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Raymond Ndond Sima fustige le casting et la configuration du dialogue d’Ali Bongo

Raymond Ndond Sima fustige le casting et la configuration du dialogue d’Ali Bongo
Raymond Ndond Sima fustige le casting et la configuration du dialogue d’Ali Bongo © 2017 D.R./Info241

Arrivé 4e à la dernière présidentielle gabonaise (0,42% soit 1432 voix) à l’origine du dialogue politique qui s’ouvre ce mardi à la présidence de la République, Raymond Ndong Sima a tenu à s’exprimer sur la tenue de ce dialogue politique. Pour celui qui avait reconnu la victoire d’Ali Bongo, ce dialogue souffrirait d’un « péché originel » né du clivage majorité-opposition. Selon l’ancien Premier ministre d’Ali Bongo, « un tel dialogue pourrait même déboucher sur une déception et peut-être même un mécontentement accrus ».

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Lire aussi >>> Le calendrier de déroulement et les objectifs du dialogue politique d’Ali Bongo

Raymond Ndong Sima digère certainement mal les grandes lignes des travaux préparatoires du dialogue politique d’Ali Bongo. Sur sa page Facebook officielle ce matin, l’ancien candidat indépendant à la présidentielle, a exprimé les raisons pour lesquelles ce dialogue "s’annonce mal". Dans sa tribune, il dénonce les associations participantes "sans bilan d’activités", le clivage majorité-opposition « propice aux exclusions, aux blocages partisans et aux petits arrangements », ...

Des lacunes qui éloignent ce dialogue « de l’objectif poursuivi qui doit être d’inclure les observations et suggestions du plus grand nombre et d’entreprendre en conséquence les réformes des institutions et de leur fonctionnement  ».

Voici l’intégralité de la tribune de Raymond Ndong Sima publiée ce 27 mars sur Facebook  :

Un dialogue qui s’annonce mal

Le dialogue national annoncé à partir du 28 mars 2017 ne se présente pas sous les meilleurs auspices. Non seulement, et en dépit de l’engouement apparent des nombreuses associations qui s’y sont inscrites et dont un grand nombre peinerait à produire un seul procès verbal de ses activités passées pendant toute l’année 2016, une partie de l’opinion a maintenu son refus d’y participer ; mais encore le clivage retenu pour le porter, majorité-opposition, est propice aux exclusions, aux blocages partisans et aux petits arrangements, toutes choses très éloignées de l’objectif poursuivi qui doit être d’inclure les observations et suggestions du plus grand nombre et d’entreprendre en conséquence les réformes des institutions et de leur fonctionnement.

Ce dialogue est, en tout premier lieu, frappé en quelque sorte d’un péché originel en ce qu’il prend pour acquis ce qui est précisément l’objet de toute élection : la détermination d’une majorité. La question posée en août 2016 aux électeurs gabonais était, il faut le rappeler, la suivante : Qui rassemble majoritairement les aspirations de la population ? C’est la réponse à cette question qui a donné lieu aux contestations au lendemain de la proclamation des résultats du scrutin. Dès lors, le dialogue organisé pour surmonter ces contestations devrait s’articuler autour des acteurs qui ont pris directement part au scrutin.

Or, en application de la loi électorale, ont pris part au scrutin, des candidats présentés par des partis politiques et des candidats indépendants. Par conséquent, la formation d’une commission ad hoc chargée de préparer ce dialogue sur la base du clivage majorité-opposition a procédé d’une démarche hors la loi, contraire aux dispositions de la loi 7/96 notamment en son article 12 bis et les recommandations d’une telle commission, pour une organisation de ce dialogue calquée sur une architecture politique binaire, bancales et non pertinentes.

Ce dialogue s’organise ensuite de façon tout à fait surprenante puisqu’il s’ouvre à des personnes et à des groupes qui n’ont formulé aucune revendication spécifique sur des élections à l’origine des troubles sérieux que le pays a connu fin août et début septembre 2016. Quelle sera alors leur contribution à l’amélioration des institutions et à l’organisation des élections futures apaisées ?

Ce dialogue se construit sur un quiproquo dès lors que les associations y sont invitées pour y exposer leurs attentes qui, dans un contexte de crise économique et sociale aggravée, se concentreront nécessairement sur les aspects économiques et financiers alors que le débat post-électoral porte sur les institutions et leur fonctionnement. Un tel dialogue pourrait même déboucher sur une déception et peut-être même un mécontentement accrus.

On peut observer à la veille de son ouverture, et contrairement à ce qu’il en a été dit, que ce dialogue s’organise de façon exclusive et non inclusive, dans le prolongement de la commission ad hoc qui l’a préparé, avec de surprenantes désignations de représentants de parties prenantes, des mises à disposition de ressources et de titres de transport à certains en catimini comme si, après avoir dit urbi et orbi que les débats étaient ouverts, on ne voulait y voir que certains. En agissant de la sorte on donne du grain à moudre aux adversaires déclarés de ce dialogue.

On en vient finalement à se poser la question de la sincérité de l’objectif poursuivi à savoir : le retour à un climat politique apaisé parce que accepté du plus grand nombre sur la base des institutions en place et de leur fonctionnement ce qui suppose la participation aux débats du plus grand nombre dans leur diversité.

L’atomisation des associations acquises à la cause trompera le monde sur l’engouement supposé des gabonais pour ce dialogue nécessaire, mais elle ne trompera pas le fond du problème c’est à dire un climat politique altéré à la suite de contestations bruyamment exprimées il y a quelques mois qu’il est urgent d’apaiser pour que tous les gabonais regardent de nouveau dans la même direction et affrontent une crise qui fait déjà d’importants dégâts et va continuer à en faire.

Raymond Ndong Sima

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