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Présidentielles 2016 : Raymond Ndong Sima plaide pour une « alliance patriotique » qui conduira à un « meilleur Gabon »

Présidentielles 2016 : Raymond Ndong Sima plaide pour une « alliance patriotique » qui conduira à un « meilleur Gabon »
Présidentielles 2016 : Raymond Ndong Sima plaide pour une « alliance patriotique » qui conduira à un « meilleur Gabon » © 2015 D.R./Info241

Raymond Ndong Sima, qui a été premier ministre de février 2012 à janvier 2014 d’Ali Bongo a davantage éclairé les populations sur son nouveau positionnement politique, samedi dernier à Libreville, au cours d’un meeting tenu au quartier PK8. Au nombre des sujets évoqués, figurent les réformes économiques à prescrire pour le Gabon, ses valeurs qui fondent sa nouvelle vision politique l’ayant conduit à démissionner du PDG, parti au pouvoir depuis 1967, sans aucune alternance démocratique.

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Dans son livre, ’’Quel Renouveau pour le Gabon’’ l’ancien premier ministre du gouvernement d’Ali Bongo faisait déjà remarquer à travers son analyse de l’action politique du palais du Bord de mer, qui ne fait pas des choix politiques et des réformes économiques cohérentes, du fait « des appétits excessifs de pouvoir ou de profits qui ont, depuis trop longtemps gangrenés le pays ». En pointant les abus du pouvoir, des proches du président, de la gestion déloyale des deniers publics, l’attribution aléatoire des marchés publics, sans respecter les normes réglementaires en vigueur au Gabon.

Pour Raymond Ndong Sima, « avec un sous-sol particulièrement riche, une faune et une flore variées, une importante couverture forestière, le Gabon est un pays favorisé par la nature. Pourtant son économie est en berne, son climat social orageux. D’aucuns incriminent les cicatrices laissées par la manière dont Omar Bongo Ondimba a exercé le pouvoir pendant les quelques quarante années qu’il a passées à la tête de l’État. Mais force est de constater que six ans après sa brutale disparition, la situation, loin de s’améliorer, s’est au contraire dégradée. »

Tout en ajoutant que, « ce, en dépit de l’ambitieux projet de société porté par Ali Bongo ’’élu’’ en 2009 et dont le mandat expirera en 2016. Où donc gisent les raisons profondes de cette morosité ? » L’ancien premier ministre a donné ses quelques pistes éclairantes dans son essai. Notamment, sur les raisons du chaotique septennat présidentiel, mais aussi, à travers toutes ses dernières sorties médiatiques. Sur ce que Raymond Ndong Sima qualifie comme, « les dysfonctionnements qui, en grippant les rouages institutionnels et économiques du Gabon après l’indépendance, ont affecté son développement. »

Raison gardée, depuis sa prise de distance avec le pouvoir en place, marquée par sa démission officielle du PDG, les diverses interventions de Raymond Ndong Sima, ne se bornent uniquement pas au diagnostic, à la dénonciation, aux récriminations d’une politique politicienne dégradante. L’ancien baron du PDG s’attache à formuler des propositions, des réformes pour redresser un pays qui est en ruine généralisée.

Une vue de l’arrivée de Raymond Nong Sima accueilli par ses sympathisants au lieu du meeting

Très au fait de l’action politique gabonaise, ayant été plusieurs fois ministres sous l’ère Omar Bongo, l’ancien chef de file du PDG dans le nord du Gabon, semble observer avec lucidité le contexte intérieur de la gestion de la chose publique au Gabon. D’où, il énumère « ses remèdes susceptibles d’endiguer le mal. L’ordonnance est sévère mais en suivre les prescriptions semble bien être d’une nécessité vitale. »

« Il est urgent de proposer un horizon serein afin d’inscrire le Gabon dans une dynamique de croissance saine et forte pour que ce pays devienne une zone de prospérité capable d’entraîner à sa suite l’ensemble de l’Afrique centrale. Reste à définir les modalités d’une telle stratégie » martèle Raymond Ndong Sima.

Nous vous livrons dans les lignes qui suivent l’intégralité de sa déclaration prononcée samedi dernier devant ses sympathisants librevillois, venus nombreux au lieu du meeting.

