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De propriétaires à sans-abri : le cri de désespoir des déguerpis de Libreville, abandonnés par l’État gabonais

De propriétaires à sans-abri : le cri de désespoir des déguerpis de Libreville, abandonnés par l’État gabonais
De propriétaires à sans-abri : le cri de désespoir des déguerpis de Libreville, abandonnés par l’État gabonais © 2026 D.R./Info241

De propriétaires à sans-abri. C’est la dure réalité que vivent depuis 10 mois à Libreville, les populations déguerpies des zones situées autour des ambassades de Chine, du Liban et de Russie, ainsi que du carrefour Mackjoss et du quartier derrière Mbolo, sombrent dans une précarité extrême. Près d’un an après les vastes opérations de démolition menées entre mai et juillet 2025, le désespoir laisse place à la colère pour ces nombreuses familles qui dénoncent l’inaction cruelle des pouvoirs publics.

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Un quotidien déshumanisant et la perte d’une vie de labeur

Le choc du déclassement social est d’une violence inouïe pour ces anciens propriétaires. « Nous vivons dans des conditions très difficiles, inhumaines et humiliantes », s’indigne Koumba Moussavou Arnauld, représentant du Collectif des familles non relogées, contacté par Info241 ce samedi 18 avril. « Lorsque nous avions nos maisons, certains d’entre nous vivaient même des loyers. Aujourd’hui, nous avons tout perdu. »

L’élan de solidarité de bienfaiteurs

Comme de nombreux autres sinistrés, le porte-parole du collectif affirme avoir vu s’envoler sous les pelleteuses non seulement le toit de sa famille, mais également ses précieux outils de travail. Une tragédie qui le contraint à repartir de zéro. Faute de solutions de relogement viables, certains survivent grâce à la générosité de leurs proches, tandis que d’autres s’entassent dans des abris de fortune, rongés par un stress permanent.

Mépris institutionnel et graves soupçons de favoritisme

Face à cette urgence sociale, les cris de détresse semblent se heurter à un mur de silence au sommet de l’État. « Il y a trois mois, nous avons déposé des courriers auprès de différentes administrations. Il y a trois semaines, nous avons été reçus par des collaborateurs du vice-président de la République et du gouvernement, mais aucune suite concrète n’a été donnée », déplore le représentant du collectif.

Quelques populations rencontrées sur place

Plus grave encore, les sinistrés pointent du doigt des irrégularités troublantes dans la gestion de ce dossier sensible. Sur les 1 300 familles jetées à la rue, seules 200 auraient bénéficié d’un nouveau toit lors de la première phase d’août 2025. Alors qu’une seconde vague de relogement avait été officiellement annoncée pour le mois de février dernier, le processus est au point mort, entaché de soupçons d’injustice. « Certains responsables auraient procédé à des arrangements dans la distribution des maisons. Des critères politiques auraient même influencé l’accès aux logements », dénonce Koumba Moussavou Arnauld.

L’ultime recours : la rue et l’opinion publique

Dos au mur et excédé par ce qu’il qualifie de mépris administratif, le Collectif des familles non relogées prépare activement une sortie médiatique d’envergure. L’objectif est clair : alerter l’opinion publique et contraindre les autorités à faire face à leurs responsabilités.

Une solidarité qui ne fléchit pas

Presque un an après avoir vu le fruit de toute une vie réduit en gravats, l’attente d’une solution durable se prolonge pour ces laissés-pour-compte de la capitale, bien souvent condamnés à dormir à la belle étoile sous le regard indifférent des décideurs.

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