés à garantir leur puissance afin de garder sous scelle la population gabonaise. D’où l’institutionnalisation véreuse des pratiques ignobles et illégales d’écoutes téléphoniques de l’ensemble des citoyens gabonais au rebours du droit à la vie privée.

Ceci s’exécutent aussi par des pouvoirs médiatiques qui se soumettent alternativement ou conjointement aux pouvoirs politiques et économiques. A l’instar de toutes les chaînes publiques financées par le contribuable gabonais, Gabon Télévision, Radio Gabon et Gabon24, nouvelle chaîne qui pourtant était sensée améliorer la qualité des programmes et ouvrir l’accès à toutes les sensibilités politiques et de la société civile gabonaise. Mais ce n’est pas le cas. On ne saurait prétendre que le droit d’informer est exaucé quand la majorité des citoyens en sont exclus et que le droit à l’information est garanti quand il est arbitrairement mutilé. Le droit d’informer ne saurait être réservé aux favorisés du régime d’Ali Bongo et du système PDG qui prétendent s’en réserver l’usage parce qu’ils en monopolisent les moyens. Le droit à l’information ne saurait s’arrêter aux portes des ministères et des entreprises.

Les droits d’informer et d’être informés concernent particulièrement l’information sur toutes les institutions et personnes qui produisent l’information. L’exercice de ces droits, non seulement ne relève pas seulement des chaînes publiques financées par le contribuable gabonais et embrigadées par le palais présidentiel. Mais, il suppose donc l’exercice effectif du droit de les critiquer, de les analyser et d’examiner des faits d’actualité précis. Aucune confusion n’est possible entre la libre critique de l’information et du journalisme et les attaques liberticides contre la liberté de la presse et l’indépendance des journalistes, comme c’est habituellement admis eu Gabon depuis Omar Bongo jusqu’Ali Bongo. Contrairement à ce que tentent de faire croire ceux qui entendent réserver le monopole de la critique des médias aux seuls hommes politiques ou structures, citoyens qui ont les grâces de la présidence de la république gabonaise.

Le droit d’informer est, comme la liberté d’expression et d’opinion, un droit social qui devrait être universellement partagé. Le droit d’informer appartient à tous et n’est pas le monopole des médias établis et des journalistes professionnels, quel que soit le rôle irremplaçable que ceux-ci peuvent jouer. Le droit d’informer n’est vraiment garanti que dans la mesure où les citoyens disposent des moyens adéquats à la production de leur propre information. Au Gabon, il est donc indispensable de lutter prioritairement contre les formidables inégalités qui existent en matière d’information entre d’un côté les médias privés et la puissance publique et de l’autre la majorité de la population, et non de les entériner comme le font les défenseurs d’un statu quo dont ils espèrent tirer avantage ou qu’ils n’espèrent modifier qu’en démantelant le secteur public de la radio-télévision au bénéfice du système Bongo-PDG.

Le 23 juillet dernier, la presse gabonaise a été confrontée à une injustice grave que le procureur de la république, près du tribunal de Libreville gagnerait à se saisir et diligenter une enquête judiciaire. En effet, les journalistes au Gabon ne sont pas protégés par le statut de neutralité pendant des heurts entre les forces de l’ordre et les contestataires de l’opposition gabonaise. Or, les hommes de la presse ne pratiquent que leur métier, qui est celui d’informer. Et donc d’être sur le terrain en reportage afin de recueillir l’information juste et de jouir de ce fait du droit d’informer.

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Or, il a été constaté et prouvé par son propre témoignage que le correspondant de l’Agence France presse (AFP), M. Jean Rovis Dabany a été roué de coups de matraques et piétiné cruellement par des gendarmes cagoulés. Alors qu’il arborait un autocollant presse et qu’il avait sa caméra. De même, pour les confrères, M. Franck Charly Mandoukou (AFP) dont les hommes en treillis l’ont arraché son appareil photo idem de M. Armand (Radio télévision Nazareth – RTN), ils ont été embastillés violemment par les forces de l’ordre. Au mépris du droit de neutralité et de protection du journaliste en circonstances de tensions et de manifestations. On enregistre de nos confrères des blessures corporelles, de destruction de leur matériel de travail. Ils ont été asphyxiés honteusement par les forces dites de l’ordre par le biais des gaz lacrymogènes.

Les opposants et citoyens gabonais privés de la liberté de réunion

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La liberté de réunion et de manifestation est loin d’être acquise en terre gabonaise. Au moment où les pro-régimes organisent des manifestations, des regroupements à la gloire du président gabonais, les opposants pacifiques n’ont pas le doit de se réunir. Ou même de procéder à une marche citoyenne de contestation. Les citoyens qui se revendiquent de cette opposition ne peuvent pas jouir de ce droit constitutionnel institué et encadré par notre code civil gabonais.

La liberté de réunion est un droit chargé d’histoire. Si la liberté d’expression et la liberté de réunion sont deux libertés distinctes, l’une est la condition sine qua non du libre exercice de l’autre. Que ce soit en privé ou en public dans un régime démocratique, clandestinement dans un régime répressif et dictatorial comme c’est le cas au Gabon, les êtres humains où qu’ils vivent sont naturellement mués par le besoin irrépressible de se réunir.