Mesdames et Messieurs les représentants des partis politiques invités ;
Mesdames et Messieurs les représentants de la société civile ;
Mesdames et Messieurs
Mes chers amis.
L’année prochaine, à cette période, nous serons en pleine agitation. La campagne électorale pour les élections présidentielles sera en train de démarrer. Ces élections auront pour but de choisir, celui ou celle qui sera chargé de conduire les destinées du pays au cours des sept prochaines années. Sur quoi se fera ce choix ?
 
A un an de cette échéance capitale, il faut se poser cette question principale et lui donner une réponse claire. Je suis là cet après midi pour vous dire ce que j’en pense. Le Gabon notre pays se trouve à un moment critique de son histoire. En grave difficulté, il doit changer de voie. Il doit choisir entre la fuite en avant dans les excès et le redressement dans la justice.
 
Depuis plusieurs mois maintenant, beaucoup de gabonais m’appellent et me demandent ce que je vais faire à cette occasion. Je vous remercie de cet intérêt que vous me témoignez. J’ai aussi conscience des enjeux au centre desquels vous m’invitez à me placer. J’ai pris le temps de réfléchir, le temps de me poser quelques questions sur ces appels, sur la nécessité d’y répondre et sur la meilleure réponse à y apporter.
 
Citoyennes et citoyens,
Membre du PDG depuis 2011, j’ai pris soin de formuler des critiques constructives au sein de ce parti dans l’exercice des fonctions qui m’ont été confiées et en dehors de ces fonctions. J’ai tiré la sonnette d’alarme sur la marche du pays et sur certaines façons de faire qui étaient de plus en plus éloignées des règles que nous avons tous adoptées et consignées dans la Constitution. Ces règles disent comment les gabonais doivent se comporter vis à vis d’autres gabonais ; comment les Institutions doivent se comporter les unes vis à vis des autres ; quels sont les droits des citoyens entre eux et vis à vis des Institutions.
 
J’ai fini par me convaincre que tout ce que je disais au sein du PDG était inutile ; que mes contributions dérangeaient plus qu’elles ne suscitaient de l’intérêt. Je suis arrivé à la conclusion que ma présence au sein de cette formation politique était en réalité sans objet. J’ai donc décidé le 30 juin dernier de partir du PDG et de reprendre ma pleine liberté.
 
Depuis, nombre de mes amis et certaines personnalités du Front Uni de l’opposition m’ont approché pour m’inviter à les rejoindre. Comme de nombreux gabonais, comme chacune et chacun d’entre vous, je suis attaché au redressement de notre pays. C’est le seul sens de mon engagement. Dans cette perspective je n’exclus pas de donner dans le futur une suite favorable à ces appels. Mais pour l’heure, une telle démarche serait prématurée et sans doute inopportune en l’état actuel des débats internes au sein de cette coalition.
 
Mes chers amis
Mon constat est que la situation économique, financière et sociale du pays est mauvaise et même très mauvaise. La chute des prix du pétrole entraine une baisse des recettes de l’Etat. Comme nous ne parvenons pas à réduire nos dépenses, le déficit, c’est à dire l’écart entre nos recettes et nos dépenses, se creuse et augmente. Et nous voilà obligés d’aller emprunter de l’argent là où nous pouvons encore le faire ; de nous endetter. Le risque que ce soit nos créanciers qui viennent nous ajuster est grand. Nous l’avons déjà vécu dans le passé et nous savons quel mal cela nous a fait.
 
Chacun voit bien que le nombre des emplois que notre économie crée est plus faible que le nombre des jeunes qui terminent leurs études et sont à la recherche d’un emploi. Circuler, dit-on officiellement, la situation est limpide. Or, les jeunes sortent de l’école pour entrer au chômage. C’est une situation qui ne peut pas durer très longtemps encore sans que ces jeunes ne se révoltent.
Mais les entreprises qui travaillent dans le pays sont également en difficulté. Depuis août 2014, ces entreprises licencient partout dans le pays mais surtout à Port-Gentil et à Libreville.
 
