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Raymond Ndong Sima répond aux tweets rageurs d’Alex Bongo Ondimba et Caroline Sintault

Raymond Ndong Sima répond aux tweets rageurs d’Alex Bongo Ondimba et Caroline Sintault
Le frère d’Ali Bongo à gauche et l’ancien Premier ministre © 2015 D.R./Info241

Sur sa page facebook, l’ancien Premier ministre, Raymond Ndong Sima, répond à une cabale entretenue contre sa personne sur les réseaux sociaux. Parmi ses détracteurs, figurent en bonne ligne les nommés Alex Bernard Bongo Ondimba (frère d’Ali Bongo Ondimba) et Caroline Sitault.

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Ces tweets rageurs datant du 14 mars dernier, accuse l’ancien Premier ministre d’avoir retardé l’arrivée de l’e-éducation dans notre pays. Ces pics valent le détour car venant d’Alex Bernard Bongo Ondimba car directeur général de l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF). De même que celui provenant de Caroline Sitault, par ailleurs chef de cabinet du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.

Des pics en rapport avec la nouvelle posture politique de l’ancien Premier ministre ? Nous vous livrons l’intégralité de cette réaction aux allures didactiques.

Le 14 mars dernier, monsieur Alex Bernard Bongo Ondimba et une certaine Caroline Sitault se sont laissés aller à une série de tweets à mon sujet. Dans l’un d’entre eux, le premier cité parle d’un premier ministre qui aurait retardé la mise en place de l’e-Education pour un problème personnel de bus en confondant CFAO Motors et technologie. La seconde écrit que NDONG SIMA était un premier ministre incapable de tenir une réunion structurée avec un ordre du jour clair. L’affaire, qui s’inscrit dans les petites insultes, est somme toute banale et ne mérite pas un grand intérêt. Mais comme la somme de petites insultes finit par devenir une grande insulte, une clarification de temps à autre n’est pas sans intérêt.
 
Les faits d’abord :
 
Le Ministre de l’Education Nationale a soumis à la signature du Premier Ministre une convention avec CFAO Technologie portant sur des équipements et logiciels informatiques. Cette convention comportait, dans sa page de signatures, plus de cinq irrégularités. Dont certaines étaient certes mineures. D’autres étaient plus sérieuses et relevaient du faux en écritures publiques. A titre d’illustration, le Directeur Général du Contrôle des Ressources Jean Fidèle Otandault aurait donné délégation de signature à son adjoint (non précisé) pour signer ladite convention. Au lieu que le signataire fasse précéder son nom, sa fonction et sa signature de la mention PO (Par Ordre) ; il a maintenu les fonction, prénom et nom de Jean Fidèle Otandault et apposé une signature dont nul ne savait (et certainement pas le Premier Ministre) à qui elle appartenait. Signer ce document en l’état aurait rendu le Premier Ministre complice d’un faux en écritures publiques.
 
Contre toute attente et alors que cette convention venait à peine d’arriver à la primature, Monsieur Alex Bernard Bongo Ondimba, Directeur Général de l’ANINF, agence relevant d’un domaine particulièrement technique auquel sa longue scolarité de dix (10) dans l’enseignement supérieur après le baccalauréat obtenu en 1990 l’a sans doute préparé, a saisi le Premier Ministre en des termes pour le moins surprenants puis, trois jours après le Ministre de l’Education Nationale pour exiger l’accélération de signatures. C’est ce dossier qui lui donne l’occasion de se détendre de ses émotions dans le suivi d’une course automobile internationale.
 
Non, je n’ai ni bloqué ni retardé le projet e-Education, au contraire ; j’ai même fait diligence. Cette convention est partie de l’Education Nationale signée du ministre le 11 mai 2012. Elle a été signée du Directeur Général des Marchés Publics le 26 juillet de la même année. Elle est arrivée à la primature entre la fin août et le tout début du mois de septembre. Interrogé sur la nature du programme, le ministre de l’éducation a apporté des précisions sur le dossier et demandé au Premier Ministre dès le 13 septembre 2012, par lettre n° 00837/MENESTFPRSCJS/SG/DGPE la signature urgente du marché.
 
De façon tout à fait surprenante, quatre jours plus tard, le 17 septembre 2013, Monsieur Alex Bernard Bongo Ondimba, Directeur Général de l’ANINF, en violation des règles élémentaires de déontologie administrative, a saisi le Premier Ministre par lettre n° 7613/PR/ANINF/DG/PEE/CP pour lui « signifier le retard constaté sur la mise en œuvre du projet ». Il m’enjoignait ensuite de prendre des dispositions pour la tenue urgente d’une séance de travail afin d’accélérer le processus d’engagement et de liquidation des offres.
 
Interpellé sur la légèreté de la démarche tant sur la forme que sur le fond, le Président du Conseil d’administration de l’ANINF, Pacôme Moubelet-Boubeya, par ailleurs Secrétaire Général du gouvernement et à ce titre patron de madame Caroline Sitault ( ce que je ne savais pas à l’époque), s’est présenté à mon bureau avec son directeur général Alex Bernard Bongo Ondimba qui m’a, à cette occasion et après avoir vu mes observations, présenté des excuses orales réitérées par écrit le 2 octobre 2013 par lettre n° 7721/PR/ANINF/DG.
 