La liberté de réunion est une liberté fondamentale en ce qu’elle est inhérente à la nature humaine ; la liberté de réunion est au fondement de tous les échanges entre les hommes et constitue le support indispensable à la libre communication de leurs pensées. Consubstantielle à la liberté d’expression, la liberté de réunion assure à l’orateur la possibilité d’une diffusion plus large de son message que dans la sphère privée et se trouve ainsi au fondement de toute liberté politique dans une société démocratique.

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Reconnue dans toutes les démocraties réelles, elle ne trouve qu’indirectement sa source dans l’article 11 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen qui dispose que « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi ». Aux verbes « parler », « écrire » et « imprimer », les révolutionnaires ont fait le choix de ne pas adjoindre « réunir ». Ils signifiaient ainsi leur méfiance originelle à l’égard d’une liberté qui, exercée collectivement, était susceptible de renverser le nouvel ordre établi.

Or, au Gabon comme on l’assiste régulièrement à chaque réunion ou action pacifique de regroupement des organisations de la société civile libre, des partis de l’opposition, ce droit universel est bafoué et réprimé sans scrupule par des forces de l’ordre qui sont sensées encadrer et sécuriser ces manifestations. En effet, le 23 juillet dernier, la « marche patriotique » qui a vu la participation des ténors de l’opposition gabonaise et certains candidats à la présidentielle du 27 août prochain ont été simplement gazés et réprimés.

D’ailleurs, le coordonnateur de l’ l’Union sacrée pour la patrie (USP), le professeur Albert Ondo Ossa a condamné vertement cette manipulation des forces de l’ordre à des fins politiques empêchant les citoyens gabonais d’exprimer leur droit de réunion pacifique. Ainsi, il a affirmé que d’un commun accord l’ensemble des hommes politiques qui ont été violentés injustement traduiront en justice le président gabonais Ali Bongo devant le Tribunal pénal international de La Haye.

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Ainsi s’est exprimé le coordonnateur de l’USP, un temps après la dispersion violente des manifestants pacifiques « J’ai les preuves que la police a tiré à balles réelles sur une population à mains nues. Mieux nous avons vérifié les fumigènes qui nous ont été chargées. Ce sont des fumigènes antidatés, autrement dit nous ne sommes pas à l’abri des maladies. Nous prendrons toutes les dispositions nécessaires pour saisir la Cour pénale internationale parce que c’est inadmissible ».

M. Ondo Ossa a condamné également les actes illégaux de barrage des voies routières, notamment celle du rond- point de la cité de la démocratie, effectuées par les forces de l’ordre. Or, visiblement a-t-il dit ces manœuvres de dissuasion et d’intimidation visaient simplement à apeurer et empêcher les citoyens d’exprimer ce droit de réunion. En participant à une marche citoyenne pacifique. Et devant la défiance et le courage des hommes de l’opposition, des gendarmes cagoulés ont décidé de charger à coup de canon et gaz lacrymogène, le contingent de l’USP afin de les disperser.

Fustigeant cette pratique, le coordonnateur de l’USP s’est indigné en affirmant : « Le pouvoir, face à une population à mains nues, a programmé de tuer, d’assassiner les leaders de l’opposition. Ce qui est inadmissible ». Pour l’ancien ministre de l’enseignant supérieur d’Omar Bongo devenu farouche opposant du pouvoir actuel, « il était programmé pour son camp de mener une action forte démocratique avec les moyens pacifiques homologués la constitution, entre autre, marches, sit-in, meetings. »

Nous devons vaincre la dictature et le pouvoir inique du régime d’Ali Bongo par une détermination a expliqué Albert Ondo Ossa « si il hy a des gens qui doivent mourir, c’est nous. D’ailleurs, cette cohorte des leaders politiques de l’opposition et des acteurs de la société civile qui ont décidé courageusement de se mettre au première ligne de la marche afin de protéger la jeunesse, pour ne pas déplorer un décès à l’exemple du jeune étudiant Mboulou Beka ».

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Liberté d’expression et liberté de réunion se trouvent ainsi soumises à un régime juridique identique qui exclut toute censure et toute dictature a priori. La liberté de réunion est consacrée par tous les grands textes internationaux. Elle figure à l’article 20 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et à l’article 21 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Pour la Cour des droits de l’hommes la démocratie réelle au-delà des discours d’intentions et des théories poudrières comme c’est institué au Gabon, c’est la capacité d’une société à résoudre ses problèmes dans le cadre d’un débat ouvert. Cette conception de la liberté de réunion et d’expression s’inspire directement de la tradition des pays anglo-saxons qui prétendent combattre le discours en lui permettant d’être prononcé. Elle part d’une hypothèse inverse à la nôtre selon laquelle seule la persuasion est une arme capable de dissiper la parole de haine.

Cette conception repose sur celle de la « société ouverte » telle que prônée par Karl Popper dans laquelle l’homme doué de raison exerce son libre arbitre dans la confrontation de tous les discours. Ainsi, le libéralisme économique se trouve transposé en « libéralisme idéologique » ; le débat public est un marché intellectuel sur lequel se rencontrent des idées divergentes librement exprimées et qui rivalisent entre elles. Émerge alors de cette confrontation une parole, sinon la plus juste, du moins la plus forte. Celle qui, au prisme du débat public, procède pour le professeur Dominique Rousseau d’un « mode concurrentiel d’élaboration de la volonté générale ». C’est loin d’être le cas dans la République dite démocratique gabonaise !

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