Dans les rencontres qu’il m’est arrivé d’avoir avec plusieurs d’entre vous, j’ai vu des gabonais fiers, débrouillards, opiniâtres, entreprenants, décidés à mener leur vie en citoyens responsables. J’ai entendu avec insistance les mêmes questions formulées avec anxiété. Comment pourrais-je financer les études de mes enfants ? Mes enfants vont-ils encore trouver un emploi ? Quand l’état pourra-t-il garantir la qualité des soins et de l’hôpital ? Ma retraite sera-elle versée ? Comme si tout le monde s’était mis à douter de tout, même de lui-même.
 
La situation politique, économique et sociale est donc mauvaise. La préparation des élections de 2016 doit être l’occasion de présenter le meilleur ensemble de propositions qui permettra de sortir de cette mauvaise situation.
 
Nous sommes au pied de la montagne. Après avoir observée et analysée cette montagne, il nous faut, ensemble, décider comment nous allons l’escalader.
A mon avis, voici venu :
• le temps de faire le point exact de l’état de notre économie ;
• le temps de discuter des solutions les plus efficaces pour sortir de la mauvaise situation actuelle ;
• le temps où tous les gabonais, qui ont en commun le souci de redressement du pays, doivent se mettre ensemble pour préparer une plateforme capable de proposer des solutions efficaces aux problèmes du Gabon et des gabonais.
 
C’est, à ce stade, la priorité absolue. Plus tard viendra le temps du choix de celui ou celle qui sera le mieux ou la mieux placé pour mettre en œuvre ces solutions.
 
Chers compatriotes
Les élections présidentielles de 2009 s’étaient déroulées dans la précipitation justifiée par le décès du président en exercice qui avait finalement pris tout le monde de court. La principale préoccupation de l’époque était, surtout, d’assurer une transition dans le calme. Les problèmes économiques et financiers, quoique présents, avaient été largement relégués au second plan.
 
Pour les élections présidentielles de 2016, compte tenu des difficultés que beaucoup de gens connaissent, les problèmes économiques seront au centre de la campagne.
 
Ces problèmes seront examinés à partir :d’un bilan c’est à dire, d’une évaluation de la politique économique et sociale menée pendant les sept dernières années ; de la baisse attendue de la production pétrolière et la diminution conséquente des recettes fiscales de l’Etat tandis que paradoxalement la part des dépenses de fonctionnement dans le budget général de l’Etat continue à croître ; du chômage croissant et d’une fracture sociale grandissante.
 
La dégradation générale de la situation, qu’une grande majorité de personnes constate, appelle des réformes nécessaires, radicales et urgentes. Même si la baisse de la production pétrolière était différée, il y aurait malgré tout nécessité de mettre à profit le répit pour préparer un futur plus serein.
 
C’est pourquoi il faut s’appliquer à définir une plateforme minimale de réformes politiques, économiques et sociales qui modifie en profondeur les politiques publiques du pays et notre trajectoire actuelle. Cette plateforme doit reposer sur des valeurs. Il n’y a pas de réussite durable en politique qui ne s’appuie sur des valeurs.
 
La toute première, c’est la vérité. Nous devons rendre au débat public sa dignité. La situation est trop grave pour que nous puissions nous payer des mots. Trop longtemps les gabonais ont été abusés par des images trompeuses, par des rhétoriques mensongères. Il est temps de regarder la réalité avec lucidité.
 
La deuxième valeur, c’est le mérite. Au Gabon, tous en principe sont égaux. Mais on le constate, certains le sont largement plus que les autres. Nous devons rétablir le principe de l’égalité de chance partout : à l’école, sur les lieux de travail, dans les quartiers, dans et entre les provinces.
 
La troisième valeur c’est la solidarité qui doit rester le socle de notre pays.
Une telle plateforme peut se limiter à cinq objectifs principaux à savoir :
 
1. L’établissement et le respect de l’état de droit : les peuples qui choisissent de vivre ensemble s’accordent sur les règles de leur vivre ensemble consignées dans leur Constitution. Ces règles concernent aussi bien les individus qui forment ces communautés que les institutions dont ils se dotent. Il est donc crucial de revisiter notre Constitution et d’en garantir le strict respect.
 
