Incompréhensions

Des heurts, des arrestations et des blessés pour le retour de Jean Ping à Libreville

Des heurts, des arrestations et des blessés pour le retour de Jean Ping à Libreville
Le cortège de Jean Ping au départ de l’aéroport de Libreville © 2016 D.R./Info241

L’opposant et candidat à la présidentielle gabonaise, Jean Ping, faisait hier après-midi son retour à Libreville après un bref séjour en Europe. Ses partisans souhaitant l’accueillir à sa descente d’avion, la police gabonaise a déployé un important cordon de sécurité autour de l’aéroport. Des heurts ont éclaté conduisant à plusieurs interpellations et occasionnant de nombreux blessés.

Binto Media

Ce mercredi après-midi jusqu’à tard dans la soirée, Libreville a retenu son souffle. L’incompréhension régnait sur l’important dispositif de sécurité, à l’image d’un contexte de crise et de tensions sociales, mis en place par les autorités politiques gabonaises. Interdisant notamment un libre l’accès à l’unique aéroport international de la capitale gabonaise.

Et pour cause, Jean Ping, l’un des principaux rivaux du président-sortant Ali Bongo faisait son retour après un séjour à l’étranger. Aux dires des sympathisants de l’ancien président de la Commission de l’Union Africaine, tout a été planifié pour les dissuader, les intimider. Voir même les gazer par des produits chimiques prohibés, afin que l’accueil populaire programmé ne soit pas réalisé. Manque de bol.

Une arrivée sous haute surveillance policière

La police filtrait contre toute attente, l’accès à l’aéroport international Léon Mba, réservant l’accès aux seuls détenteurs de billet d’avions. La presse a également été interdite. « C’est extrêmement grave, nous n’avons rien cassé, nous n’avons pas troublé l’ordre public, on nous empêche d’accueillir le président Jean Ping… », a affirmé un partisan à nos confrères de Gabonews.

Cette situation a par ailleurs occasionné de nombreux bouchons aux riverains s’étant déplacés sur Libreville. Et souhaitant regagner leur domicile situé aux environs du charbonnage, du camp de Gaulle jusqu’à Akanda, la commune jouxtant l’aéroport.

Jean Ping à son arrivée à l’aéroport Léon Mba

Des échauffourées ont éclaté entre policiers et militants de l’opposant. Plusieurs arrestations ont été opérées par la police. Soixante six arrestations, et six bléssés grièvement selon les pros-PING. On notait également de nombreux blessés aux armes utilisées par la police sur les manifestants. Selon certaines sources, la police y avait été déployée pour éviter des débordements suite à des appels lancés sur les réseaux sociaux appelant à marcher contre le régime d’Ali Bongo.

Parmi les personnes arrêtées figureraient notamment le président, le vice président, le trésorier général adjoint et quatre autres membres du Mouvement national des jeunes de Jean Ping. D’après des témoins oculaires, ces jeunes hommes auraient été interpellés par des agents armés jusqu’aux dents, avant d’être conduits à la cravache dans les locaux de la police.

Des brûlures à l’arme chimique ?

L’autre incompréhension réside sur la nature des armes employées par la police pour disperser les manifestants. La sempiternelle répression policière a occasionné de nombreux blessés. Dont ce monsieur qui a vu sa veste partiellement brûlée et le coté droit du visage brûlé par le contenu des armes de dissuasion utilisées par la police gabonaise.

Une des victimes de la répression policière d’hier

Ces blessures montrent qu’il ne s’agirait certainement pas de gaz lacrymogènes, employés en pareille circonstance pour le maintien de l’ordre public. Des interrogations fusent depuis de partout sur de les composés chimiques pouvant occasionner de tels dégâts corporels.

Il faut noter que ce n’est pas la première fois que ces dangereux produits chimiques eurent été utilisés par les forces de l’ordre à l’encontre des citoyens civils. En effet, lors des obsèques de l’opposant André Mba Obame, plusieurs civils avaient été également gazés par ces produits chimiques et pourtant prohibés par l’Organisation des Nations Unies.

Malgré cet empêchement, Jean Ping escorté par les forces de l’ordre et ses sympathisants ont regagné son domicile pour y tenir une conférence de presse improvisée. L’opposant n’a pas été tendre avec le président sortant qui a annoncé être candidat lundi à sa propre succession.

Dans son adresse, Jean Ping a martelé notamment le fait que le président gabonais Ali Bongo ne dispose pas jusqu’à nos jours, des documents civils (acte de naissance) aux normes, lui permettant de briguer un deuxième mandat au sommet de l’état. D’où, il a marqué son étonnement quant à sa déclaration précipitée à cette joute électorale présidentielle d’août 2016.

Et d’ajouter, qu’Ali Bongo gagnerait selon l’opposant au régime Bongo, de laisser les hommes politiques gabonais, déjà nombreux en lice, et qui répondent aux conformités des réglementations constitutionnelles, de se lancer dans la campagne électorale. Afin de briguer, en toute quiétude le fauteuil présidentiel. Qui n’a pas été, souligne-t-il, conçu uniquement pour le nouveau rossignol de l’égalité des chances et pourtant maître attitré de la gabegie et de l’enrichissement illicite à la gabonaise.


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