Charlie Hebdo : le Club 90 dénonce la participation d’Ali Bongo à la marche de Paris

Charlie Hebdo : le Club 90 dénonce la participation d’Ali Bongo à la marche de Paris
Charlie Hebdo : le Club 90 dénonce la participation d’Ali Bongo à la marche de Paris © 2015 D.R./Info241

Le Club 90, né le 13 décembre 2014, à Libreville mené par Noël Bertrand Boundzanga et une majorité citoyenne en réponse au contexte socio-politique au Gabon marqué par la crise de l’autorité publique, la crise sociale, la crise de la démocratie ayant favorisé un délitement de la situation des droits de l’Homme et de l’État de droit. C’est une action de la société civile gabonaise qui s’oppose à la participation du dictateur Ali Bongo à la marche citoyenne de Paris en hommage à Charlie Hebdo.

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La présence d’Ali Bongo à la marche de Charlie Hebdo est une insulte à la Nation Gabonaise et à la dignité humaine

Suite à la mort du compatriote Bruno Mboulou Beka, le 20 décembre 2014, assassiné par les ennemis de notre Nation et dont l’histoire est désormais brouillée de toute part, le Club 90 tient à affirmer son entier soutien à la famille éplorée et à tous les camarades qui ont ainsi perdu un vaillant résistant de la liberté d’opinions et d’expression d’une alternance démocratique.

Dans le communiqué de presse parvenu à notre rédaction, le Club 90 s’indigne qu’au Gabon on puisse encore mourir parce qu’on participe à une manifestation publique non armée et que, par ailleurs, des rassemblements publics garantis par la Loi fondamentale fassent l’objet d’interdictions idéologiques dont le but est d’intimider et de semer la peur dans les rangs des populations. Les libertés d’expression et de la presse sont bafouées dans notre pays.

Le Club 90 s’étonne également, de l’usage des armes par les forces armées gabonaises lors de cette marche du 20 décembre ; leur réponse semblait disproportionnée face à des populations non armées au constat qu’il y avait l’armée, la police, la gendarmerie et des gens cagoulés. En conséquence de quoi, le Ministère de l’Intérieur ne peut rejeter la responsabilité de ce crime et des arrestations arbitraires du peuple gabonais sur les organisateurs du meeting, vu que ceux-ci n’avaient reçu aucune note écrite interdisant une marche qui leur avait été accordée.

Nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes, relève Noël Bertrand Boundzanga. En agissant ainsi, explique-t-il le ministère de l’Intérieur, au lieu d’assurer la sécurité des biens et des personnes lors de cette manifestation, était dans une logique répressive qui laisse la communauté nationale et internationale dubitative quant à la disposition du Régime actuel à respecter l’Etat de droit et les droits de l’Homme.
C’est pour cette raison que le Club 90 interpelle le Ministre en charge des Droits humains dont le silence à ce jour est insupportable, afin qu’il donne son appréciation, en regard des règles en matière de droits de l’Homme.

L’attitude du ministère de l’Intérieur laisse perplexe quant à la suite des événements en matière de meeting et de marches de l’opposition. Puisqu’il permet régulièrement les marches et les meetings des partis de la Majorité présidentielle, va-t-il continuer à afficher cette justice à deux vitesses en interdisant aux opposants le droit de manifester publiquement ? s’interroge le chantre d’une Majorité citoyenne pour la fin de la dynastie Bongo au pouvoir depuis 47 ans.

En outre, le Club 90 s’est par ailleurs indigné de la présence du chef de l’Etat à Paris où est organisée une marche républicaine pour défendre la liberté contre les attaques terroristes du journal français Charlie Hebdo qui a fait 8 morts le 07 janvier 2015. Alors que notre compatriote Mboulou Beka est encore dans une morgue au Gabon et que sa mémoire est déjà torpillée, les membres du Club 90 s’étonnent de voir le Chef de l’Etat, au lendemain de l’assassinat de ce dernier, faisant des emplettes dans les galeries de Mbolo au mépris de la pudeur qui devait le caractériser dans cette période.

Manifestement, les morts français l’émeuvent plus que les morts gabonais qui se battent pour l’instauration d’un Etat de droit dans un pays où il est président. Le Club 90 soutient les familles endeuillées et condamne ces attaques. Toutefois, il convient de rappeler au Chef de l’Etat gabonais et à la communauté nationale que les attaques en France ont été perpétrées par des Français contre des Français, fussent-ils musulmans. Ce n’est pas une attaque extérieure comme ce fut le cas aux Etats-Unis en 2001. Avant de pleurer les morts français, le bon sens voudrait que nous pleurions d’abord nos morts.

