Gouvernance & pauvreté

Lutte contre la pauvreté au Gabon : les astigmatismes réguliers des Gouvernants depuis plus de 47 ans

Lutte contre la pauvreté au Gabon : les astigmatismes réguliers des Gouvernants depuis plus de 47 ans
Lutte contre la pauvreté au Gabon : les astigmatismes réguliers des Gouvernants depuis plus de 47 ans © 2014 D.R./Info241

Le deuxième billet de notre chronique politique et sociale, L’œil du citoyen poursuit ce lundi sereinement le bilan de l’action politique du troisième président de la République Gabonaise Ali Ben Bongo Ondimba. Cette fois-ci en jetant notre dévolu sur les sempiternels changements de gouvernements au Gabon. Ces perpétuelles mutations léthargiques, vieilles de plus de 47 ans restent toujours sans incidence réelle sur le développement d’un pays rare, très riche regorgeant un potentiel, des ressources naturelles, et des intelligences humaines immenses.

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Sa faible population, de seulement 1. 672 million (s), avec un PIB de $19.34 milliard (s), une croissance du PIB de 5.9% et une inflation de 0.5% selon les dernières statistiques de la Banque Mondiale datant de 2013, devait être l’une des plus enviée au monde. Mais aujourd’hui, ce n’est pas le cas, dans d’autres pays démocratiques, chaque gouvernement est porteur des réformes structurelles, économiques politiques porteuses d’une justice sociale. Dans le but aussi de développer de fond en comble un État dit républicain. Mais aussi, en vue de la répartition équitable des richesses à toute la population. Au Gabon, c’est le refrain des politiques inopérantes dont l’effet de mode aujourd’hui est aux couleurs de l’émergence, qui se succèdent sans fin.

Pléthore de rapports sur la pauvreté au Gabon, et stagnation méprisante des Gouvernements.

Au Gabon, c’est une caste des privilégiés très proches du pouvoir politique et des lobbys ombragés qui semble digne de vivre décemment en bénéficiant des richesses du pays. A l’inverse de la grande majorité du peuple qui périt dans une pauvreté et une précarité criardes. Rappelons que c’est le 16 octobre 2009 que le nouveau président a accédé à la magistrature suprême du Gabon sous un régime multipartite à des allures antidémocratiques et monopartites. Qu’est-ce qu’il en est aujourd’hui de sa politique dite de l’émergence et de la réalisation de ces trois piliers pour le mieux vivre gabonais ?

Soulignons d’entrée de jeu que le Gabon est aussi l’un des rares pays qui regorgent de nombreuses études sur la pauvreté sur le plan national. Depuis l’ère Omar Bongo jusqu’à nos jours, les populations suivent à travers des diffusions partisanes des chaînes publiques gabonaises, le ballet récurrent des remises des divers rapports et diagnostics sur les questions de développement. Et des diverses études statistiques sur l’avancement criante de la pauvreté au Gabon. Mais ils savent aussi, désormais qu’ils accouchent le plus souvent d’une souris. Malgré les sempiternelles solutions et recommandations préconisées, elles demeurent non appliquées. L’œil du citoyen qui paraît floué et sans lentille s’interroge sur l’impact de ces multiples rapports qui n’aboutissent toujours à rien vu la stagnation quant aux besoins primaires que chaque gabonais où qu’il soit devrait bénéficier équitablement ne sont pas redistribués.

Le dernier en date est intitulé « Rapport Stratégie d’Investissement Humain du Gabon » mené curieusement sous les auspices de Sylvia Bongo Ondimba, première dame du Gabon aidée des mains des maîtres, comme à l’accoutumée, par un cabinet occidental. Cette fois-ci l’épouse d’Ali Bongo n’a pas lésiné dans les moyens en se confiant les services du cabinet réputé McKinsey & Company qui a indiqué un besoin annuel de 110 milliards francs CFA pour éradiquer la pauvreté au Gabon. Tout ce plan médiatique et de communication politique répondait à une commande de son époux le chef de l’État, Ali Bongo. Laissant sans voix les ministères de tutelles et institutions onusiennes de développement concernées par ses problématiques de pauvreté bien qu’ayant été impliqués passivement.

