Gabon : Bilie-By-Nze jeté en prison après une garde à vue éclair pour escroquerie et abus de confiance
La chute s’accélère pour Alain-Claude Bilie-By-Nze. L’ancien et dernier Premier ministre d’Ali Bongo a été arrêté ce mercredi, puis placé en garde à vue dans les locaux de la Direction générale des recherches. Moins de vingt-quatre heures plus tard, ce jeudi, le parquet de Libreville a décerné contre lui un mandat de dépôt pour la prison centrale de la capitale gabonaise.
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Le président d’Ensemble pour le Gabon dort désormais à Sans-Famille, l’unique et plus vieille prison du pays. En cause, des faits présumés d’escroquerie et d’abus de confiance. Selon le procureur de la République près le tribunal de première instance de Libreville, Dick Fabrice Boungou Mickolo, l’ancien chef du gouvernement serait poursuivi pour une dette de 5 millions de francs CFA contractée il y a 18 ans au préjudice d’une compatriote.
Une plainte récente, une procédure fulgurante
D’après certaines indiscrétions recueillies par Info241, la plaignante aurait saisi la justice il y a moins de 8 jours, le 7 avril. L’ouverture d’une information judiciaire a ensuite enclenché une mécanique particulièrement rapide : interpellation mercredi, garde à vue dans la foulée, puis incarcération ce jeudi soir.
L’ancien bras droit d’Ali Bongo désormais dans la tourmente
Cette célérité frappe par sa brutalité. Elle traduit, à tout le moins, le sérieux accordé par la justice à cette affaire et aux éléments déjà réunis. Car alors même que, dans sa communication du jour, Dick Fabrice Boungou Mickolo assurait encore que l’enquête suivait son cours, le dossier a connu dans le même temps un dénouement express pour l’ancien Premier ministre, désormais contraint de passer sa première nuit derrière les barreaux.
Un passé trouble qui ressurgit
Cette nouvelle affaire ravive les zones d’ombre d’un parcours politique aussi fulgurant que controversé. Bien avant d’accéder aux sommets de l’État, Alain-Claude Bilie-By-Nze s’était fait connaître comme figure du syndicalisme étudiant. Dans les années 1990, il comptait parmi les principaux visages des mouvements de grève et des troubles ayant secoué l’université Omar-Bongo de Libreville, forgeant déjà une image de tribun redouté, mais profondément clivant.
Et ce n’est pas tout. Bien avant son ascension au cœur de l’appareil d’État, l’ancien proche d’Ali Bongo avait déjà connu les murs de la prison centrale de Libreville, dite « Sans-Famille », dans une affaire de chèques sans provision. Un épisode embarrassant, longtemps resté comme une cicatrice dans son parcours, et que cette nouvelle procédure vient brutalement remettre en lumière.
Le parquet invoque l’indépendance de la justice
Face aux spéculations que ne manque pas de susciter une telle affaire, le procureur de la République a tenu à verrouiller le terrain. « Je tiens à souligner que l’autorité judiciaire a agi en toute indépendance dans le cadre de la loi et avec la même rigueur, sans considération de la qualité de la personne considérée. » Une manière de couper court aux accusations d’acharnement ou de règlement de comptes politique, dans un contexte où le nom de Bilie-By-Nze continue de cristalliser les tensions.
Le magistrat a, dans le même mouvement, rappelé que l’ancien Premier ministre bénéficie pleinement de la présomption d’innocence. Autrement dit, la justice n’a pas encore définitivement tranché sur sa culpabilité. En attendant l’issue complète des investigations, le parquet appelle au respect du secret de l’enquête et à la retenue, pour préserver la sérénité de la procédure.
@info241.com
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