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Une insécurité publique multiforme et permanente règne de plus belle au Gabon

Une insécurité publique multiforme et permanente règne de plus belle au Gabon
Une insécurité publique multiforme et permanente règne de plus belle au Gabon © 2016 D.R./Info241

Tous ces derniers temps, les victimes d’Yves Mapakou, le Madoff gabonais, et sa BR SARL, multiplient les actions envers les autorités publiques pour exiger réparation. Si pour certains, ces hommes et femmes ne sont victimes que de leurs propres turpitudes, plus précisément de leur cupidité, les concernés reprochent aux pouvoirs publiques d’avoir laissé prospérer, au vu et su de tous, cette grosse et inédite arnaque.

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Autrement dit, ils accusent l’Etat d’avoir failli à une de ses principales missions régaliennes : celle d’assurer la sécurité des biens et des personnes, exposant ces pères et mères de famille à une sorte d’ « insécurité financière ». Cette escroquerie nationale est assez symptomatique de l’insécurité permanente et multiforme dans laquelle vivent les Gabonais depuis des nombreuses années.

« Insécurité judiciaire »

Certains faits ou anecdotes, a priori banaux, sont parfois significatifs et instructifs à plus d’un titre. Pour exemple, en 2013, au sortir des élections municipales et locales, acculée par la presse et le tollé suscité par sa décision de condamner le journaliste et activiste, Jonas Moulenda, à une peine de 6 ans d’inéligibilité pour « outrage à magistrat ». Alors que pour les mêmes faits des hommes politiques étaient soit soumis à une simple amende, soit pas du tout inquiétés. L’indéboulonnable président de la Cour constitutionnelle affirma publiquement que le poids politique de Moulenda n’était pas comparable à ceux de Mba Abessolo et du défunt Pierre Mamboundou.

En termes simples, on devait retenir qu’il y a une justice pour les « Mamadou » et une autre pour les « Makaya » ; des lois pour les puissants et d’autres pour les plus faibles. En somme, un système judiciaire qui protège les plus forts au détriment des plus faibles. Des cas similaires sont régulièrement vécus devant les tribunaux du pays, notamment dans les affaires d’expropriation ou des crimes dits « rituels ».

En conséquence, plus personne n’a confiance aux institutions judiciaires du pays, encore moins envers ceux « qui les incarnent ». Même dans les cas des délits de droits communs, les gens jugent la justice populaire plus adaptée. Preuve de plus que les victimes autant que les présumés coupables ne se sentent pas ou plus juridiquement protégés.


« Insécurité scolaire et universitaire »

Depuis des décennies, le pays n’a plus connu des années scolaires et universitaires sans perturbations. Or, les cahiers des charges sont quasiment les mêmes chaque année. Rien ou presque n’est fait pour réellement assurer aux jeunes gabonais une scolarité sereine et viable. Les programmes scolaires et universitaires sont tronqués ou rafistolés pour tenter, mais en vain, de sauver la face.

D’années grises en années blanches, voire noires, on fait du surplace. Combien de jeunes Gabonais ont subi ces années blanches ? Combien ont été privés de scolarité dans les universités occidentales à cause de ces grèves à répétition ? D’ailleurs pas plus tard que pour le compte de l’année scolaire écoulée, de nombreux jeunes bacheliers qui ont dignement réussi aux tests d’entrée dans les écoles d’ingénieurs françaises n’ont pu les intégrer du fait du gros retard accusé dans l’organisation et la proclamation des résultats du bac, desquels dépendent les commissions des bourses.

Malgré ces nombreux et lourds dommages et préjudices, aucun mot d’excuse, aucune indemnisation de la part des gouvernants, leurs enfants étant à l’ « abri du besoin et de la peur » dans les meilleures écoles et universités du monde. Tout au contraire, dans un cynisme déconcertant, ils imputent la responsabilité ou l’irresponsabilité à ces enseignants qui ne réclament que leurs droits. Or, on le sait tous, les enfants, les nièces, les frères et sœurs des dits enseignants ne sont pas épargnés par ces grèves que les principaux disent, à juste titre, inscrites dans un esprit de sacrifice utile et nécessaire pour les générations futures.

Comment comprendre, par exemple, que lorsqu’il s’agit d’augmenter le nombre de députés, de sénateurs, des maires, des conseillers et autres représentants personnels du président de la république, même ceux chargés des affaires inutiles tel que le « pacte social », l’argent ne manque pas, mais pour les primes et vacations des « petits fonctionnaires » pourtant budgétisées, on tire toujours en longueur ? Les bourses des étudiants comme des élèves ne sont plus payées qu’au prix des affrontements avec les forces de sécurité, devenues des instruments de répression.

Parallèlement à ces carences du système éducatif public, prolifèrent des établissements privés qui sont loin de garantir une formation de qualité aux apprenants. D’ailleurs certains programmes qui y sont dispensés et les diplômes délivrés, curieusement, ne sont pas homologués. En dehors, du ménage qu’avait tenté de faire Albert Ondo Ossa en son temps, comme dans le secteur de la micro-finance tel que déjà évoqué plus haut, on voit des « marchands du savoir », pour ne pas parler de vendeurs d’illusions, prospérer sur le malheur et les malaises scolaires des Gabonaises et Gabonais désorientés.

En amont comme en aval, aucun contrôle rigoureux des pouvoirs publics ; le secteur semble s’autoréguler. Au regard des ces faits qui sont loin d’être exhaustifs, on peut parler à juste titre d’une « insécurité scolaire et universitaire » au Gabon.


