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Coup d’Etat du 7 janvier : 4 des 6 auteurs présumés aux mains de la justice gabonaise

Coup d’Etat du 7 janvier : 4 des 6 auteurs présumés aux mains de la justice gabonaise
De gauche à droite, l’adjudant Estimé Bidima Manongo, le lieutenant Kelly Ondo Obiang, le sergent-chef Abel Ralem Ango, l’adjudant Wilfried Dimitri Nze Minkom © 2019 D.R./Info241

On en sait désormais un peu plus sur le coup d’Etat avorté du 7 janvier. Le procureur de la République près du tribunal de première instance de Libreville, Olivier N’zaou, a livré mercredi soir les premiers éléments son enquête. Contrairement aux informations données jusque-là par gouvernement gabonais, le nombre de personnes impliquées est passé de 10 à 6 dont deux abattus lors de l’assaut de la gendarmerie nationale. De ce commando, ils ne sont plus que 4 à demeurer en vie.

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Olivier N’zaou a livré hier soir la version officielle de l’enquête sur le coup d’Etat manqué de lundi. Le commando annoncé comme étant composé d’une dizaine de militaires, le procureur de la république a réduit ce nombre de quasi-moitié. Les hommes du lieutenant Kelly Ondo Obiang (26 ans, originaire de Mitzic) n’étaient finalement qu’au nombre de six à tenter de prendre le contrôle du pays en l’absence d’Ali Bongo.

Quatre militaires au départ

Il s’agit en plus du président du Mouvement patriotique des jeunes des forces de défense et de sécurité du Gabon (MPJFDS), de l’adjudant Estimé Bidima Manongo (39 ans, originaire de Koulamoutou), du sergent-chef major Dimitri Wilfried Nze Minkom (40 ans, originaire de Bakoumba) et du sergent-chef Abel Ralem Ango (32 ans, originaire de Libreville). Ces 4 hommes constitueraient le cerveau de base de l’opération manquée.

Ces 4 agents tous en service à la compagnie d’honneur de la garde républicaine, l’unité d’élite de l’armée gabonaise, ont fait irruption lundi aux alentours de 3h dans les locaux de la radio et de la télévision publiques. C’est armés et munis de munitions de guerre, qu’ils auraient mis en joug les quatre gendarmes de faction qui gardaient l’édifice public.

L’assaut meurtrier de la gendarmerie nationale

Selon le procureur N’zaou, « ils ont convaincu l’un des gendarmes, notamment l’adjudant Simon-Pierre Ekong, en service à l’escadron de la gendarmerie nationale de se joindre à eux, à l’effet d’utiliser la radio et la télévision nationale pour informer l’opinion de ce qu’ils se sont emparés du pouvoir au Gabon. Non sans inviter toutes les forces vives et les populations à se rallier à leur cause ».

Et de préciser concernant l’assaut du GIGN envoyé pour débusquer les insurgés que « malgré plusieurs adresses à eux, faites en vue de leur reddition pacifique, ces cinq individus auxquels s’est spontanément joint le sergent-chef Abel Ralem Ango, né le 26 novembre 1986 ù Libreville, en service à la 2e compagnie de la GR, pourtant en repos maladie, ont jugé nécessaire de répondre par la voie des armes en tirant sur les agents des forces de défense et de sécurité ».

Les corps sans vie des assaillants abattus par la gendarmerie

C’est au cours de cette confrontation entre les 6 militaires et le GIGN que sont morts le sergent Alex Philippe Nze Cekirge Kirkor et l’adjudant Simon-Pierre Ekong. C’est à l’issue de cet assaut meurtrier que les quatre assaillants restant en vie auront été appréhendés. Les forces de polices retrouveront ensuite sur les lieux, « une importante quantité d’armes et de munitions de guerre », a laissé entendre le procureur N’zaou.

Ils voulaient un « conseil national de la restauration »

Rappelons que lundi, les insurgés avaient appelé à la mise en place d’un « conseil national de la restauration » au terme de l’opération qu’ils avaient baptisé « opération dignité » déplorant « l’instrumentalisation » et la « chosification » d’Ali Bongo malade lors de son discours à la nation du 31 décembre dernier. Le lieutenant Kelly Ondo Obiang estimant qu’Ali Bongo n’était plus en capacité d’exercer ses fonctions car très atteint par les séquelles de son AVC.

Le procureur de la république a rappelé que le commando du MPJFDS étaient poursuivis pour des « faits constitutifs d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État et de destruction de biens publics mobiliers et immobiliers ». Des « infractions prévues et punies par les dispositions des articles 68, 332 et 335 du Code pénal », a-t-il conclu.

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