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Racket policier : la FEGASTA durcit le ton et lance une grève générale des transports à Port-Gentil

Racket policier : la FEGASTA durcit le ton et lance une grève générale des transports à Port-Gentil
Racket policier : la FEGASTA durcit le ton et lance une grève générale des transports à Port-Gentil © 2022 D.R./Info241

Ce jeudi 10 mars 2022, le président de la Fédération gabonaise des syndicats des transports et assimilés (FEGASTA) a tenu une importante déclaration au quartier Transfo, dans le 2e arrondissement de Port-Gentil. Une déclaration qui fait suite au racketage abusif de la part des forces de l’ordre. Il a dans le même ordre d’idées, invité tous les transporteurs (taxis, T.M et clandos), à garer leurs moyens roulants dès ce 11 mars pour une durée de dix jours. Et ce, jusqu’à satisfaction totale de leurs points de revendication.

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En effet, conformément aux dispositions de l’article 379 du code du travail loi N⁰0022/2021 du 19 novembre 2021 la FEGASTA avait déposé un préavis de grève allant du mardi 01 mars au vendredi 11 mars dès 8 heures pour une durée de 10 jours inclus. Dans ce courrier, elle réclame six points. Parmi lesquels :
- l’arrêt de racketage aux transporteurs ;
- l’augmentation du temps de travail ;
- la mise en place d’un barème sur les délits ;
- l’augmentation du nombre de passagers et fustige par ailleurs le taux élevé de la patente.

Le sempiternel problème du racket

« Nous sommes fatigués. Le point qui fait mal, c’est celui du racketage. Ce matin nous sommes partis où les gendarmes font le contrôle, ils nous narguent en disant, ’vous n’avez rien fait. allez porter plainte chez le chef de l’État’. Or, le gouverneur avait dit régler ce problème très vite. Nous interpellons les autorités, sur ce dossier et précisons que nous rentrons en grève illimitée. Ces gendarmes ne sont pas au dessus du ministre encore moins du gouverneur », précise Albert Bernard Bongo Essono, président de la FEGASTA.

La déclaration de la Fegasta hier

Cependant, le 4 mars dernier le gouverneur de la province de l’Ogooué-Maritime Paul Ngome Ayong, avait tenu une importante réunion dans la salle de réunion du gouvernorat de Port-Gentil suite à la correspondance de la COSYGA/USOM en date du 28 février adressée à monsieur le ministre des Transports. Avaient pris part à cette échange, les leaders syndicaux ainsi que Jean Bosco Mouambizi et Christian Nziengui, respectivement inspecteur provincial des Transports terrestres et délégué provincial du Centre national des examens de permis de conduire. L’ordre du jour portait essentiellement sur un seul point. À savoir ‹‹ examen des problèmes posés par la COSYGA et ses adhérents››.

Les forces de l’ordre mis en cause

Au cours de son allocution, l’autorité provinciale s’adressant à ses hôtes, avait indiqué que certains points relevant de sa compétence territoriale pourraient trouver des solutions locales. Et que ceux relevant du pouvoir central, devraient être transmis à qui de droit. Représentant les transporteurs de l’Ogooué-Maritime, Albert Bernard Bongo Essono de la FEGASTA a fustigé fermement et vigoureusement le phénomène grandissant de racketage des agents des forces de l’ordre et de sécurité, dont les gendarmes font subir à ses membres.

Pour lui, ces hommes des corps habillés ont volontairement, sévèrement et unilatéralement multiplié voire triplé les contrôles dans un espace réduit, ne permettant pas une brèche aux taximens qui ne savent plus vers qui se tourner. Ainsi, il a décidé de durcir le ton en entrant en grève. De ce fait, il a initié une tournée sur le terrain dans le but d’interpeller davantage les transporteurs de Port-Gentil, à ne pas travailler pour que cesse cette injustice tant décriée.

Un grève pour faire bouger les choses

« Si ça doit s’arrêter, tout doit être sanctionné sur un procès-verbal signé de toutes les parties dont les forces de l’ordre. À ce niveau, c’est le gouverneur qui bloque les choses. Il avait dit nous convier avec les autorités des forces de l’ordre. Les contrôles sont partout dans la ville. Donc la FEGASTA rentre à grève à partir de ce 11 mars. Ce qui veut dire qu’aucun taxi ne va circuler, c’est une grève illimitée. Trop c’est trop, nous ne volons pas des sommes d’argent. Tant que y a pas dialogue, nous serions en grève », a-t-il déclaré.

L’autre problème dans ce combat que mènent les transporteurs en commun, c’est celui de l’examen médical. Il se murmure dans la ville du sable, que pour la délivrance de leur certificat médical, ils seraient contraints de se rendre chez un seul médecin situé au centre de transfusion ambulatoire de N’tchéngué. Au pire, leur document médical n’aurait aucune valeur. Une histoire sombre quand on sait le nombre de médecins qui exercent dans la cité pétrolière capable d’authentifier un tel papier administratif. Un véritable business qui sévit dans la capitale économique depuis des années en connivence avec les autorités de la province.

De nombreuses magouilles

Selon une étude, près de 70% des taximens souffraient d’hypertension artérielle sévère due au stress quotidien. Un phénomène qui oblige certains à garer leurs véhicules entre 12 heures à 15 heures, le temps pour les gendarmes de déguerpir. Ce qui cause un véritable manque à gagner pour les propriétaires de ces véhicules ainsi que les conducteurs. « Nous n’arrivons plus à faire le chiffre d’affaires. Si on calcule bien ce qu’ils nous prennent, ça peut atteindre les 7 millions par jours. Nous on mange quoi à la maison ? Chaque jour ce sont eux qui prennent la tontine, nous on prend ça quand. Ça doit finir », souhaite Victor Moule.

Pendant que les places des usagers ont été considérablement réduites, les taxes dans leur totalité, augmentent de manière vertigineuse. C’est le cas par exemple de la patente qui a été fixée à 200 000 voire 350.000 FCFA l’année. Les contreventions passent de 500-3000 à 24000 FCFA, et bien d’autres encore. Par ailleurs, pour clore les débats, l’autorité provinciale avait dans son allocution circonstancielle, pris l’engagement de convoquer dans les plus brefs délais, les autorités provinciales de la gendarmerie et de police, afin de trouver des solutions idoines visant à assainir le climat des affaires dans le secteur des transports.

Visiblement, les choses semblent ne pas avancer car, les contrôles se poursuivent et l’impunité prend de l’ampleur chaque jour qui passe. Tout compte fait, la grève est lancée ce 11 mars. Néanmoins, le service minimum sera observé conformément à la loi.

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