Objets africains mis aux enchères ce mercredi en France : DiaspAura vent debout, dénonce une « continuité coloniale »
À la veille de la vente prévue ce mercredi à l’Hôtel des ventes Giraudeau près de Tours (Centre-Val de Loire, centre-ouest de la France), le Collectif DiaspAura constitué notamment de gabonais, hausse le ton dans un communiqué transmis à Info241. Le texte cible explicitement la vacation intitulée « Trois regards sur le monde : de l’Antiquité au début du XXe siècle » et dénonce la présence d’objets africains issus, selon le collectif, de trajectoires coloniales. DiaspAura affirme que cette circulation patrimoniale prolonge des déséquilibres anciens. Le collectif parle d’une « continuité économique, symbolique et d’asymétrie ».
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Dans son argumentaire, DiaspAura estime que le problème dépasse la seule légalité formelle des ventes. Le communiqué insiste sur le fait que ces objets ne peuvent pas être réduits à des lots de marché. « Ce ne sont pas de simples marchandises », soutient en substance le collectif, qui replace le débat sur le terrain historique et politique. Pour ses membres, la question centrale reste celle des conditions d’acquisition initiales et de la légitimité de la détention actuelle.
Une exigence immédiate : suspendre, documenter, vérifier
DiaspAura demande une mesure claire : stopper les transactions tant que les provenances ne sont pas établies de manière indépendante et publique. Le communiqué appelle les maisons de vente à « suspendre toute commercialisation d’objets africains issus de contextes coloniaux » en l’absence de traçabilité complète. Le collectif réclame aussi des enquêtes méthodiquement solides, accessibles et contradictoires. L’objectif est d’éviter que des pièces contestées changent de mains sans examen de fond.
Quelques unes des œuvres à la vente ce mercredi
Le texte interpelle directement les experts et commissaires-priseurs sur leurs obligations professionnelles. Il leur demande d’aligner leurs pratiques sur les standards internationaux applicables aux biens culturels sensibles. DiaspAura considère que la valeur financière ne peut pas effacer la charge historique des œuvres concernées. Dans cette logique, la restitution est présentée comme « une réparation et une reconnaissance », et non comme une concession politique.
Vers un cadre rénové entre États, marché de l’art et communautés d’origine
Au-delà de l’urgence, le collectif appelle à un dialogue institutionnel structuré entre autorités publiques, acteurs du marché de l’art, chercheurs et pays d’origine. Le communiqué plaide pour l’identification des détenteurs légitimes et l’ouverture de procédures adaptées lorsque les indices de spoliation coloniale sont avérés. DiaspAura souhaite également un durcissement du cadre juridique français pour mieux encadrer ces circulations patrimoniales. La ligne défendue est celle d’une coopération fondée sur la transparence plutôt que sur le fait accompli.
Pour le collectif, la vente de ce mercredi constitue un test politique autant que culturel. Si les lots contestés sont maintenus sans clarification supplémentaire, DiaspAura y verra la preuve d’une inertie persistante. À l’inverse, une suspension ouvrirait la voie à une pratique plus responsable des enchères internationales. Son message final reste constant : « sans vérité sur les provenances, il ne peut y avoir de légitimité durable ».
@info241.com
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