Présidentielle 2023

Frédéric et Denis Omar Bongo visés par le projet d’inéligibilité à présidentielle de 2023 ?

Frédéric et Denis Omar Bongo visés par le projet d’inéligibilité à  présidentielle de 2023 ?
Frédéric et Denis Omar Bongo visés par le projet d’inéligibilité à présidentielle de 2023 ? © 2021 D.R./Info241

À quelques mois de l’élection présidentielle de 2023 au Gabon, une seule question taraude les esprits et fait couler beaucoup d’encre et de salive. C’est celle de savoir si très exactement le projet de loi sur l’inéligibilité à l’élection présidentielle est purement et simplement une manœuvre machiavélique pour le pouvoir en place d’écarter les fils d’Omar Bongo Ondimba à savoir Junior Denis et son frère aîné, Frédéric Bongo ? Une question difficile à répondre.

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Tout compte fait, le 13 septembre dernier, le gouvernement gabonais a, en conseil des ministres, adopté un projet de reforme des conditions d’éligibilité à la fonction présidentielle. Selon ce projet, pour être candidat à une élection présidentielle gabonaise, il faudrait résider dans le pays durant au moins six mois de chaque année pendant les deux qui précèdent le scrutin. Pour que ce projet de loi soit applicable, il devrait d’abord être adopté par le parlement. Ce qui ne va certainement pas étonner plus d’un.

Une course contre les adversaires familiaux

Dans les grandes villes du pays à l’instar de Libreville, Lambaréné ou encore Port-Gentil, ce projet de loi est devenu le sujet de toutes les conversations. L’opposition qui est toujours éparpillée, sans faire front commun, du moins pour l’instant, croit à un passage en force en 2023 à tout juste deux ans de la prochaine élection présidentielle. "Pour moi, ça ne m’étonne pas qu’Ali se représente pour un troisième mandat ou que son fils soit désigné. Avec toute cette magouille de ces trompeurs, je reste convaincu que ça va se faire. Et nos béni oui oui parlementaires vont voter ça bientôt", prédit Pierre Ogoulinguéndé, ancien opposant à la retraite.

Cette ordonnance stipule que "sont éligibles à la présidence de la République gabonaise, tous les gabonais des deux sexes, jouissant de leurs droits civils et politiques et ayant résidé sans discontinuité sur le territoire national au moins six mois chaque année, au cours des deux dernières années précédant l’élection". Face à une telle ordonnance, le pouvoir exécutif voudrait se mettre à l’abri de qui ou de quoi ? Qu’à cela ne tienne, la toile s’est enflammée tout de même après la lecture du communiqué final du conseil des ministres.

Une rude adversité familiale

Et bon nombre de gabonais pensent que ce projet vise à écarter purement et simplement Omar Denis Junior, fils d’Omar Bongo qui réside à Brazzaville au Congo, mais pas que. Il y a également le très redouté Frédéric Bongo, ancien directeur des services secrets de la présidence de la République gabonaise. Là aussi, un autre fils d’Omar Bongo. Il avait été éjecté de son poste puis expédié en Afrique du Sud comme attaché de défense. "Tout ceci est prévisible. Lisons entre les lignes. Et on tombera à pic sur ce que pense actuellement les citoyens lambda sur cette disposition. C’est un passage en force. Mais pour qui ?", s’interroge Claude Ozoumet, un ancien employé au chômage forcé, vivant à Port-Gentil.

Or pendant qu’ils pensent construire un mur de Berlin pouvant empêcher aux suscités de se présenter, Omar Denis Junior a bel et bien commencé à entamer des rencontres internationales en perspective à l’élection présidentielle de 2023, et ce depuis belle lurette. À cet effet, il a planifié comme un oiseau dans son nid, des stratégies politiques afin d’être fin prêt pour 2023. En effet, sur le plan politique, il a effectué plusieurs rencontres avec des chefs d’Etat africains de référence. C’est le cas de la rencontre faite avec Alassane Ouattara, Teodoro Obiang Nguema, Alpha Condé ou encore Macky Sall.

Denis plus que Frederic

À cette liste qui n’est pas exhaustive, s’ajoute aussi le président togolais, Faure Gnassingbé. Et d’autres grands hommes politiques européens. Une belle broche qui pourrait l’apporter un soutien au prochain scrutin. Pour ce qui est de Frédéric Bongo Ondimba, personne ne sait grand chose de ses ambitions politiques pour la nation gabonaise. En 2009, il fît tout pour que son frère Ali Bongo accède au fauteuil présidentiel de par son influence. Le 15 octobre 2019, dans le communiqué final du conseil des ministres présidé par Ali Bongo Ondimba lui-même, il sera envoyé en Afrique du Sud comme attaché militaire. Une décision d’Ali d’éviter que Frédéric et les siens fomentent quelque chose.

En France pour un stage, l’annonce du retour au Gabon de Frédéric Bongo a créé l’angoisse et la crainte dans le camp du parti au pouvoir. L’ ancien patron du plus puissant service de renseignement du Gabon, a été une pièce maîtresse du pouvoir gabonais tant sous son père que sous son frère. "Ils craignent que l’armée soit derrière lui. Et c’est possible car il a ses personnes clés", rajoute t-il. Pour l’heure, si personne ne peut prévoir ce qui arrivera au Gabon dans les prochaines années, on peut affirmer sans grand risque de se tromper que Frédéric Bongo aura un rôle à jouer. Reste à savoir lequel…

Pour ce qui est de l’élection présidentielle de 2023 qui vient à grandes enjambées, Noureddin Valentin contre Ali ? Ou Ali contre Omar Denis Junior ? Ou Noureddin- Omar Denis junior ? Dans le pire des cas, Ali contre Frédéric Bongo ? En tout cas, peu importe le choix final, une chose est certaine, pour 2023, la « guerre familiale » est déjà annoncée chez les Bongo. Celle-ci promet d’être sanglante.

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