Francophonie

OIF : cinq candidats en lice pour succéder le président sortant Abdou Diouf

OIF : cinq candidats en lice pour succéder le président sortant Abdou Diouf
OIF : cinq candidats en lice pour succéder le président sortant Abdou Diouf © 2014 D.R./Info241

Cinq candidats, dont quatre Africains, briguent ce week-end la succession du Sénégalais Abdou Diouf à la tête de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) mais aucun d’entre eux ne semble emporter une nette adhésion : les 57 chefs d’Etat et de gouvernement qui auront à trancher « par consensus » et à huis clos, au sommet de Dakar, restent en majorité indécis ou divisés. Dans ce contexte, la Canadienne Michaëlle Jean a des chances de s’imposer.

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Dans un premier temps, l’Elysée et le Quai d’Orsay ont cherché à susciter une candidature française. Mais Bertrand Delanoë, qui a présidé de 2001 à 2014 l’Association internationale des maires francophones (AIMF), a décliné l’offre. Ségolène Royal était intéressée mais elle est redevenue ministre. La quête s’est arrêtée là, d’autant que des membres de la francophonie n’ont pas manqué de souligner que des Français dirigent déjà les quatre opérateurs de l’OIF que sont TV5 Monde, l’Agence universitaire de la francophonie, l’AIMF et l’Université Senghor d’Alexandrie.

En quête de consensus

L’unique femme, candidate officieuse depuis un an, Michaëlle Jean, ex-gouverneure générale du Canada, a profité de sa qualité de chancelière de l’université d’Ottawa, active dans la coopération éducative avec l’Afrique, et d’envoyée spéciale de l’Unesco en Haïti, dont elle est originaire, pour mener campagne. Les chefs d’Etat africains sont loin d’être insensibles à son charisme et à certains de ses objectifs : mettre en œuvre un espace économique francophone aux « stratégies coopératives » ; susciter « l’engagement des jeunes » et des femmes « par lesquelles vient le changement » ; rendre l’OIF plus attentive à la société civile. Et poursuivre « sans complaisance » l’œuvre d’Abdou Diouf en matière de démocratie et de droits de l’homme.

Pour Jean-Claude de l’Estrac, candidat Mauricien, la réorientation économique du mouvement francophone passera par l’industrialisation de l’Afrique, une industrialisation qu’il appelle de tous ses vœux et qui a trouvé une place de choix dans le document intitulé 12 propositions pour la Francophonie de demain que le candidat a remis aux journalistes lors de son intervention au Press Club.

Ce journaliste de profession a été quatre fois ministre dans son pays, ministre des Affaires étrangères, mais aussi de l’Industrie. Secrétaire général aujourd’hui de la Commission de l’océan Indien, l’homme a fait de l’économie son domaine de prédilection et s’est signalé à l’attention par ses tentatives souvent réussies d’établissement de passerelles entre les secteurs public et le privé. Une expérience dont il aimerait faire profiter les Francophones.

Pour autant, il n’est pas sûr qu’un consensus puisse se dégager parmi les décideurs africains de l’OIF, d’ici à novembre autour de la candidature mauricienne. « Difficile pour les chefs d’Etat et de gouvernements francophones d’Afrique d’accepter d’être représentés par un petit pays dont la voix ne compte pas beaucoup dans les forums internationaux », nous expliquait un diplomate francophone venu au Press Club écouter les propositions du candidat mauricien.

Pour l’instant, aucun des 4 candidats africains n’a réussi à convaincre les Africains à voter pour eux. Le candidat du Congo-Brazzaville Henri Lopes, ancien Premier ministre de son pays, ex-fonctionnaire international de l’Unesco, aujourd’hui ambassadeur du Congo à Paris et surtout homme de lettres francophone réputé, n’a pas vraiment fait campagne, comptant sur sa notoriété diplomatique et littéraire pour emporter la mise.

Le candidat du Burundi, Pierre Buyoya a, lui, le profil idéal pour le poste. Il a la stature présidentielle, puisqu’il a dirigé le Burundi à deux reprises et peut se prévaloir de son appartenance à l’Afrique centrale qui attend son tour, après l’Afrique arabophone (Boutros Boutros-Ghali) et l’Afrique de l’Ouest (Abdou Diouf), pour conduire le destin de l’OIF. Mais il a un handicap : malgré son rôle actif dans les négociations avec la rébellion armée de son pays qui a débouché sur l’accord de paix signé à Arusha en août 2000, personne ne semble avoir oublié ni les deux coups d’Etat que Buyoya a fomentés pour accéder au pouvoir en 1987 et en 1996 ni les massacres interethniques qui se sont déroulés sous sa présidence. Difficile, en effet, d’imaginer un ancien putschiste à la tête de la Francophonie qui s’est construite précisément autour du partage des valeurs démocratique et du respect des droits de l’homme.

Enfin, quant au quatrième candidat africain, l’Equato-Guinéen Augustin Nze Nfumu, il est peu connu en dehors des frontières de son pays. L’homme n’a pas fait campagne non plus pour se faire connaître des décideurs francophones.

Sources : RFI & Lemonde.fr

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