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Jean Ping accuse Ali Bongo de vouloir le disqualifier en manipulant la justice gabonaise

Jean Ping accuse Ali Bongo de vouloir le disqualifier en manipulant la justice gabonaise
Jean Ping accuse Ali Bongo de vouloir le disqualifier en manipulant la justice gabonaise © 2016 D.R./Info241

Jean Ping, candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle du 27 août 2016, qui a reçu une nouvelle convocation à comparaître, adressée à la double requête du président Ali Bongo et du Gouvernement gabonais, fustige la manipulation de la justice à des fins politiques. En ces temps de campagne, l’ancien président de la Commission de l’Union africaine, principal concurrent du régime au pouvoir, « dénonce un simulacre de justice n’ayant pour seule fin que de l’empêcher de se présenter à l’élection. »

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Hier, Info241 faisait déjà état de l’ouverture du procès vendredi 17 juin, où le candidat résolument engagé à en découdre avec le régime Bongo-PDG, Jean Ping est convoqué à comparaître en correctionnel pour les chefs d’accusation de diffamation et injures publiques. Le ministère public gabonais reproche entre autre, au natif d’Omboue, d’avoir appelé à travers les propos incriminés, au trouble à l’ordre public, incitation à la révolte, à la haine et à la désunion des citoyens.

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Réaction de Jean Ping face aux plaintes d’Ali Bongo et du gouvernement

La réponse de Jean Ping ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué de presse parvenu à notre rédaction, l’ancien président de la commission de l’Union africaine n’en démords pas. Pour lui, « les citations directes en correctionnelle, montrent à quel point la justice gabonaise porte mal son nom : au delà des nombreuses incorrections et imprécisions qu’il comporte dès la désignation du cité à comparaître, ainsi que dans l’énoncé des articles du Code pénal, il apparaît clairement que le requérant, qui n’est autre que le Président de la République, a déjà imposé son jugement et sa condamnation avant même qu’ait lieu toute audience ni procès. »

La convocation de Jean Ping notifiée par un huissier de justice

Pour Jean Ping et pour une majorité de gabonais interrogée par Info241 suite au retentissement médiatique de cette affaire aux relents d’une énième politique d’intimidations du palais du Bord de mer, cela n’est nullement une surprise, le Gabon n’étant pas vraiment une démocratie, ni un État de droit. C’est d’ailleurs parce qu’il dénonce avec force cette violence d’État que Jean Ping affirme « se voir poursuivi par la justice aux ordres d’un régime aux abois. Celui qui, par sa popularité, effraye aujourd’hui un pouvoir en décrépitude, est devenu la cible numéro un. Nous sommes dans la situation extravagante où un candidat président peut traîner devant la justice son principal concurrent pour « diffamation », un mois et demi avant le scrutin. »

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Selon Jean Ping qui l’avait déjà analysé dans une précédente déclaration rendue publique faisant corps avec une note parvenue à la rédaction d’Info241, que le diplomate gabonais avait adressée à la Communauté internationale, « tous les moyens vont désormais être mis en œuvre pour l’empêcher de présenter sa candidature aux prochaines élections. Aujourd’hui c’est une condamnation judiciaire, demain ce sera le compte-rendu médical délivré par le médecin choisi par le pouvoir pour évaluer la santé des candidats à l’élection ! », a-t-il décrié vertement.

Malgré toutes ces manœuvres et ces multiples obstacles qu’il dit fomentés par le régime d’Ali Bongo, Jean Ping fait savoir « qu’il ne renoncera pas. Porté par les élans populaires et son amour du Gabon exprimés tout au long de ses rencontres à travers le pays, je suis plus que jamais déterminé à mettre fin à ce régime dynastique, spoliateur, injuste et criminel d’un autre temps. Je souhaite ouvrir une nouvelle page de l’Histoire du Gabon en jetant les bases de la démocratie, de l’État de droit et du développement durable au service du peuple. »

Dans ce sens, l’ancien président de l’assemblée générale de l’ONU (2004-2005) a martelé et réaffirmé son engagement à poursuivre son combat «  visant à mettre le Gabon à l’abri de la peur et du besoin » . En affirmant « qu’il ne cédera pas aux intimidations d’un pouvoir complètement discrédité, qui menace le pays d’une grande instabilité s’il essaye de passer en force, sa réélection par la voie démocratique étant tout simplement impossible. »