Ce rapport a présenté des récurrentes conclusions et recommandations d’une étude lancée entre octobre 2013 et décembre 2013 visant à conduire un diagnostic supplémentaire de la pauvreté et de la précarité au Gabon. Cette fois-ci, selon les porteurs du diagnostic afin de développer une stratégie nationale d’aides sociales conforme aux besoins des Gabonais précaires et son plan de mise en œuvre. Selon ce rapport, le Gabon d’aujourd’hui présente un bon niveau global de développement humain. Plus précisément il présente un IDH11 élevé, le 4e en Afrique, s’élevant même au 1er rang de développement humain en Afrique subsaharienne selon cet indicateur. Cela s’explique en particulier par un revenu par habitant élevé, et par un niveau d’urbanisation important, plus de 85% de la population gabonaise vivant en zone urbaine.

Cependant celui-ci s’accompagne d’inégalités persistantes au sein de la population, et d’un net décrochage sur un certain nombre d’indicateurs sociaux.
En ce qui concerne la santé en particulier, relève le rapport, « le Gabon se démarque par une mortalité infantile et une mortalité maternelle parmi les plus élevées d’Afrique, ou encore un taux de prévalence du VIH élevé, atteignant plus de 2% des jeunes de 15-24 ans. L’accès à certains services publics de base accuse aussi un retard important. Ainsi, seulement 33% de la population gabonaise a accès à des installations d’assainissement. » Au rebours des fausses allégations de Bernard Kouchner sur le plateau d’On n’est pas accouché de Laurent Ruquier, acculé par le chroniqueur Aymeric Caron sur le fameux rapport facturé onéreusement à Omar Bongo au frais du contribuable gabonais, il n’existe pas de sécurité sociale et de couverture de maladie fiable au Gabon. On dénombre par ailleurs, plusieurs programmes d’aides sociales autour de deux organismes majeurs la CNAM-GS (Caisse Nationale d’Assurance Maladie et de Garantie Sociale) et le FNAS (Fonds National d’Aide Sociale).

Mais souligne toujours ce rapport, même si, bien avant ce dernier qui semblerait être original, chaque année tous les nombreux rapports des instituions onusiennes à l’instar de ceux du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) montrent qu’à ce jour l’impact de tous ces programmes d’aides sociales sur les indicateurs de pauvreté et de précarité est toujours limité et donc inefficaces. De facto, 30% des foyers gabonais sont économiquement faibles soit environ 95 000 qui vivent avec moins de 500 FCFA par jour. D’où selon le même diagnostic « 60% des départements sont en décrochage en termes d’accès aux minima sociaux et infrastructures de base et 70% des villages sont enclavés ». Plusieurs populations vivent encore comme au Moyen-âge avec des lampes de pétroles, un approvisionnement d’eau dans les rivières non potables. Et elles se soignent très mal. Au Gabon, on meurt très jeune, dépassé la cinquantaine est l’ordre du miracle de Dieu.

Pour les experts de McKinsey & Company « le Gabon présente une importante proportion de Foyers économiquement faibles (FEF) percevant moins de 80 000 FCFA par mois. Ces Gabonais sont aujourd’hui environ 95 000, soit 30% de la population gabonaise qui perçoit des revenus sept fois inférieurs à la moyenne nationale. L’analyse de ces foyers révèle sept segments particulièrement fragiles : les familles avec enfants (comprenant aussi les familles monoparentales), les mères célibataires, les personnes âgées, les veuves, les personnes handicapées, les étudiants isolés, et les orphelins et enfants des rues ».

