Gabon : Oligui sonne la fin des discours creux et place ses 30 ministres en « examen permanent »
Le premier Conseil des ministres de l’année 2026 au Gabon, tenu ce lundi 5 janvier au palais de la Présidence à Libreville, n’a laissé aucune place au protocole. Sous la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema, ce rendez-vous a été présenté comme {« l’entrée en responsabilité pleine et entière de l’Exécutif de la Vᵉ République »}, loin d’une simple formalité. Le Chef de l’État a d’emblée donné le ton en rappelant que ce Conseil devait être {« un acte fondateur de méthode, d’exigence et de responsabilité collective ».}
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Face aux 30 membres du gouvernement dont certains n’étaient pas encore installés, le président gabonais a tenu à dissiper tout malentendu sur la nature de leur mission. {« Le peuple gabonais attend désormais de ses gouvernants des résultats visibles, mesurables et durables »}, a-t-il martelé, précisant qu’il n’est plus question {« d’intentions, de discours ou d’annonces sans suite »}, mais d’un État qui {« fonctionne, décide, exécute et rende compte ».}
{{Boussole unique et fin des catalogues de promesses}}
Au cœur de cette nouvelle étape, le Programme national de croissance et de développement (PNCD) est élevé au rang de référence absolue. Le Chef de l’État a indiqué que ce programme constitue {« la boussole exclusive de l’action gouvernementale »}, en cohérence avec son projet de société {« Bâtissons l’édifice nouveau ».} Il a insisté sur le fait que ces documents {« ne sauraient être assimilés à des déclarations d’intention ou à des catalogues de promesses »}, mais qu’ils deviennent des {« feuilles de route impératives et opposables ».}
{Les principales orientations de ce conseil :}
| {{Élément clé}} | {{Contenu issu du communiqué final}} | {{Citations principales }} | | Contexte du Conseil | 1er Conseil des ministres de 2026, 5 janvier, Palais de la Présidence, sous la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema. | {« l’entrée en responsabilité pleine et entière de l’Exécutif de la Vᵉ République »} ; {« un acte fondateur de méthode… »} | | Référence stratégique | PNCD + projet de société « Bâtissons l’édifice nouveau » comme cadre unique d’action. | {« la boussole exclusive de l’action gouvernementale »} ; {« feuilles de route impératives et opposables »} | | Attentes envers le Gouvernement | Résultats concrets, fin des discours sans suite, obligation de rendre compte. | {« des résultats visibles, mesurables et durables »} ; {« fonctionne, décide, exécute et rende compte »} | | Priorités sectorielles | Transports aériens, sécurité publique, éducation, accès à l’eau potable et à l’énergie. | {« le coût et la performance des transports aériens »} ; {« les capacités d’accueil et la qualité du système éducatif »} | | Réformes structurelles | Accélération de la décentralisation, digitalisation de l’administration, lutte anticorruption, gestion des ressources naturelles. | {« accélérer le processus de décentralisation »} ; {« levier essentiel de modernisation »} ; {« lutter avec fermeté… »} | | Méthode Oligui – Pilier 1 | Pilotage stratégique : périmètres clairs, objectifs précis, fin de la dilution des responsabilités. | {« Chaque ministre est responsable d’un périmètre clairement défini… »} ; {« un État qui pilote, anticipe et arbitre »} | | Méthode Oligui – Pilier 2 | Redevabilité : évaluation par les résultats, comptes réguliers, factuels, sans complaisance. | {« ne se mesure pas à l’activité, mais aux résultats obtenus »} ; {« une obligation républicaine »} | | Méthode Oligui – Pilier 3 | Culture des résultats : rupture avec la « culture des moyens » et les procédures sans fin. | {« rompre définitivement avec la culture des moyens… »} ; {« à l’aune de son impact réel sur la vie des populations »} | | Dispositif de pilotage – 30 jours | Feuille de route des 100 jours par ministère : priorités, actions, niveau d’exécution, responsables, résultats attendus. | {« sous trente (30) jours, chaque ministre devra transmettre une feuille de route des cent (100) jours »} | | Dispositif de pilotage – 60 jours | Contrat de performance ministériel avec indicateurs clairs, mesurables, vérifiables, alignés sur le PNCD. | {« sous soixante (60) jours, chaque ministre devra proposer un contrat de performance ministériel… »} | | Suivi périodique | Rapports réguliers au Vice-Président de la République et au Vice-Président du Gouvernement. | {« un rapport d’exécution devra être adressé… afin d’assurer un suivi rigoureux, interministériel et continu »} | | Philosophie générale | Fin de la période d’apprentissage, recentrage sur l’exécution et la performance. | {« Le temps politique n’est plus celui de l’apprentissage, mais celui de l’exécution »} | | Profil des ministres | Choisis pour leur géo-compétence, expérience, capacité à produire des résultats. | {« chaque membre du Gouvernement a été choisi pour sa géo-compétence, son expérience et sa capacité à produire des résultats »} | | Vision de l’État | Un État efficace, crédible, respecté, porté par discipline collective et engagement personnel. | {« l’État gabonais doit redevenir efficace, crédible et respecté »} ; {« sens élevé de l’État »} | | Nominations clés | Christian Louembet-Onguélé (SG Éducation), Serge Thierry Mickoto Chavagne (Ambassadeur au Japon), Jules Bertrand Potier Loembe (Dir. Cabinet Économie), Guy Nazaire Samba (SG Économie), Corinne Posso Raivire (DG Amont pétrolier et gazier). | |
Dans cette logique, chaque ministre se trouve personnellement engagé. Le communiqué souligne que ces feuilles de route {« engagent personnellement et collectivement chaque membre du Gouvernement dans leur exécution ».} Oligui Nguema a ensuite passé en revue les priorités par secteur, exigeant une concentration de l’action publique sur les problèmes qui touchent le quotidien : {« le coût et la performance des transports aériens »}, {« la sécurité et la tranquillité publiques »}, mais aussi {« les capacités d’accueil et la qualité du système éducatif »} et les difficultés persistantes d’accès {« à l’eau potable et à l’énergie ».}
{{Décentralisation, digitalisation et croisade anticorruption}}
Le Président a également remis au centre du jeu des chantiers institutionnels et structurels trop longtemps différés. Il a rappelé {« l’importance d’accélérer le processus de décentralisation afin de rapprocher l’action publique des citoyens »}, tout en faisant de la digitalisation de l’administration un {« levier essentiel de modernisation, de transparence et d’amélioration de la qualité du service public ».} La transformation de l’État ne se limite pas aux procédures : elle doit se voir dans la relation entre l’administration et les citoyens.