Jean Ping dénonce les multiples violations des droits de l’homme et des libertés publiques au Gabon

Les éléments de ce plan machiavélique, a ajouté Jean Ping, « déjà dénoncés par toute l’opposition sont en train de se mettre en place sans réaction, pour l’instant, de la Communauté internationale : importation d’armes et recrutement de mercenaires, instrumentalisation de la justice et incarcération ou empoisonnement des opposants, manipulation du fichier électoral, etc. »

Et ce pouvoir est, à la vue de l’ancien ministre d’État et directeur de cabinet d’Omar Bongo, c loin d’en avoir fini avec la violation de la démocratie puisqu’il projette de couper toutes les communications électroniques dans la période entourant le scrutin du 28 août prochain. » A ce sujet Jean Ping a indiqué dans son adresse « qu’il n’a aujourd’hui pas peur des mots et, au su de tous les Gabonais et de tous les observateurs du Gabon, il revendique et démontre ces attaques. »

En ce sens, Jean Ping a rappelé que le massacre de la population à Port Gentil en 2009, suite à la proclamation des résultats électoraux donnant Ali Bongo vainqueur a été passé sous silence. Mais aussi, le meurtre du jeune étudiant Mboulou Beka, lors d’une simple marche de protestation populaire le 20 décembre 2014 qu’il n’a jamais reconnu.

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Sans omettre, a poursuivi l’opposant gabonais «  les violences policières sur des commerçantes ou des étudiants, harcelés et spoliés, restées à jamais impunies. » Jean Ping a aussi fait mention « des incarcérations d’opposants politiques, comme l’enlèvement par les services spéciaux de la présidence de la République, du jeune militant du Mouvement des jeunes de l’Union du Peuple Gabonais (MJU), Jeff Blampain, dont on a aujourd’hui perdu la trace, passées sous silence. »

On peut ajouter à cela, a expliqué l’ancien représentant du Gabon à l’Unesco (1978-1984) les prisons bidonvilles où les personnes sont traitées comme des chiens. Sans omettre, l’expulsion sommaire d’étrangers, victimes eux aussi de traitements inhumains. Tout en rappelant aussi les violences à répétition exercées contre les étudiants et les professeurs. Et enfin a-t-il déploré, les arrestations et les blessés lors de mon retour à Libreville en mars 2016.

Ces violences, ces crimes et ces injustices ne sont-ils pas le fruit d’un État policier qui martyrise sa population ? S’est interrogé Jean Ping. Avant de conclure sa déclaration en ces termes : « mon ambition pour le Gabon, ma vision de mon combat politique républicain et démocratique a indiqué Jean Ping n’est pas de diffamer mais de dénoncer la situation actuelle de crise politique et morale au Gabon, pour la restauration d’un Etat de droit qui respecte les libertés publiques, les valeurs républicaines en vigueur en terre gabonaise. Car en ce moment c’est loin d’être le cas. »

La présidentielle gabonaise qui aura lieu le samedi 27 août prochain, date qui a été rendue officielle le 6 juin dernier par la Commission électorale nationale autonome et permanente (CENAP) laisse planer plusieurs tensions. Encore une fois le président gabonais Ali Bongo et l’ensemble des membres du gouvernement doivent prendre leurs responsabilités. Ils doivent prendre à tout prix de la hauteur due à leurs rangs. En apaisant les ardeurs avant cette élection de tous les risques. En commençant par dialoguer et accepter la controverse, règles primordiales du débat démocratique, en terre républicaine.

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Et ce n’est pas en utilisant les forces de l’ordre, la justice à leurs fins que les choses vont s’aplanir, quand bien même l’appel du Médiateur de la République faisant état d’une crise généralisée a été décriée par le pouvoir de Libreville. Ce n’est surtout pas en muselant les hommes politiques de l’opposition engagés à tourner la page de 50 ans de régime sans fin du régime au pouvoir.

Les intimidations répétées des opposants à la politique d’Ali Bongo, la pluie des plaintes et d’arrestations, l’instrumentalisation du pouvoir judiciaire, des forces de l’ordre ne sauront préserver cet havre de paix tant vanté par le pouvoir en place depuis 1967. Peu importe le contexte politique électoral, le Gabon est une République où doit régner le respect scrupuleux de l’Etat droit et des valeurs républicaines et démocratiques.

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