Le diagnostic relève que : « le nombre de personnes en situation de pauvreté est équitablement réparti entre milieux urbain et rural, mais le taux de pauvreté est plus élevé en milieu rural. Ainsi, 55% des FEF vivent dans 6 départements essentiellement urbains quand 45% des FEF sont recensés dans des départements essentiellement ruraux. Dans les villes, les FEF se concentrent en particulier (environ 60%) dans des arrondissements périurbains, souvent peu intégrés sur le plan économique et social. Le taux de pauvreté des villes (c’est-à-dire le nombre de personnes pauvres rapporté au nombre d’habitants) est cependant limité à 20%, quand le taux de pauvreté des campagnes est bien plus élevé et atteint 45% ».

En ce qui concerne l’accès aux services minimums sociaux et aux infrastructures primaires, 11 indicateurs ont été utilisés pour chacun des 48 départements du Gabon, reprenant les dimensions de l’accès à la santé, l’éducation, aux services publics et aux infrastructures de base. Selon cette étude, « la situation des familles économiquement faibles est aggravée par un accès limité aux services sociaux et publics de base. Et 60% des départements, soit 28/48 sont en décrochage sur ces services ». Néanmoins, lorsqu’on confronte les chiffres et le diagnostic posés dans le rapport Mckinsley et ceux publiés en juin 2006, à travers le Document de stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté (DSCRP) mené par des techniciens cadres Gabonais, spécialistes des questions de développement humain, parmi lesquels, les braves Ibouili Maganga, Pascal Obiang Eya’a et Marcelin H. Ndong Nta, rien n’a changé ni ne diffère grandement. Mckinsley & Co établit à 30% le taux de pauvreté au Gabon. Or, le DSRP, plus pointilleux parce que réalisé par des fonctionnaires, des membres de la société civile et du secteur privé gabonais qui vivent le problème eux-mêmes, chiffrait à 33%, il y a 9 ans le même taux de pauvreté. Quand il est établi que la population gabonaise croît d’un peu plus de 3% l’an et que le PIB/habitant est passé de 3000 dollars en 2005 à 10.000 dollars en 2014.

Pour certains cadres de l’ancien Ministère du plan rien n’a évolué, la situation s’est juste a empirée du fait de la non réalisation opérationnelle des recommandations et solutions qui furent préconisées dans le DSRP. Et t qu’un nouveau rapport méritant autant de publicité médiatique et d’un plan de communication politique sur-médiatisé au point d’occulter le même travail qui existait pourtant ne se justifiait pas. Une seule chose a changé entre ces deux rapports, relèvent-t-ils, « c’est la facture ruineuse qui est plus importante et qui n’as pas bénéficiée aux Gabonais qui ont une expertise avérée pour ce travail. Et il faut le dire on a voulu donner un peu d’argent a un groupe d’amis. »

Ali Bongo chantre-héritier de 40 ans de gestion avec un changement de Gouvernement permanent inefficace

Rappelons pour des raisons de devoir historique et de mémoire politique que le Gabon a accédé à sa souveraineté nationale depuis le 17 août 1960, malgré les pesanteurs de néocolonialismes maquillés aujourd’hui sous le label mafieux qualifié de Françafrique par plusieurs curieux journalistes d’investigation de l’Afrique à l’instar de Pierre Péan qui tente de défaire dans son Carnages. Les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique, toutes les manœuvres, principalement des États-Unis et d’Israël visant à évincer la France du continent africain après la guerre froide. Et malgré les beaux discours de cette guerre d’influence, cette nouvelle occupation n’est pas vraiment plus éthique que la « Françafrique ».