{Une autre vue de ce conseil des ministres d’hier}
Sur la corruption, le ton se veut sans nuance. Le Chef de l’État a souligné {« la nécessité de lutter avec fermeté contre toutes les formes de corruption, en particulier dans le secteur judiciaire »}, condition indispensable pour {« restaurer la confiance des citoyens dans les institutions de la République ».} Il a aussi appelé à {« une reprise en main effective et stratégique de la gestion des ressources naturelles nationales »} , afin que leur exploitation {« bénéficie prioritairement aux Gabonaises et aux Gabonais »} et contribue durablement au développement du pays, tout en exigeant {« une prise en charge juste, équitable et ciblée des populations les plus vulnérables ».}
{{La “méthode Oligui” : pilotage, redevabilité et culture du résultat}}
Sur le plan méthodologique, Oligui Nguema a formalisé ce qui ressemble à une véritable {« méthode Oligui »} , structurée autour de trois piliers {« indissociables ».} D’abord, {« le pilotage stratégique »} : {« Chaque ministre est responsable d’un périmètre clairement défini, d’objectifs précis et de livrables identifiés. Il ne saurait y avoir ni chevauchement ni dilution des responsabilités. L’État doit redevenir un État qui pilote, anticipe et arbitre, et non un État qui subit. »} En d’autres termes, fini le flou politique, place à la responsabilité ciblée.
Ensuite vient {« la redevabilité ».} Le Président a averti que {« la responsabilité ministérielle ne se mesure pas à l’activité, mais aux résultats obtenus ».} Chaque membre du Gouvernement devra {« rendre compte, de manière régulière, factuelle et sans complaisance, de l’exécution des missions qui lui sont confiées ».} Le communiqué précise que {« la redevabilité n’est pas une sanction, mais une obligation républicaine ».} Enfin, troisième pilier : {« la culture des résultats »}, avec la volonté de rompre {« définitivement avec la culture des moyens, des procédures sans fin et des délais non tenus »}, au profit d’une action publique évaluée {« à l’aune de son impact réel sur la vie des populations ».}
{{Feuilles de route des 100 jours et contrats de performance}}
Pour que cette méthode ne reste pas un slogan de plus, un dispositif de suivi serré est imposé à l’ensemble de l’équipe gouvernementale. Le Chef de l’État a {« exigé, dans chacune des lettres de mission »}, la mise en place d’un {« dispositif commun, standardisé et non négociable de pilotage de l’action gouvernementale ».} Le calendrier est précis : {« sous trente (30) jours, chaque ministre devra transmettre une feuille de route des cent (100) jours »}, détaillant priorités, actions, niveau d’exécution, responsables désignés et résultats attendus.
La pression ne s’arrête pas là. {« Sous soixante (60) jours, chaque ministre devra proposer un contrat de performance ministériel, assorti d’indicateurs clairs, mesurables et vérifiables »}, indications qui devront être {« strictement alignées sur le PNCD et les engagements présidentiels ».} Le communiqué ajoute que, {« de manière périodique, un rapport d’exécution devra être adressé au Vice-Président de la République et au Vice-Président du Gouvernement »}, afin d’assurer un suivi {« rigoureux, interministériel et continu de l’action gouvernementale ».} Et le Chef de l’État prévient : {« ce cadre s’applique à tous, sans exception ».}
{{« Le temps politique n’est plus celui de l’apprentissage »}}
En conclusion de ce premier Conseil, Oligui Nguema a fermé la porte à tout état de grâce prolongé. {« Le temps politique n’est plus celui de l’apprentissage, mais celui de l’exécution »} , insiste le communiqué. Le Président rappelle que {« chaque membre du Gouvernement a été choisi pour sa géo-compétence, son expérience et sa capacité à produire des résultats ».} La fonction ministérielle est ainsi décrite moins comme un honneur que comme un contrat de performance permanente vis-à-vis de la Nation.
Le Chef de l’État a réaffirmé que {« l’État gabonais doit redevenir efficace, crédible et respecté »} et a appelé le Gouvernement à faire preuve {« du sens élevé de l’État, de discipline collective et d’engagement personnel »} , afin que l’équipe en place incarne {« l’autorité, la méthode et la performance attendues par le peuple gabonais ».} Dans la foulée, plusieurs nominations clés ont été entérinées – du Secrétaire général de l’Éducation à la Direction générale de l’Amont pétrolier et gazier – dessinant l’ossature administrative chargée de transformer ce discours de méthode en actes concrets. Reste désormais à voir si cette nouvelle ère de {« redevabilité »} et de {« culture des résultats »} survivra à l’épreuve du réel.
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