« Insécurité sanitaire »

Les mêmes effets produisent les mêmes causes, dit-on. En conséquence, les maux observés dans le domaine de la micro-finance ainsi que dans les systèmes éducatifs et universitaires du pays, sont perceptibles dans le secteur de la santé. C’est certainement parce que l’expression « on va encore faire comment » traduit aujourd’hui non seulement les désillusions d’un tout peuple, mais également une forme de résignation face à un régime politique cruel, moyenâgeux et abject, que tous ces décès enregistrés dans ces « cliniques » et autres « centres de santé » privés aux pratiques et fonctionnements douteux n’ont pas conduit à des émeutes.

Dans les établissements publics, des citoyens sont privés de soins de santé toujours à cause des mouvements de grève à répétition. Des nombreuses familles ont vu les leurs crever devant leurs yeux tout simplement parce que le gouvernement traite avec légèreté les revendications du personnel médical.


Insécurité énergétique

Dans un pays à la pluviométrie abondante et l’hydrographie enviée, l’accès à l’eau potable et à l’électricité, produits de première nécessité, reste, en 2016, un luxe et ce, même en milieu urbain au point où même les simples adductions d’eau sont inaugurés par le « chef de l’exécutif » en personne. C’est tout dire.

En effet, depuis 2008, à Libreville comme à l’intérieur du pays, les populations sont soumises au rythme des délestages ; les heures de sommeil sont conditionnées à celles de « l’arrivée de l’eau ». Depuis lors, des discours et communiqués ont été pondus à foison, nombreuses actions sont officiellement entreprises pour y remédier.

Dans les faits, les effets de cette bonne volonté affichée sont loin d’être perceptibles, encore moins satisfaisants. La SEEG, toujours confortée dans son monopôle essentiellement nourri et entretenu par son actionnariat incestueux, et son partenaire, le gouvernement toujours aussi versatile sur la question, se renvoient continuellement la balle. Les citoyens, eux, désabusés, se trouvent comme pris en otage : « on va encore faire comment » ?

Insécurité routière

Dans ce pays, il n’y a plus d’autres raisons de s’indigner si ce ne sont « l’aigreur », « la haine » et « la jalousie » envers ceux qui ont « réussi leur vie » (sic). Pourtant, le problème qui a sonné l’indignation et la révolte du Rassemblement des Jeunes Patriotes Gabonais (RJPG), celui des drames routiers à répétition sur les axes de la capitale et même ceux du pays est connu de tous et depuis plusieurs années.

Quelles mesures concrètes ont été prises ont été prises par les gouvernants ? D’ailleurs, vraie ou fausse, une certaine rumeur circulant à Libreville depuis des années prétend que l’échangeur d’Awendjé a été construit à la suite d’un accident mortel qui a touché directement la famille régnante. Or pendant longtemps, des nombreuses personnes ont péri à ce même endroit et dans quasiment les mêmes circonstances. C’est dire que face à certaines nécessités ou circonstances, il n’y a pas des « Gabonais économiquement faibles » d’un côté et, de l’autre, des Gabonais politiquement forts.

Insécurité politique

Au Ghana, au Benin, au Sénégal, les citoyens qui n’ont rien de plus ni de moins que ceux du Gabon si ce ne sont des dirigeants moins avides de pouvoir, plus démocrates et républicains - des dirigeants conscients et responsables en un mot - ne votent pas la peur au ventre. Or, au Gabon, depuis toujours, les élections présidentielles particulièrement, loin d’être le moment de l’expression et la manifestation de sa citoyenneté, sont plutôt perçues comme le rendez-vous de tous les dangers.

Toute élection présidentielle augure toujours des lendemains incertains, troubles. De 1993 à 2009, combien de Gabonaises et Gabonais sont morts suite à ces parodies d’élection aux résultats toujours contestés et contestables ? La création d’ « agences nationales » semble être aujourd’hui la panacée de tous les secteurs dans lesquels on a échoué, faut-il en créer une dédiée aux élections mais qui, cette fois, ne soit pas rattachée à la présidence de la République ?

A l’approche de celle 2016, pendant que ceux qui vivent à l’intérieur comme à l’extérieur du pays la perçoivent avec beaucoup d’appréhension, ceux qui servent d’élite politique au pays se précipitent dans les déclarations de candidature sans au préalable garantir aux citoyens les conditions d’une élection apaisée, d’une paix durable et véritable fondée sur la force des instituions et non sur les desseins, la malice, les vices et les humeurs des hommes.

Tout au contraire, on va encore se cacher sous l’argument aussi facile que fallacieux selon lequel les élections en Afrique sont toujours contestées. Mais non ! On peut être capables d’inspirer le meilleur et non de toujours s’inspirer du pire. D’ailleurs, lors du vrai-faux incident diplomatique et médiatique suscité par les propos du premier ministre français, Manuel Valls, on s’est uniquement focalisé sur ce qu’avait dit ce dernier, omettant le fait que l’humoriste qui l’avait poussé à la faute - si faute il y a eu - sur la palette des chefs d’Etat et de gouvernement qui avaient participé à ce défilé, il n’avait cité nommément que celui du Gabon. C’est dire l’image que se fait le monde entier sur nos « institutions et ceux qui les incarnent ». « Où est le respect ? », pour parler plus vulgairement.

Enfin, dans nos sociétés traditionnelles et lignagères, les hommes allaient en brousse chasser les bêtes qu’ils venaient ensuite dépecer au village. Mais aujourd’hui, hommes, femmes et enfants sont enlevés dans les villes et villages pour être dépecés en brousse. Des enquêtes sont souvent ouvertes sans qu’on ne sache à quel moment sont-elles closes.

On comprend aisément que les Gabonais ne se sentent aucunement protégés, l’insécurité est partout et en tout temps, la psychose est permanente et multiforme. Dans un tel contexte, pourra-t-on encore reprocher à ceux qui leur promettre un pays « à l’abri du besoin et de la peur » de manquer de projet de société ?

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