Entretien

Richard Ndi Bekoung : « Le problème de la CNSS est lié à un impératif de réformes »

Richard Ndi Bekoung : « Le problème de la CNSS est lié à un impératif de réformes »
Richard Ndi Bekoung : « Le problème de la CNSS est lié à un impératif de réformes » © 2022 D.R./Info241

Réélu à la tête du Syndicat des professionnels de la sécurité sociale (SYPROSS) le 29 avril dernier, Richard Ndi Bekoung entend installer officiellement son nouveau bureau le jeudi 19 mai prochain. Actualité brûlante à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) oblige, il a livré son avis à notre rédaction, sur ce qu’il en est actuellement de la situation au sein de cette institution dont l’avenir se dessine en pointillés.

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Info241 : A peine réélu à la tête du SYPROSS qui est un des principaux syndicats de la CNSS, cette institution se trouve au centre de l’actualité. Certaines rumeurs allant jusqu’à prédire sa faillite imminente. Votre avis ?

Richard Ndi Bekoung : « En effet, la situation de la CNSS est explosive actuellement. Comme vous le rappelez si bien, cela tombe au moment où je suis réélu pour à la tête du SYPROSS pour un nouveau bail de 3 ans. Malheureusement. Mais il faut dire que les problèmes d’aujourd’hui à la CNSS ne naissent ni aujourd’hui, encore moins du fait de notre réélection. Ils sont importants parce qu’on les traine depuis fort longtemps. Et qu’en lieu et place de l’anticipation de la gouvernance de cette institution, on y a souvent apporté des pensements temporaires.

Or, à l’épreuve du temps, les réalités ne sont pas les mêmes. Je vous prends une illustration. En 1975, année de création de la caisse, elle avait moins de travailleurs que de retraités. C’est quasiment l’inverse aujourd’hui. Les effectifs d’agents ont explosé. Ce qui naturellement à drastiquement augmenté la masse salariale. Et paradoxalement à cela, nos prestations ne sont pas correctement couvertes. L’outil ne répond plus aux réalités actuelles. Il faut réformer. Voilà le fond du problème au sein de la CNSS aujourd’hui ».

Beaucoup de vos camarades agents, pour certains syndicalistes comme vous, et plusieurs syndicats de retraités avec, récusent clairement la gestion de la CNSS sous l’actuel directeur général Patrick Ossi Okori dont on vous dit d’ailleurs très proche, qu’en dites-vous ?

Richard Ndi Bekoung : « Vous savez, on ne peut empêcher les gens de dire ce qu’ils veulent. Pour ce qui est de notre vision, nous pensons que la situation actuelle de la CNSS, comme je ai dit plus haut, est encore un problème d’individus. Encore moins du management qui est pratiqué à un moment ou à un autre à la tête de cette entreprise. Je peux comprendre et d’ailleurs concéder que l’on fasse le reproche à l’actuel directeur général de ne pas communiquer assez souvent. Que l’on fustige sa relative réserve qui ne favorise pas le dialogue avec les partenaires sociaux. D’accord. Et d’ailleurs, nous nous joignons à ceux qui souhaitent qu’il fasse des efforts pour corriger le tir.

Mais pour autant, nous comprenons que chaque patron qui arrive à la tête d’une institution a son fonctionnement et ses méthodes. Au delà, chacun a son propre caractère inné. Soit. Mais de là à tout mettre sur les épaules d’un individu, fut-il le directeur général, ne me paraît pas juste. Car au dessus de lui, il y’a quand même un conseil d’administration et un gouvernement. Ces deux institutions sont mieux renseignés que nous, simples agents, au moment de nommer untel ou untel autre à la tête de telle ou telle institution. Et je le redis. Le problème de CNSS aujourd’hui incombe au premier chef au gouvernement de le régler.

Le changement de managers pour juste changer ne m’a pas particulièrement paru efficace alors qu’ils n’ont fait que ça ces 15 dernières années. Et pourtant, la situation est quasiment restée la même. À quelques petites différences près. Du coup, nous disons qu’il faut profondément réformer cette institution. Non au changement de directeur juste pour changer. Non au licenciement, mais oui au redressement de la caisse nationale de sécurité sociale. J’ai été réélu grâce à cette promesse phare qui va constituer notre cheval de bataille moi et mon équipe. La protection de l’agent, la relance du fonctionnement optimal de la CNSS et ensemble, nous allons y veiller ».

Info241 : Votre mot de la fin ?

Richard Ndi Bekoung : « Nous interpellons vivement le chef de l’État Son Excellence ALI BONGO ONDIMBA de prendre toute les mesures afin que cet outil qui est à ce jour le dernier fleuron de la politique sociale de notre pays, ne tombe pas. Nous croyons fermement qu’il est encore temps d’anticiper sur le cours de l’histoire qui se dessine effectivement en pointillés pour des milliers de familles que cette noble institution a nourries dans ce pays.

Le rapport FINACTU est suspendu sur la CNSS comme une épée de Damoclès. À moyen terme. Mais à court terme, nous pouvons encore épargner ce naufrage collectif. Des réformes simples telles que le plafonnement des salaires, le règlement intégral de la dette dûe à la CNSS par l’État et par plusieurs entreprises seraient un bon début de solution. Le diagnostic est donc connu. Il reste que la posologie soit administrée et le malade se relèvera ».

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