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Migration : Quand l’Aninf décide de saborder la popularité des noms de domaine en .ga

Migration : Quand l’Aninf décide de saborder la popularité des noms de domaine en .ga
L’actuel DG de l’Aninf Aimé Martial Massamba © 2023 D.R./Info241

L’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (Aninf) du Gabon a-t-elle bien anticipé la reprise de la gestion des noms de domaine .ga ? C’est la question que se pose nombre d’acteurs impactés par cette décision de reprendre ce domaine national à l’opérateur Freenom, englué dans des travers judiciaires en Europe. Une migration qui ne s’est pas faite sans heurt et questionne surtout sur la stratégie des autorités gabonaises pour rendre les sites en .ga hors de coût.

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Depuis plusieurs jours les noms de domaine en .ga souffrent de la migration annoncée de leur gestion de reprise par l’Aninf pour la transférer finalement à l’Association française pour le nommage Internet en coopération (Afnic), une agence qui gère les noms de domaine français. Un choix curieux pour notre agence nationale qui visiblement malgré les années accumulées, ne détient toujours pas l’expertise nécessaire pour gérer en autonomie elle-même ce domaine de souveraineté.

Une migration forcée et necessaire

Il faut dire que depuis plusieurs mois et singulièrement celui de mars dernier, les ennuis judiciaires de l’ancien opérateur Freenom, basé à Amsterdam (Pays-Bas), ne permettaient plus d’acquérir les noms de domaine gabonais sur sa plateforme bien que cela restait quelque peu également possible via des registrars tiers très prohibitifs. Face à cette situation d’instabilité, les autorités gabonaises se devaient de réagir. C’est ce qui sera fait par la décision unilatérale de reprendre la gestion du nom de domaine national.

Le communiqué de transition de l’Aninf

Sauf que cette entreprise ne s’est pas faite dans les règles de l’art pour les détenteurs des domaines enregistrés chez l’ancien opérateur choisi par le Gabon pour administrer depuis une dizaine d’année son nom de domaine national. On évoque jusqu’à 7 millions de noms de domaine .ga impactés. Soit autant de porteurs qui ont été touchés par la coupure imposée par cette migration forcée entre Freenom et l’Aninf. En effet, tous les domaines existant ont été perdus au cours de cette transition du fait du refus de Freenom de transférer ses données clients à l’Aninf.

Des nouveaux coûts prohibitifs

Mais ce n’est pas tout. Pour ne rien arranger, l’Aninf a décidé en parallèle de cette opération, de la fin de la gratuité des noms de domaine en .ga. Une décision lourde de conséquences pour la popularité de ce TLD gabonais. Désormais pour s’offrir le .ga via les nouveaux registrars homologués par l’Aninf, il faut débourser entre 12 et 22 000 FCFA. Un prix jugé très prohibitif pour les clients gabonais qui avaient adopté déjà ce nom de domaine vert jeune bleu, prisé en partie en raison de son coût gratuit ou peu onéreux.

Les coûts très onéreux imposés aux registrars par l’Aninf

Un changement de braquet des autorités gabonaises qui n’est pas sans incidence pour la popularité et pour l’usité de notre nom domaine national qui battait même le record de détenteurs estimés à 4 millions pour le .fr géré par l’Afnic. Plusieurs institutions et propriétaires de sites lourdement frappés par cette migration qui s’est terminée ce 7 juin, ont dorénavant décidé de tourner le dos au .ga. En effet, en raison des coûts de redevance imposée par l’Aninf aux différents registrars, ce domaine ne peut raisonnablement pas être revendu au client final à moins de 10 000 FCFA soit 15€.

Désamour annoncé

Une stratégie de l’Aninf qui questionne sur les véritables mobiles de cette opération et ses visées. Plutôt que de résoudre le problème Freenom, le Gabon est allé jusqu’à se saborder en prenant visiblement le pari de l’inaccessibilité des .ga pour le grand public et toutes les couches entrepreneuriales. Le .ga étant plus cher après cette migration plus cher qu’un .com, un .fr ! Témoin de ce désamour annoncé, le site de la Présidence gabonaise accessible traditionnellement via presidence.ga a préféré s’offrir un .com avec presidencegabon.com.

Une saignée qui pourrait se poursuivre avec la colère des clients nationaux qui ont tout perdu au cours de cette migration jugée brutale par de nombreux utilisateurs. De même que la communication déployée par l’Aninf pour prévenir de tout dommage a été insuffisante par de nombreux gabonais. Une colère et un black out qui pourrait se corréler à la nouvelle stratégie tarifaire d’acquisition de ce nom de domaine autrefois accessible et qui aura largement conquis plus de 7 millions d’utilisateurs. A qui profite le crime ?

@info241.com
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