Mais c’est surtout avec François-Xavier Verschave avec son ouvrage imposant De la Françafrique à la Mafiafrique qui passe en revue la politique franco-africaine, autrement appelée Françafrique. En montrant qu’elle est extrêmement nocive et qu’elle a vidé l’Afrique de ses richesses pétrolières et minières. On y découvre qu’après la proclamation de l’indépendance au sein des anciennes colonies françaises d’Afrique comme le Gabon, des réseaux politiciens ont assuré la continuité du pillage du continent noir au profit notamment des hommes de pouvoir en France en plaçant des dictateurs corrompus à la tête des États nouvellement indépendants.
Son essai qui est une retranscription d’une conférence donnée en fin 2003, nous propose de survoler les rouages de la Françafrique et ses dérives mafieuses et nous propose quelques pistes pour de nouveaux rapports avec les peuples du tiers monde en approfondissant la démocratie à l’échelle planétaire.

Donc tous les premiers gouvernements après l’ère coloniale qui se sont défilés successivement furent sous tutelles de Paris et des connivences meurtrières de la Françafrique. Du le 17 août jusqu’au 17 février 1964, le Gabon sous le monopartisme avait pour chef de la primature, « le bon nègre de maison » Léon Mba qui a été remplacé par Jean-Hilaire Aubame (18 février 1964), membre de la France libre et collaborateur du gouverneur-général de l’Afrique équatoriale française (AEF), Félix Éboué. Il sera élu d’ailleurs en 1946 député du Gabon à l’Assemblée nationale française à cette époque où l’enjeu ne fût guère la redistribution des richesses du pays à toute la population gabonaise.

Le même Léon Mba va rempiler de1964 jusqu’au 28 novembre février 1967 et cette fois-ci en s’affolant avec les deniers publics. En effet, il a construit sa popularité mitigée en distribuant gracieusement des billets de banques lors de toutes ses apparitions publiques. Du 16 avril 1975 au 03 mai 1990 date fortement historique, c’était au tour de Léon Mebiame Mba d’être le chef du gouvernement. En pleine période d’une révolution étudiante qui va conduire à un soulèvement populaire et politique dont l’épilogue sera la conférence nationale et à la paix des braves à travers les accords de Paris qui a permis l’instauration du multipartisme et d’une démocratie de façade.

Il faut relever que cette période postcoloniale a été marquée par la gestion au plus haut niveau de la nation gabonaise des anciens colonisateurs français. En effet, on retrouvait toujours des cadres de l’administration française coloniale à la tête des principales institutions et organisation administratives. Le but poursuivi par les administrateurs coloniaux de cette époque comme le relève François-Xavier Verschave était toujours de piller scrupuleusement les richesses pétrolières et minières du Gabon. L’affaire Elf mis à jour en 1990 par l’ancienne juge d’instruction au pôle financier du palais de justice de Paris, l’écologiste Eva Joly en est l’illustration. D’où on a assisté à un retard criard dans certaines réformes structurelles de bases dans plusieurs pays africains francophones dont le Gabon.

Néanmoins, durant nos périodes glorieuses, notamment au cours des années 70 et 80, les autorités politiques Gabonaises, en charge de gouverner ont fait des deniers publics en l’occurrence de la manne pétrolière et minière, une arme de pouvoir, de domination et de soumission du peuple. Après le décès du premier président de la République, le Gabon a vu se faire parachuter, l’ancien sycophante de l’AEF, Albert Bernard Bongo à la tête du pays. Il faut signaler toutefois, du 03 Mai 1990 au 23 janvier 1999 l’entrée au poste de premier ministre, de Casimir Oyé Mba (actuel membre de l’opposition gabonaise), un ancien cadre, banquier reconnu, faisant partie des auteurs du redressement économique de la BEAC. Bien que sa présence ait permis de lancer plusieurs programmes structurels avec le courant des « Rénovateurs », la redistribution des richesses à l’ensemble de la population ne s’est pas faite dans une justice sociale.

