Règlement de compte

Bagarre entre soldats d’Ali Bongo : quand Karine Arissani « agresse » ses ex lieutenants !

Bagarre entre soldats d’Ali Bongo : quand Karine Arissani « agresse » ses ex lieutenants !
La patronne des Soldats têtus (gauche) et Brunelle Boukandou Eyi, l’une des victimes de son courroux d’hier © 2020 D.R./Info241

Rien ne va plus entre les « soldats têtus » d’Ali Bongo, las de n’être plus promus dans son administration. L’ambiance est devenue si délétère que la fondatrice de ce mouvement de soutien à Ali Bongo, Karine Arissani, a dû planifier hier une expédition punitive pour régler ses comptes avec une de ses anciens compagnons d’adoration du régime au pouvoir. Une vidéo devenue virale hier, montre l’ancienne haut cadre en pleine bagarre à avec une de ses soldats qui aurait retourné sa veste pour désormais la « détruire ». Comme une odeur de guerre des clans au sein de la majorité présidentielle.

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Soldats têtus, amis de beaux jours

Le dernier remaniement opéré vendredi n’a pas fait que des heureux au sein de la galaxie présidentielle. Au contraire, il a accentué les tensions déjà bien vivaces entre les soutiens d’Ali Bongo, las pour certains, de ne plus bénéficier de ses largesses au sein de l’appareil d’Etat. En témoigne, la bagarre intervenue hier après-midi au quartier Sotega de Libreville, entre ses « soldats ». Karine Arissani aurait organisé une expédition punitive contre ses détracteurs qu’elle accuse d’être payés par d’autres membres du régime pour la « détruire ».

Le film de « l’agression » de Karine Arissani, filmé en direct sur Facebook

Guerre des clans, guerre intestine

Dans sa version de cette bagarre inédite pour les beaux yeux d’Ali Bongo, Karine Cécilia Arissani indique avoir payé de sa personne pour nourrir ses « soldats têtus ». L’ancienne patronne de l’Autorité de régulation des transports ferroviaires (ARTF) dit avoir durant trois ans divisé son salaire de directrice générale pour le partager avec ses Soldats têtus. Un sacrifice que ces derniers ne lui rendraient plus au point de devenir ses virulents détracteurs de la galaxie présidentielle.

Des complices devenues sœurs ennemies

« Lorsque j’ai commencé ma politique pour soutenir le chef de l’Etat en 2009 et en 2016, ce n’est pas quelqu’un qui m’a poussé à le faire. J’ai adhéré toute seule, comme j’ai adhéré au Parti démocratique gabonais (..). Mais à un moment, faut pas croire que l’autre n’a pas de cœur, ou l’autre c’est une chienne », explique-t-elle crûment. « J’ai été nommée en septembre 2017 et trois mois après, j’ai créé les Soldats têtus. C’est pas les Soldats têtus qui ont fait Karine, c’est Karine qui a créé les Soldats têtus », s’est-elle justifiée.

Avant d’annoncer : « Pendant trois ans, mon salaire de directeur était divisé par deux pour entretenir les Soldats têtus : loyers, voyages, maisons, locations de voiture, occuper des enfants ainsi de suite. Je dis bien pendant trois ans. Je ne sais pas s’il y a un leader qui a fait ce que j’ai fait. Pendant trois ans, mon salaire était divisé par deux pour m’occuper des Soldats têtus. A l’époque, ils étaient douze ». D’où son agacement de les voir aujourd’hui, depuis son éviction de l’ARTF, se retourner contre elle.

La version des faits de Karine Arissani

« Quand vous êtes dans un groupe, quand ça ne marche plus, chacun se sépare. Chacun va de son côté. Mais vous ne pouvez pas vous séparer avec la personne qui pour certains, elle vous a trouvé du travail... dans les deuils, les joies et les peines.... et aller la vilipender tout le temps. Depuis le 26 février, je vis ça », a-t-elle martelé pour expliquer sa sortie punitive contre Brunelle Boukandou Eyi, une des membres des Soldats têtus, à son domicile hier.

Un règlement de comptes politiques

De son coté, Brunelle Boukandou Eyi alias « La petite baleine », la victime, a indiqué dans une vidéo : « Je suis chez moi à Sotega où je partageai un repas avec ma famille. Soudainement, Karine Arissani est arrivée avec ses gens, venir m’agresser. Elle est venue m’agresser chez moi, je ne sais pas pourquoi ». Mais là où la soldat têtue est formelle est qu’elle a fait des « mauvaises choses » pour son ex patronne. « J’ai travaillé pour Karine. J’ai fait des mauvaises choses pour Karine, j’ai défendu Karine. Je ne sais pas si un membre de sa famille peut faire ce que moi Boukandou Eyi j’ai fait. Mais Karine vient m’agresser à domicile, chez moi », a-t-elle dénoncé frénétiquement.

La version des faits de Brunelle Boukandou Eyi

Avant de s’adresser à Ali Bongo : « Voilà le pays où on vit, Ali Bongo Ondimba. Voici les gens que tu nommes, les fous ! Tu prends les fous, tu mets à la tête d’une institution. Voici, Karine est venue m’agresser chez moi ». Des propos et un incident qui en disent long sur le clientélisme qui règne au sein de l’administration Bongo et les motivations de ses « soldats » qui soutiennent Ali Bongo que pour obtenir une place au soleil dans la galaxie présidentielle. Ce, en raison d’une administration politisée où seuls les fans du présidents sont assurés d’avoir une place !

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