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Décision présidentielle

Coronavirus : Pourquoi le couvre-feu d’Ali Bongo est assuré d’être inefficace au Gabon ?

Coronavirus : Pourquoi le couvre-feu d’Ali Bongo est assuré d’être inefficace au Gabon ?
Coronavirus : Pourquoi le couvre-feu d’Ali Bongo est assuré d’être inefficace au Gabon ? © 2020 D.R./Info241

Ali Bongo a annoncé hier soir un couvre-feu à compter de ce dimanche 19h30. Une décision qui a surpris notre collaborateur Jean-Leger Mickala, chercheur en sciences sociales, qui critique ouvertement la décision présidentielle avant d’esquisser des pistes de solutions réellement efficaces pour lutter contre la propagation du coronavirus au Gabon. Lecture.

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Ali Bongo a annoncé ce samedi dans une allocution, un couvre-feu de 19h30 à 6h00. Si cette décision ne repose sur aucune donnée empirique sur la pandémie, elle a tout de même le chic de montrer le niveau d’impréparation de notre pays à faire face à la maladie, contrairement au discours ambiant des autorités qui ne cessent d’appeler au calme. Nous sommes en crise, une crise sanitaire mondiale dont personne dans le pays n’a été confronté par le passé.

Un retard à l’allumage

Plutôt que d’interdire les vols en provenance de pays européens après la survenue d’un premier cas de coronavirus dans le pays le 12 mars, les autorités du Gabon ont préféré laisser les choses en l’état. Et ce, malgré les cas qui ont suivi. Alors que les Gabonais sont peu enclins à observer les règles de distanciation sociale d’un mètre dans les transports, dans les commerces, les marchés et autres lieux publics, Ali Bongo et ses conseillers croient savoir que c’est entre 19h30 et 6h00 du matin que les Gabonais courent le plus de risque de contamination.

Ali Bongo annonçant hier soir sa décision à la télévision

Avec les bars fermés par décision gouvernementale le 13 mars dernier, on se demande bien comment durant la période choisie, le coronavirus se propagerait encore surtout avec les motels et autres lieux de plaisance fermés. Rappelons que le virus se propage lors des interactions humaines et non après le coucher du soleil. Ce qui signifie que les populations courent des risques évidents dans la journée, dans leurs interactions quotidiennes qui sont peu ou pas régulées. Si couvre-feu il devrait y avoir, il aurait dû être décrété au moment où il y a plus d’interactivité humaine et non durant la nuit comme s’est empressé de décréter le président.

Déni de la pandémie et de l’urgence sanitaire

Si les autorités voulaient réellement agir contre le coronavirus au Gabon, elles auraient dû plutôt agir sur la promotion de l’application des gestes barrières à observer, en les rendant plus socialement accessibles à tous. A commencer par les habitants de la capitale, sujets malgré eux, aux interactions internationales des personnes venues d’Europe et de zones à risque. Cela passe par rendre accessible l’eau dans nos quartiers par la société d’énergie et d’au (SEEG), les gels hydroalcooliques et interdire les transports de masse dans les taxis-bus et autocars.

Comment sont transportés au quotidien les Gabonais

Pourquoi jusque-là, pour contribuer à l’effort national de riposte, les autorités n’ont pas annoncé la gratuité de l’eau potable dans le pays pour une période de confinement qui ne pourrait pas excéder un mois ? Pourquoi le gouvernement ne met-il pas la main à la poche pour soutenir notre économie qui pourrait être affectée par ses mesures qu’il prend pour le bien de tous ? Là encore, les autorités comme les populations, continuent de manifester leur déni de pandémie et l’urgence de prendre des mesures fortes et courageuses à temps.

Des solutions urgentes à mettre en place

Pour finir, ce qu’il faudrait pour freiner la propagation du coronavirus au Gabon, c’est de rendre accessible l’accès à l’eau potable dans tous les foyers en décrétant l’eau de la SEEG gratuite pour inciter d’avantage les populations à se laver régulièrement les mains ou du moins suspendre leur facturation aux usagers. Trouver un moyen de distribution à tous de gels hydro-alcooliques le cas échéant. Proclamer un confinement d’une période d’un mois maximum pour freiner les contacts, comme plusieurs pays touchés l’ont fait avant nous.

L’eau potable manque dans nos villes

Assurer une présence policière pour faire respecter le confinement des populations durant cette période qui ne devra pas excéder un mois. Allouer un fonds spécial pour contrer les possibles effets des mesures gouvernementales sur la vie des populations et sur le tissu économique impactés. Ces pistes de solutions qui ne sont pas exhaustives, mais dévoilerait l’ambition de réellement faire-face à une pandémie qui est à nos portes et qui pourrait bien faire nombre de victimes.

De mesures urgentes s’imposent et non des mesurettes télévisées qui n’auront elles, aucune effectivité sur le risque encouru. Surtout lorsque que l’on sait que nos structures sanitaires ne pourraient faire face à un afflux massifs de malades ou de personnes qu’il faudrait mettre en quartorzaine pour observer le développement possibles de symptômes du Covid-19 ou des cas de patients réellement alités en réanimation. Rappelons-nous du nombre de victimes humaines que la pandémie a déjà décimé dans des pays ayant des structures sanitaires dignes de ce nom.


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