Toujours sous l’ère du défunt Omar Bongo Ondimba, le peuple paralysé par la recrudescence de la pauvreté et de la fracture sociale a assisté à des changements de gouvernements avec l’entrée en lice de Paulin Obame Nguema qui a siégé passivement du 02 novembre 1994 au 23 janvier 1999 à la primature du Gabon. Après avoir battu le pavé en tant que directeur de campagne du candidat Omar Bongo, l’ancienne plume du PDG, Jean François Ntoutoume Emane, alias Jacky milles diplômes a accédé au poste de chef de Gouvernement du 23 janvier 1999 au 20 janvier 2006. Malgré son bagage intellectuel et ses compétences reconnus, les Gabonais ont juste en mémoire du magister de cet homme politique qu’une créativité féconde dans les formules dithyrambiques ampoulées et ostentatoires. En l’occurrence, « sous la plus haute inspiration du président de la République, Chef de l’État » lors de chaque action que posait un membre du gouvernement. C’est l’un des moments phares du paroxysme de la sacralisation de « l’homme État » décrit par André Mba Obame dans sa thèse de doctorat en science politique soutenue en 1984 à la Sorbonne intitulée : « Société politique au Gabon : contribution à l’étude de la nature patrimoniale du système politique gabonais ».

Le 20 janvier 2006, à la surprise générale, juste après les crises politiques post-électorales de 2005 qui ont marqué la énième réélection d’Omar Bongo Ondimba, Jean Eyeghe Ndong (du 20 janvier 2006 au 17 juillet 2009) s’est vu confier la primature. Ce, au grand dam de la victoire réclamée par l’opposant historique, Pierre Mamboundou, défunt président de l’Union du Peuple Gabonais (UPG). Suite au décès brutal d’Omar Bongo, le 08 juin à Barcelone et à l’occasion des élections électorales anticipées et très controversées durant la même année 2009, le peuple ébahi a assisté à l’accession du fils de l’ancien président Ali Bongo Ondimba. Au cours de sa présidence qui s’achève en 2016, un ballet record des mutations incessantes de gouvernements a été la marque de fabrique du parangon de l’émergence made in Gabon.

Ce fût premièrement au tour de Paul Biyoghe Mba, chantre du mouvement africain de développement (MAD), à partir du 17 juillet 2009 jusqu’au 27 février 2012. Son inertie à réaliser les projets du candidat Ali9 lui a valu un débauchage. L’économiste, homme d’affaires, ancien de la BAD, Raymond Ndong Sima a eu son heure éphémère de gestion passive du 27 février 2012 au 24 février 2014. Et enfin, espérant qu’il soit l’ultime, depuis le 25 janvier 2014 le dernier arrivant à la tête du Gouvernement gabonais, est l’ancien recteur de l’UOB, Vice-président de l’Assemblé Nationale, le Pr Daniel Ona Ondo. Sachant que sous sa direction, le Gouvernement a déjà fait sa mue suite à la démission de l’ancien ministre de l’éducation nationale, très proche parmi les plus écoutés des émergents à la solde du pouvoir, le Pr cardialogue Léon Nzouba. Et leurs objectifs à tous est de mettre en opération la politique de l’émergence s’articulant autour des trois piliers suivants : Gabon vert, Gabon industriel et le Gabon des services,

Á l’occasion de tous ces magisters, le peuple continu a assisté à la poursuite de la gabegie des ressources financières d’un pays déjà très désemplie. Au regard des affaires des biens mal acquis. Ces derniers ont mis en lumière, l’important butin financier, chiffré en milliards d’euros, hérité par la famille Bongo après la mort de leur patriarche. Même si, l’œil du citoyen se demande toujours jusqu’à présent ce qui a pu constituer l’opportunité financière ou le marché d’entreprises qui a fait du défunt président Bongo, l’un des plus puissants hommes d’affaires non déclarés de la planète. Avec pour spécialité, comme on l’a suivi dans le documentaire, « Pièces à convictions », la distribution des mallettes d’argent à diverses personnalités politiques Françaises, Africaines. Laissant le peuple s’enliser dans une précarité et une aggravation de pauvreté intolérables.

