Désert médical

Le Haut-Ogooué n’a qu’une seule pédiatre pour prendre soin des enfants de toute une province !

Le Haut-Ogooué n’a qu’une seule pédiatre pour prendre soin des enfants de toute une province !
Le Haut-Ogooué n’a qu’une seule pédiatre pour prendre soin des enfants de toute une province ! © 2022 D.R./Info241

Dur dur de vivre dans le Haut-Ogooué, la 2e province la plus peuplée du Gabon selon les chiffres officiels. Et pour cause, la province dite « présidentielle », bastion politique de la famille Bongo et du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir depuis 1968) est aussi un désert médical pour la prise en charge des enfants et des nourrissons. En effet, la province ne compte qu’un seul médecin pédiatre pour une population évaluée à plus d’un quart de million il y a près de 10 ans.

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Avec une population estimée à 250 799 habitants en 2013, le Haut-Ogooué est l’illustration parfaite de la mauvaise prise en charge des enfants dans notre pays. La province ne dispose que d’une pédiatre pour les nombreux enfants et leurs parents qui doivent en plus, tout faire pour rallier le chef-lieu de Franceville mais aussi des provinces avoisinantes pour devoir la rencontrer. Celle-ci n’exerçant qu’au Centre hospitalier régional Amissa Bongo (CHRAB).

La devanture de ce centre médical régional

Pour nos confrères de l’AGP qui on rencontré la spécialiste Dr Evelyne Avoume Ella Missang, c’est un véritable calvaire pour les populations locales. La pédiatre reçoit en moyenne 50 enfants par jour et les parents doivent souvent partir des 11 départements environnant pour espérer la rencontrer. Une hérésie pour des autorités gabonaises qui prônent une politique nataliste et donc une meilleure prise en charge des enfants nés dans le pays.

Un père en consultation pour sa fille

"Ici, au niveau du Centre hospitalier régional Amissa Bongo, il y a 3 gynécologues, 3 chirurgiens, 3 réanimateurs, plusieurs généralistes. Mais il n’y a qu’un seul pédiatre. Ce qui rend la tâche de travail vraiment énorme", s’alarme la pédiatre. Et le Dr Evelyne Avoume d’alerter : "Si cette situation demeure comme telle, que deviendra la province, si jamais, je m’en vais. Car, je suis ici, en rapprochement d’époux. A n’importe quel moment mon époux peut être appelé à servir l’Etat hors de la province, et moi je partirai avec lui. Que deviendra le service pédiatrie dans le Haut-Ogooué ? ».

Une manifestation à Franceville en 2017, après le décès d’une étudiante des suites d’un accouchement au CHRAB

Une réponse à laquelle seules les autorités pourront répondre le moment venu. En attendant, les Altogovéens n’ont pas le choix que de ronger leur frein et d’espérer voir passer dans les recoins de leur lieu d’habitation une prochaine caravane médicale, utilisée dans le pays par des acteurs politiques pour palier aux nombreux manquements d’effectifs et des plateaux techniques des hôpitaux publics.

"En général, nous savons à quelle heure nous venons à l’hôpital, mais nous ne savons pas à quelle heure nous partons », déplore Dr Evelyne Avoume dont les journées commencent à 7h du matin et peuvent de poursuivre au-delà de 17h. Le service pédiatrique de cette structure sanitaire publique étant lui bondé d’enfants et de leur mère dès 06h00 pour espérer rencontrer la spécialiste.

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