Les interrogations que soulèvent ces tweets.
 
Outre les incohérences de quelqu’un qui reconnaît s’être trompé, puis présente des excuses et revient deux ans plus tard, alors qu’il commente une course automobile et veut s’accorder un peu de détente, évoquer le même sujet, on peut observer que :
Cette affaire est l’exemple même des dérives au sommet de l’Etat que je dénonce dans mon livre. Le Directeur d’une agence avait et a toujours, au-dessus de lui un Président du Conseil d’administration et plus haut encore une tutelle qui se trouve être, dans le cas d’espèce, la présidence de la République. Comment pouvait-il sauter à pieds joints ses deux supérieurs hiérarchiques à savoir : le Président du Conseil d’administration de l’ANINF d’abord, le Président de la République ensuite, pour aller sermonner le Premier Ministre ? Le faisait-il en qualité de Directeur de l’agence ou en qualité de frère de quelqu’un ?
 
Si c’est en qualité de directeur d’une agence, était-ce bien conforme à la déontologie administrative d’autant plus qu’aucune ampliation de sa correspondance n’était faite à sa hiérarchie ; que les irrégularités étaient indiscutables ? Comme frère du citoyen Président, se croyait-il implicitement investi des prérogatives de celui qui est certes son frère incarne seul la première institution du pays et ne peut se permettre des familiarités sans discriminer les autres citoyens qui n’ont pas la chance de se prévaloir de liens de sang avec lui ? Etions-nous encore dans le cadre républicain ? Dans nos quartiers populaires on demanderait : on est où là ?
 
En second lieu, ce dossier s’est illustré par de nombreuses irrégularités dont certaines relevaient du faux en écritures publiques. Qui a signé en lieu et place du Directeur Général du Contrôle des Ressources ? Ce dernier aurait pu en effet par la suite, contester ce document qui n’était pas accompagné d’une procuration ou d’un quelconque document attestant de cette délégation de signature.
 
Monsieur Alex Bernard Bongo Ondimba a-t-il oublié tous ces détails, en voulant s’accorder un peu de détente et s’autoriser des sarcasmes sur l’ancien premier ministre qui a publié un livre le 5 mars 2015, ou bien les points soulevés en 2013 n’étaient-ils pour lui que de simples détails qui portaient sur :
a) l’absence de la date de signature du Directeur Général de la société adjudicataire ;
b) l’absence de la date de signature du Directeur Général du Budget et de celui du Contrôle des ressources et des charges publiques ;
c) l’utilisation de stickers pour indiquer le nom du Premier Ministre pour une convention qui a démarré son circuit de signatures en mai 2012 ;
d) un signataire par ordre non identifiable en lieu et place du Directeur Général du Contrôle des Ressources et des Charges Publiques.
A l’évidence, il s’agit d’une dérive qui s’ajoute à tant d’autres déjà si regrettables. Sans doute objectera-t-il à son tour, que je n’étais pas retenu par une camisole de force et que je n’étais pas obligé de subir ces dérives ; à moins qu’il n’estime tout simplement que je n’étais pas capable de comprendre un dossier structuré.
 
Finalement :
 
Les agissements de Monsieur Alex Bernard Bongo Ondimba illustrent les mélanges regrettables entre la gestion de l’Etat et la Famille. Au lieu d’aider son frère, citoyen Président investi de lourdes charges, il l’enfonce, lui qui aurait dû briller par son exemplarité pour pallier les défaillances des empêcheurs de tourner en rond. Il se rappelle au bon souvenir de tous en évoquant des dossiers, en tout état de cause, peu glorieux pour la chaîne de ceux qui l’ont conduit
 
 
J’espère que le suivi des courses automobiles et la critique de l’ancien premier ministre lui laissent encore un peu de temps pour s’occuper de l’ANINF et que nous n’aurons pas le désagrément d’apprendre un jour prochain que cette agence bat de l’aile. Comme tous les gabonais, j’espère que demain cette agence ne deviendra pas, parce qu’il se sera laissé distraire par les errements passés de l’ancien Premier Ministre, un gouffre financier que le contribuable devra renflouer. Car si tel était le cas, il justifierait un peu plus ma critique d’une galaxie peu soucieuse de ses performances, de l’intérêt général et de l’Etat tout court et, ce faisant, il accablerait un peu plus son frère.
 
Quant à madame Caroline Sitault, son commentaire ne mérite pas de réponse. Je laisse la responsabilité et la gravité de ses propos à ses supérieurs hiérarchiques. Assistante de je ne sais qui au Secrétariat Général du Gouvernement, probablement en charge de la constitution des dossiers inscrits à l’ordre du jour du conseil, elle formule un avis sur des réunions auxquelles son statut ne lui permettait pas de prendre part.

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