Une feuille de route de plus et des propositions salutaires pour quels résultats ?

Le 06 octobre dernier à Libreville, l’œil du citoyen a encore suivi, l’une des actualités politiques fomentée par le bord de mer : la tenue du tout premier Conseil des ministres du gouvernement Ona Ondo 2. Occasion a été encore offerte au chef de l’État Ali Bongo, qui dirigeait les travaux, d’énoncer un ixième cap et une autre feuille de route à cette équipe remaniée, sensée traduire en actes son projet politique de l’émergence. Outre le social et la lutte contre les inégalités, le gouvernement devra aussi s’atteler à la légalisation du mariage traditionnel et faire adopter une loi contre le couple xénophobie/tribalisme. Une énième feuille de route a été encore énoncée avec des champs prioritaires : les chantiers social et sécuritaire qui devrait permettre d’assister les populations les plus vulnérables aux fins de subvenir à leurs besoins alimentaires, sanitaires et éducatifs, par la mise en place des programmes intégrés sur la protection des personnes âgées, des orphelins et des handicapés, afin de faire face au délitement des liens sociaux traditionnels.

Mais aussi, en venant au secours des populations économiquement faibles à développer des activités génératrices de revenus sur l’ensemble du territoire national, par une offre de financement diversifiée pour soutenir les projets dans les domaines à fort potentiel d’emplois tels que l’agriculture, l’élevage, le pêche, l’artisanat ainsi que les services et les petites transformations. Le but fixé par cet autre gouvernement est la lancinante réduction des inégalités d’accès aux services publics de base notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de l’accès à l’eau potable et à l’électricité dans les zones défavorisées de nos villes mais aussi de nos villages. Tout en renforçant la sécurité des personnes et des biens et lutter davantage contre l’immigration clandestine et les comportements déviants.

In fine, un jeune fonctionnaire international Gabonais, spécialiste, entre autres, de la structuration des obligations domestiques, Cedric Achille Mbeng, cadre international à la BAD égraine une contribution non négligeable « sur le développement inclusif et la restauration de la dignité de la personne humaine » au Gabon, dans son dernier livre intitulé Transformer le Gabon : scénario de la panthère ou de l’écureuil” qui a obtenu un prix dans la Catégorie “Essais” lors du dernier Salon du Livre panafricain de Bruxelles, qui a eu lieu les 3, 4 et 5 octobre.

Interrogé par Financial Afrik à la question de savoir que faut-il transformer au Gabon, il relève que « l’objectif doit être l’élaboration de politiques permettant de contribuer à la restauration de la dignité des personnes via les quatre leviers transformationnels que nous proposons : le système éducatif ; les infrastructures ; le système financier ; et les institutions. En effet, ajoute-t-il, « les institutions établissent le cadre qui permet à chaque citoyen de se réaliser. L’éducation joue un rôle central dans la réalisation des objectifs d’un pays car la performance économique repose principalement sur les ressources humaines qui ont un fort impact sur la productivité globale des facteurs. Les infrastructures sont fondamentales pour le développement humain, particulièrement pour garantir les services éducatifs et de santé. Sans elles, il n’est pas possible de mettre la technologie au service du développement. Encore faudrait-il trouver un moyen optimal pour financer ces investissements et les besoins de l’économie réelle ? Pour cela, il est indispensable de bâtir un système financier performant. »

Nous terminons cette chronique par cette note emplie d’optimisme, en nous accordant avec Achille Mbeng qu’on ne doit plus tout attendre de nos jours toutes actions miracles des pouvoirs publics. C’est ensemble que nous devons trouver des solutions idoines afin que les 35% de nos compatriotes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté et de la cohorte des jeunes au chômage soient réintégrés dans la société par des politiques développements opérants, comme nos voisins les plus proches, longtemps raillés, la Guinée Équatoriale. Qui l’eut crût ?

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