Scandale religieux

Libreville : Un pasteur controversé jeté en prison pour violences, agressions sexuelles et chantage

Libreville : Un pasteur controversé jeté en prison pour violences, agressions sexuelles et chantage
Libreville : Un pasteur controversé jeté en prison pour violences, agressions sexuelles et chantage © 2026 D.R./Info241

C’est une chute vertigineuse pour l’un des visages les plus bruyants de l’évangélisme gabonais. Figure controversée mêlant religion et ambition politique, Joël Andy Poungou (38 ans) a été placé sous mandat de dépôt et incarcéré à la prison centrale de Libreville le mercredi 11 février au soir. Rattrapé par la diffusion virale de contenus obscènes sur la toile, le leader de l’église Ministère de toutes les Nations, ainsi fait l’Éternel est sous le coup d’une inculpation pour atteinte aux bonnes mœurs et violences physiques, rapporte L’Union. Une affaire qui met en lumière un système glaçant de prédation spirituelle et sexuelle.

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L’homme de Dieu et candidat malheureux aux législatives de septembre dernier dans l’Ogooué-Lolo (2e siège du département de Mulundu) est désormais disgrâce. Il est tombé ce mercredi sous le poids de plaintes de ses fidèles transformées en victimes et par l’enquête ouverte par la Direction générale de la Documentation et de l’Immigration (DGDI). Les enquêteurs ont rassemblé un faisceau de preuves accablantes conduisant tout droit le prophète proche de Hercule Nze Souala derrière les barreaux.

Un mode opératoire fondé sur l’abus d’autorité

Au cœur de ce scandale, les témoignages des plaignantes décrivent une mécanique d’emprise terrifiante. Lors de séances de prière privées, Joël Andy Poungou aurait pris l’habitude de déshabiller certaines de ses fidèles, justifiant ces actes dégradants par de prétendues « délivrances divines ». De nombreuses vidéos et photos devenues virales ces dernières semaines le montrent dans des situations compromettantes avec de jeunes femmes, des séquences souvent filmées à l’insu des victimes ou sous la contrainte.

Les locaux de l’église de ce pasteur évangéliste au Bas de Gué-Gué

Pour garantir le silence de celles qui oseraient dénoncer ces abus, le pasteur aurait utilisé ces mêmes enregistrements intimes comme arme de dissuasion. Il s’agit, selon les enquêteurs, d’un chantage à caractère pornographique savamment orchestré, doublé d’un abus d’autorité spirituelle caractérisé.

Un dossier emblématique des dérives sectaires au Gabon

Au-delà du sort personnel de Joël Andy Poungou, cette incarcération pourrait faire jurisprudence et ébranler un vaste système de complaisance. Cette affaire survient en effet dans un contexte où la législation gabonaise peine encore à encadrer spécifiquement les dérives sectaires. Si le Code pénal réprime de manière générale les violences et les atteintes aux mœurs, il n’existe pas de cadre juridique spécifique visant les abus commis sous le couvert de la spiritualité ou au sein de groupements religieux, malgré la multiplication des témoignages dénonçant des dérives financières, morales ou sexuelles.

Un pasteur dans la tourmente

Alors que le prophète dort désormais en prison, les réseaux sociaux restent le théâtre d’affrontements entre ceux qui réclament une sanction exemplaire pour assainir le milieu religieux, et les partisans du pasteur qui crient au complot. Une rhétorique du complot qui se heurte cependant à une réalité matérielle têtue : les images, elles, ne mentent pas.

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