Emprunt bancaire

La BAD prête 200 millions d’euros à Ali Bongo pour la diversification économique du Gabon

La BAD prête 200 millions d’euros à Ali Bongo pour la diversification économique du Gabon
La BAD prête 200 millions d’euros à Ali Bongo pour la diversification économique du Gabon © 2017 D.R./Info241

Après son élection controversée à la présidence gabonaise, toujours contestée par Jean Ping et par une coalition de l’opposition gabonaise, Ali Bongo Ondimba n’en finit plus avec les emprunts colossaux, malgré le surendettement que le pays subit depuis 2009. En effet, la Banque africaine de développement (BAD) a, dans un communiqué publié le 11 janvier 2017, affirmé avoir accordé au Gabon un prêt de 200 millions d’euros, soit 130 milliards de FCFA destiné une fois de plus à aider le Gabon à faire face à la baisse des prix du pétrole et à promouvoir la diversification de son économie.

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Ce prêt est le premier de deux programmes d’appui budgétaire général couvrant la période 2016-2017, pour un financement total indicatif de 500 millions d’euros. Il vise à soutenir le Programme d’appui aux réformes économiques et financières (PAREF) dont l’objectif est de relancer la croissance économique, en renforçant la viabilité des finances publiques et la transformation structurelle de l’économie dans un contexte marqué par la récente baisse des prix du pétrole, qui a fortement affecté l’économie du pays.

« Il s’agit, dans le cadre des discussions avec la Communauté économique et monétaire des Etats d’Afrique centrale (CEMAC), d’une réponse à l’effondrement des prix du pétrole, qui a eu un impact négatif sur l’économie du Gabon, et cette opération va contribuer à soutenir le pays, de manière substantielle, en collaboration avec d’autres partenaires au développement, » a souligné le président de la Banque, Akinwumi Ayodeji Adesina.

Selon le palais présidentiel, le Gabon a connu une forte croissance économique au cours de la première phase de mise en œuvre du nouveau Plan stratégique du Gabon émergent (PSGE), avec un taux estimé en moyenne à 6% (2010-2014), grâce notamment aux investissements publics dans les infrastructures. Pour quels résultats et incidences concrets sur les projets de développement et sur le quotidien des citoyens gabonais ? Toujours en attente malgré cette santé économique exceptionnelle tant vantée par Ali Bongo Ondimba et ses sbires du gouvernement contesté.

Une gestion et une gouvernance de surendettement made in Ali Bongo Ondimba

Il faut souligner que la chute des recettes pétrolières décrétée en fin 2014 a cependant entraîné un ralentissement, avec une croissance du PIB réel de 4% en 2015 contre 5% en 2014. Au Gabon, les hydrocarbures représentent environ 40% du PIB, 45% des recettes publiques et près de 85% des exportations. Or, de manière plus précise entre 2009 et 2016 le Gabon a emprunté 2 250 milliards FCFA (contre 1 279 milliards FCFA sur la période 2002 – 2009). Les pics d’endettements sont observés en 2013 (509 milliards FCFA d’emprunts), en 2010 (377 milliards FCFA) et en 2014 (320 milliards FCFA).

Confronté à une dette publique qui représente 42% de son PIB en 2016 selon la COFACE, 50.1% selon le FMI, le Gabon devrait donc chercher des solutions susceptibles d’alléger le poids de la dette sur son économie. Alors que le contexte économique marqué par un recul des recettes budgétaires commande plutôt une réduction urgente du train de vie l’Etat, les autorités semblent avoir fait le choix du rééchelonnement de la dette.

Selon l’analyste économique Mays Mouissi : ’’ La charge de la dette du Gabon devient difficilement supportable pour les finances publiques du pays. En augmentation de 144% à 3 334 milliards FCFA selon les projections de la COFACE (ou de 190% à 3 969 milliards FCFA selon les projections du FMI), le remboursement de la dette et des charges financières inhérentes absorbe désormais une part importante des ressources publiques.’’

Ce a-t-il ajouté malgré le rappel à l’ordre ’’ de nombreuses personnalités et analystes qui ont alerté depuis des mois sur le mode de gestion des ressources publiques au Gabon, peu conforme aux règles de l’orthodoxie, ils ont depuis été rejoints par des personnalités issues du régime’’. D’ailleurs, dans leurs dernières publications, le FMI et l’agence de notation Standard & Poor’s s’inquiètèrent de l’accroissement de la dette du Gabon qui dépasse désormais le plafond de 35% du PIB que le pays s’était imposé dans sa stratégie d’endettement.

L’analyse de l’évolution de la dette gabonaise telle qu’inscrite dans les lois de finances successives entre 2002 et 2016 permet de constater le retour aux emprunts massifs sur la période 2009 – 2016 alors que pendant les 4 années qui la précèdent, le total des emprunts fut contenu en dessous de 160 milliards FCFA. Sans compter tous les emprunts compulsifs entamés par Ali Bongo Ondimba depuis sa réélection décriée à la présidence gabonaise, après une élection dont le Parlement européen a pointé des ’’anomalies évidentes’’ qui ’’entachent la crédibilité des résultats’’ du scrutin du 27 août 2016.

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