CEMAC : 9 nouvelles pièces de monnaie en circulation dès ce mercredi

C’est officiel ! Depuis ce mercredi 2 avril, les six pays de la CEMAC (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad) verront débarquer une toute nouvelle série de pièces de monnaie. Une réforme monétaire signée de la BEAC, qui veut moderniser les transactions et, au passage, faire oublier l’état lamentable de certaines pièces en circulation. Mais au-delà du relooking, cette nouvelle gamme apporte-t-elle un réel changement pour les économies de la sous-région ?

La nouvelle collection comprend pas moins de neuf valeurs faciales : 1, 2, 5, 10, 25, 50, 100, 200 et 500 FCFA. Une diversité qui, selon la BEAC, vise à améliorer la fluidité des transactions et à limiter l’utilisation des billets pour de petites dépenses. En clair, plus besoin de tendre un billet de 10 000 FCFA pour un café… du moins, en théorie. Car encore faut-il que ces nouvelles pièces circulent réellement et soient acceptées par tous.
Nouvelle gamme, nouvelle solution
Derrière ce changement, il y a aussi une logique économique : les anciennes pièces, en plus d’être souvent introuvables, coûtaient cher à produire et s’usaient rapidement. La BEAC a donc opté pour des modèles censés être plus durables et économiquement viables. Reste à voir si cette modernisation ne cache pas une tentative de masquer des tensions monétaires plus profondes.
Une vue des nouvelles pièces de monnaie
D’autant plus que dans certains pays, les pièces disparaissent mystérieusement du marché, parfois stockées par des commerçants ou des particuliers qui préfèrent les accumuler. La BEAC espère que cette nouvelle gamme empêchera cette thésaurisation, mais sans véritable stratégie pour assurer une distribution efficace, le problème risque de persister.
Des enjeux
Autre enjeu : l’image du franc CFA. Cette monnaie, critiquée pour son lien historique avec la France et son absence d’indépendance réelle, se refait une beauté avec ces nouvelles pièces. Mais un changement de design ne suffit pas à calmer les revendications sur une souveraineté monétaire tant attendue. Cette réforme est-elle un simple pansement sur une plaie plus profonde ?
Dans un communiqué parvenu ce mercredi à la rédaction d’Info241, la BEAC martèle que ces nouvelles pièces ont été conçues pour « répondre aux exigences de modernité et aux besoins croissants des économies de la CEMAC ». Mais dans un contexte où la méfiance vis-à-vis de la gestion monétaire ne cesse de croître, pas sûr que l’enthousiasme soit au rendez-vous.
Alors, ces nouvelles pièces vont-elles réellement changer le quotidien des citoyens de la CEMAC, ou ne seront-elles qu’un lifting monétaire de plus ? La réponse dépendra de leur disponibilité, de leur adoption et, surtout, de la capacité des États à accompagner ce changement au-delà des simples effets d’annonce.
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