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Entre relance économique et institutions budgétivores, le Gabon toujours sans boussole

Entre relance économique et institutions budgétivores, le Gabon toujours sans boussole
Entre relance économique et institutions budgétivores, le Gabon toujours sans boussole © 2021 D.R./Info241

Étant à la recherche des niches d’argent, l’économie gabonaise se trouverait depuis plusieurs années au bord du gouffre. Afin d’assainir ses finances, le gouvernement avait mis en place bon nombre de mesures visant la mise en action du fameux Plan de relance économique (PRE). Plusieurs années après, celui ne porte pas ses fruits.

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À cet effet, certaines institutions de l’État dont le rôle est critiqué ainsi que son apport au niveau national, brassent des centaines de millions de francs CFA par mois voire des milliards. Des institutions aperçues comme budgétivores. C’est le cas par exemple de la Commission nationale de Lutte contre l’Enrichissement Illicite (CNLCEI) et celui de Médiateur de la république qui sont à l’origine des débats et de montées de tensions dans le pays.

Des institutions budgétivores sans le moindre résultat probant

Pour que les décisions prises par le gouvernement comme les mesures d’austérité aient un écho positif auprès de la population, il aurait été mieux que celui-ci, réduise considérablement le train de vie de l’État. D’ailleurs, les riverains de s’interroger sur les vrais objectifs et dispositions gouvernementales. Car si celui-ci est véritablement à la recherche des niches d’argent pour surmonter la crise à travers le pays afin de financer des projets structurants, le besoin se fait ressentir de jeter un coup d’œil sur certaines institutions dont les missions ne seraient plus nécessaires pour le pays. Tout simplement parce que depuis leur création, les résultats escomptés n’ont jamais été atteints.

Le siège Librevillois de la CNLCEI

« Pour moi, je trouve que l’Etat fait du blanchissement des capitaux à travers la création de toutes ces structures qui ne nous apportent rien. Et c’est également créé pour limiter les actions des opposants dans le pays », déplore Clotaire Mégane syndicaliste. En matière de lutte contre la corruption dans le pays, la CNLCEI créée par la loi n⁰ 002/2003 du 7 Mai 2003, ne permet toujours pas de redonner une image reluisante au pays 18 ans après sa naissance. Les détournements de deniers publics ainsi que les malversations financières ne cessent de prendre de l’ampleur dans le pays et ce, au nez et à la barde des dirigeants de ces institutions, sans que véritablement les coupables ne soient inquiétés par la justice.

Plus de 3 décennies d’errement institutionnel

« C’est fait pour les politiciens opposants au régime Bongo. Elle sert à quoi au juste ? Rien ! La cour des comptes face à la corruption qu’elle place joue-t-elle ? Aucune. Donc supprimez la CNLEI serait une bonne chose pour le pays », propose David Essono Mebiame. Face à ce manque de compétences, le gouvernement de l’époque avait mis en place l’opération « Mamba » ainsi que la Cour criminelle spéciale. On constate tout de même leur inefficacité. Que dire de la fabuleuse fonction de Médiateur de la République, ce fameux placard ? « C’est un bouffe-cadeau ça, le médiateur de la République ! » conclut-il.

31 ans après sa création en 1990, lors de la conférence nationale, ce poste est vu comme le garage des amis du président de la République et surtout un véritable gouffre financier. Car sa mission d’instaurer l’Etat de droit, la démocratie et la bonne gouvernance dans le pays n’est pas palpable sur le terrain. Et voilà pourquoi un ancien Premier ministre dont nous gardons le nom par discrétion, avait farouchement refusé ce poste. On note également le fastidieux train de vie de la Présidence de la République qui elle aussi, absorbe des millions de nos francs chaque mois.

Ne parlons pas du Sénat, pire encore de l’Assemblée nationale. Leur action pour le contrôle de l’action du gouvernement est loin d’être au rendez-vous. Ainsi, réduire considérablement leur gestion financière pourrait permettre au pays d’engranger plus de moyens pour financer des postes de dépense utiles réellement à la vie économique et sociale de la Nation. Maintenant c’est au gouvernement d’accepter ou pas les insuffisances de ces entités et leurs retombées négatives dans un Gabon qui navigue à vue à perpétuité sans réel développement structurel.

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