2. La Réforme de l’Etat et l’ajustement de sa taille à ses revenus durables : Il est nécessaire d’adopter une organisation de ces communautés et de ces institutions sur des principes et des règles impartiales et donc impersonnelles, équitables qui garantissent l’efficacité de leur fonctionnement dans le temps et dans l’espace.
 
3. La stimulation d’une croissance durable : Il est essentiel de donner au travail une place prépondérante et de stimuler autant que faire se peut une croissance saine et durable qui concourt à l’accroissement du bien-être collectif et s’inscrit dans une perspective de progrès.
 
4. La clarification et l’organisation des bases d’une solidarité nationale : La solidarité nationale, qui procède d’un choix de société, doit s’assurer que toutes les composantes participent à l’effort et reçoivent le soutien qui justifie leur appartenance à la communauté.
 
5. L’accélération de l’intégration sous régionale : La taille même de notre pays et la tendance partout dans le monde à la formation de grands ensembles sous régionaux suggèrent qu’une attention particulière soit prêtée à la consolidation de l’espace CEMAC porteur d’une importante synergie économique et garant d’une sécurité collective.
 
Citoyennes et citoyens,
Les observations qui précèdent et l’importance du rendez-vous de 2016 m’amènent à lancer un appel à la formation d’une Alliance patriotique articulé en cinq points :
1. J’appelle d’abord les femmes et les hommes de toutes les provinces du Gabon, les jeunes et les moins jeunes, les travailleurs du secteur public comme ceux du secteur privé ; ceux qui cherchent un emploi comme ceux qui ont pris leur retraite, les spécialistes du droit, de l’économie, des autres disciplines mais aussi ceux qui n’ont que leur bon sens, les patriotes quels que soient leurs partis politiques actuels, à me rejoindre pour, ensemble, bâtir cette Alliance Patriotique.
 
2. J’invite tous les démocrates gabonais qui soutiennent l’organisation de l’Etat sous la forme d’une République et s’opposent aux dérives actuelles faites de confusions entre la gestion de l’Etat et la gestion des amitiés, de glissades dangereuses vers une dérive monarchique, à former cette Alliance Patriotique, capable de proposer une alternative républicaine crédible, solide et de représenter une nouvelle espérance.
 
3. Je demande à toutes celles et à tous ceux qui adhéreront à cette Alliance Patriotique de s’armer de patience, de s’inscrire dans le calendrier électoral républicain en évitant toute initiative qui pourrait donner le prétexte au pouvoir en place de justifier le statut quo et enfin de travailler à réunir les conditions nécessaires pour une transparence électorale.
 
4. J’en appelle à tous et à chacun pour préparer avec sérieux, dans la sérénité, les réflexions et les contributions à l’élaboration de la plateforme de cette Alliance Patriotique et à faire preuve d’une grande discipline dans les différentes étapes de cette démarche.
 
5. J’exhorte tous ceux qui adhèreront à cette Alliance, à consentir les efforts pédagogiques nécessaires pour expliquer, partout où il le faudra, l’intérêt d’une telle plateforme qui devra être prête à la fin de l’année en cours pour que le futur soit de nouveau, pour tous les gabonais, l’espérance de temps heureux.
 
J’ai, deux ans durant, fait la preuve à la tête du gouvernement, de ma disposition permanente à la négociation et à l’aboutissement de solutions raisonnables, favorables à l’intérêt général, dans la clarté, l’impartialité et le respect de tous. C’est la garantie que j’apporte d’animer et de conduire cette Alliance Patriotique. C’est aussi la promesse que je fais de travailler à l’élaboration de la plateforme la plus solide possible en vue de redresser le pays dans les meilleurs délais.
 
J’appelle tous les patriotes, toutes celles et tous ceux qui rêvent d’un meilleur Gabon à se joindre à moi dans cette perspective au delà des cercles habituels des partis et groupements politiques, au delà des étiquettes partisanes qui parfois empêchent de penser. Nous avons le Gabon en commun et ce Gabon mérite qu’ensemble nous le redressions dans l’intérêt de tous. L’intérêt du plus grand nombre doit donc tout primer et l’union du plus grand nombre servir à tous.
 
Vive la République !
Vive le Gabon !
Que nos ancêtres nous assistent et
Que Dieu soit notre force et notre soutien.
Raymond NDONG SIMA

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