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Construction du gymnase de Port-Gentil : un mort-né qui a coûté des centaines de millions

Construction du gymnase de Port-Gentil : un mort-né qui a coûté des centaines de millions
Construction du gymnase de Port-Gentil : un mort-né qui a coûté des centaines de millions © 2022 D.R./Info241

L’ancienne ministre Nicole Assélé n’a certainement pas laissé un souvenir immarcescible de son passage à la tête du ministère des Sports. Et les Port-Gentillais et Port-Gentillaises n’ont eu que leurs yeux pour pleurer. Et pour cause, la crise économique actuelle, due à la crise de l’industrie pétrolière mondiale, n’a probablement pas permis que le projet de construction du gymnase de Port-Gentil prenne vie. Celui-ci semble avoir été renvoyé aux calendes grecs.

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Voilà aujourd’hui 5 ans que ce projet a été oublié au quartier Printemps dans le 3e arrondissement. Et pourtant en 2017 lors de son lancement, les athlètes en l’occurrence les handballeurs Port-Gentillais pensaient avoir un jour, un complexe sportif digne de ce nom leur permettant de mieux s’exprimer sportivement. Il n’en est rien aujourd’hui. Le projet s’est arrêté brusquement. Les passants du gymnase mort-né peuvent apercevoir le sous-bassement et les poteaux sortis de terre. La charpente métallique croupie chaque jour sous le poids des intempéries. Les briques, le sable, le gravier, le ciment et la ferraille ont disparus, volés par des bandits.

Un désastre à ciel ouvert

Le terrain est si nu et abandonné à tel point où le gardien sensé assurer la sécurité du site, a décidé de lever l’ancre. Un coup dur pour les sportifs qui ne savent plus à quel saint se vouer. « Moi j’ai cru que ce projet devait finir et que j’allais un jour m’entraîner-là. Mais rien ! Et c’est bien dommage pour nous les professionnels qui demandons des structures adaptées. Et le terrain de handball actuel est vieillissant au point où l’espace de jeu s’effrite », relate à Info241 un handballeur du Stade Mandji section handball qui a tenu à garder l’anonymat.

Le sous-bassement à l’abandon

Fort est de préciser que les clubs de handball de la capitale économique, dénoncent le manque d’infrastructures. Les 3 équipes prenant part à la compétition nationale ou provinciale, s’entraînent sur l’unique stade de la discipline dont dispose Port-Gentil. Pire encore, le seul terrain de la ville est dans un état de dégradation avancée. Toutes les équipes n’utilisent qu’une seule infrastructure, le plateau de la mosquée, situé à côté du stade Pierre Claver Divoungui dans le 3e arrondissement. Ce stade surexploité tombe en ruine. Et ce ne sont pas les couches de peinture qui pourraient masquer la dégradation du plateau.

Les matériaux de construction abandonnés sur les lieux

Idem pour les tribunes, pas du tout confortables. Et comme si ce n’était pas suffisant, les joueurs sont exposés aux intempéries puisqu’ils évoluent à ciel ouvert. En période de pluie, le terrain s’inonde et la sécurité est loin d’être garantie. Telles sont les conditions auxquelles sont soumis les joueurs de handball de la capitale économique du Gabon désabusés. « Nous sommes obligés entre clubs de nous accorder des heures de passage pour donner la possibilité aux autres de s’entraîner. Nous avions sollicité l’aide de la municipalité afin de nous construire des espaces de handball, mais en vain ! », fustige notre source.

Des centaines de millions à l’eau

Or, si ce projet serait arrivé à terme, cela aurait permis le développement de la pratique du sport dans cette partie du pays. En outre, il se murmure dans la ville du Sable que si ce gigantesque projet n’est pas arrivé à terme, c’est tout simplement à causes des dimensions du gymnase jugées trop petites. Quand bien même l’argent du contribuable gabonais avait déjà été injecté à coût de centaines de millions de FCFA. Pour l’heure le maître d’ouvrage a disparu. Il est introuvable et les athlètes attendent comme ils savent le faire.

Une autre vue du mort-né de l’Etat gabonais

C’est là, la difficulté des infrastructures au Gabon. Et pourtant en 2018, lors de la Can de cette discipline, la province de l’Ogooué-Maritime qui est l’une des ligues phares aurait pu bénéficier d’un gymnase. Mais rien ! Dans tout le pays, seul le gymnase du prytanée militaire répond aux normes internationales. Dans les autres villes du pays, c’est triste. Une situation connue des autorités de tutelle, puisque le ministre des Sports a sur sa table le cahier de charges de la Confédération Africaine de Handball.

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