Quant au discours de vœux de nouvel an du chef de l’Etat à la nation, le 31 décembre 2014, le Club 90 marque son étonnement face à l’étalement des performances économiques du Gabon et la réalité socio-économique de notre pays. En effet, le chef de l’Etat a dit sa satisfaction sur la progression du taux de croissance qui est en moyenne de 6% depuis 2009, des réformes engagées et de la diversification de notre économie grâce, en outre, à la diversification des partenaires économiques.

Le Club 90 regrette que les Gabonais ne puissent pas en dire autant, constatant un contraste entre les performances économiques à la lumière de quelques indicateurs et la réalité économique des Gabonais ainsi que des entreprises. Cette Majorité citoyenne observe que le risque pays a augmenté à cause de l’instabilité politique au Gabon liée à la contestation récurrente de la légalité et de la légitimité du chef de l’Etat par l’Opposition et que le climat délétère qui sévit au Gabon n’est pas propre à faciliter l’augmentation des investissements étrangers. D’où soit la fuite des capitaux, soit la stagnation de l’économie.

Cette situation explique le président du Club 90 est précisément à l’origine d’un taux de chômage élevé alors que les étudiants diplômés s’entassent de plus en plus sur le marché du travail sans trouver des employeurs. Et le prix du baril de pétrole désormais sous la barre de 50 dollars US va déséquilibrer et compromettre les projections budgétaires et obliger à une loi des finances rectificatives pour l’exercice budgétaire 2015.

Ce qui laisse sceptique sur la capacité de l’Exécutif à tenir ses promesses, d’autant plus que depuis deux ans, des coupures budgétaires ont été tel que parfois certaines administrations publiques n’ont pas pu fonctionner. Le social ne sera-t-il pas sacrifié alors que ce pan fut une priorité dès 2010 ?Le Club 90 constate que les tensions sociales ne permettent pas non plus de ramener la sérénité dans les administrations publiques et les opérateurs économiques. Malgré les assises sociales qui se sont tenues en 2014 et qui ont cartographié la pauvreté dans notre pays, et en dépit de la Commission mise en place en novembre à la demande du Chef de l’Etat, les grèves continuent dans le secteur public comme dans le secteur privé, notamment dans le secteur pétrolier, premier pourvoyeur du budget de l’Etat malgré la prétendue diversité de notre économie.

Quant à la situation politique du pays, le Club 90 observe que les tensions sont persistantes et que le Chef de l’Etat a passé sous silence cette question. Il ne suffit pas d’annoncer des « mesurettes » pour permettre à une certaine Opposition de reprendre son droit de cité et « d’instruire le parlement », au plus grand mépris de la séparation des pouvoirs, pour que le pays retrouve l’accalmie et que le chef de l’Etat retrouve la sérénité. Le Club 90 rappelle qu’en démocratie, on ne gouverne pas sans la confiance du peuple.

En ne réagissant pas à l’accusation qui lui est faite d’utiliser une pièce d’état civile frauduleuse et en rejetant le souhait d’une grande partie de l’Opposition et de la société civile d’organiser un dialogue sociopolitique qui conduirait à une Conférence nationale souveraine, le Chef de l’Etat ne s’est pas montré à la hauteur de sa fonction présidentielle.

Au nom du droit de savoir qui s’exprime par de nombreux gabonais, il aurait été judicieux, pas seulement élégant, qu’il prit le parti de clarifier cette situation. Le Club 90 rappelle que le Gabon doit être un pays de droit. Mais que les règles sont applicables par tout le monde ; nul citoyen, fut-il président de la République, ne saurait s’en exempter. Le Gabon est un pays de paix, mais il ne faut pas confondre tranquillité civile et la quiétude servile. Le peuple est et restera attentif à l’action de l’Exécutif.

Rappelons à toutes fins utiles que le Club 90 est une association qui milite pour une alternance démocratique au Gabon. C’est une majorité citoyenne, créée le 13 décembre 2014 à l’initiative de Noël Bertrand Boundzanga. Il réunit des citoyens gabonais, des hommes et des femmes, des travailleurs et des chômeurs, et des Gabonais de la diaspora. Il travaille à l’instauration d’un réel Etat de droit au Gabon et pour la défense des droits de l’Homme et du Citoyen.

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