Respect de la Constitution

Vice-présidence du Gabon, une obligation constitutionnelle bafouée par Ali Bongo depuis 14 mois !

Vice-présidence du Gabon, une obligation constitutionnelle bafouée par Ali Bongo depuis 14 mois !
Vice-présidence du Gabon, une obligation constitutionnelle bafouée par Ali Bongo depuis 14 mois ! © 2020 D.R./Info241

Cela fait 448 jours que le Gabon n’a plus de vice-président soit l’équivalent d’une année entière, deux mois et 21 jours ! Un poste resté vacant depuis l’éviction de son locataire Pierre-Claver Maganga Moussavou le 21 mai 2019. Depuis, c’est le silence de cathédrale du côté du palais présidentiel. Problème de casting ou volonté manifeste de fouler au pied la Constitution ?

Quand on se souvient qu’Ali Bongo n’avait pas de vice-président durant son premier septennat, cette fonction ne serait-il qu’un gadget constitutionnel que le pouvoir use au gré de ses humeurs et de ses difficultés politiques ? Or, cette fonction est bien d’une obligation constitutionnelle, encadrée par l’article 14a.

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Ali Bongo respecte t-il la Constitution qu’il a juré de protéger et de faire observer ? La cour constitutionnelle dirigée par Marie-Madeleine Mborantsuo veille-t-elle à l’application de la Constitution et à la bonne régulation des institutions ? Autant de questions que l’on est en droit de se poser devant le manque d’entrain de l’exécutif devant ses obligations constitutionnelles. Pourquoi avoir inscrit dans la Constitution encore en janvier 2018 que « Le Président de la République est assisté d’un Vice-président de la République » (article 14a) pour ne pas l’appliquer ensuite ?

Pierre-Claver Maganga Moussavou, l’unique et dernier vice-président choisi par Ali Bongo

Il faut dire que durant son premier septennat de 2009 à 2016, aucun acteur politique n’avait trouvé grâce aux yeux d’Ali Bongo pour le seconder en qualité de vice-président. Bien que la fonction n’est plutôt qu’un strapontin offert à un « opposant convivial » ou « opposant modéré » pour saluer son ralliement au régime, cette fonction est bien une obligation constitutionnelle que le pouvoir se doit de pourvoir. A moins de considérer que nos textes pourtant écrits noir sur blanc dans notre loi fondamentale ne sont que des écrits cosmétiques décoratifs que l’on applique à la carte, au bon gré de la présidence gabonaise.

C’est vrai que dernièrement, Ali Bongo avait préféré nommer en décembre dernier son fils, Nouredin Valentin, en qualité de coordinateur des Affaires présidentielles, une fonction quasi-similaire à celui de vice-président « chargé d’assister le président ». Ceci expliquerait-il le peu d’entrain des autorités à respecter la Constitution ? Que fait donc la Cour constitutionnelle sensée veiller à son application ? Quid de l’action parlementaire censée elle aussi veiller sur la bonne vitalité de nos institutions. En attendant, voilà 448 jours que ça dure sans que cet imbroglio constitutionnel n’émeuve personne !


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