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Tournée républicaine

Un député du PDG claque la porte du parti d’Ali Bongo en plein meeting


Politique
  • Le courageux député de Minvoul, Bertrand Zibi Abeghe © 2016 D.R./Info241
Publié le 24 juillet 2016 à 11h30min

Grosse douche froide publique pour le président gabonais, Ali Bongo, qui a bouclé samedi, la seconde phase de sa tournée dite républicaine dans le Woleu-Ntem. A Bolossoville, un député du parti au pouvoir, Bertrand Zibi Abeghe, a désavoué en plein meeting la gestion du pays en remettant en direct sa démission de député de Minvoul du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir depuis 1968).

Pour un coup d’éclat, ce fut un coup d’éclat ! Alors que le député du 2e siège du Haut-Ntem (Minvoul), district de Bolossoville, devait prendre la parole pour louer l’action du président Ali Bongo à la tête du pays, l’honorable a plutôt fait un volte-face inédit contre le patron du PDG en déplacement à Bolossoville.

Le film de la démission courageuse de Bertrand Zibi Abeghe

Bertrand Zibi Abeghe a plutôt dit tout haut, tout le bien qu’il pensait de la politique désastreuse que mène Ali Bongo depuis 2009 tant au sein du parti que pour le pays tout entier. Devant une foule ébahie et satisfait de cette sortie inédite, Bertrand Zibi Abeghe a rendu son écharpe de député et de militant du parti.

Le député du district le plus pauvre du Gabon, selon le rapport McKinsey sur la pauvreté, s’est refusé à lire le discours qui lui a été remis par le protocole présidentiel pour plutôt dépeindre la souffrance de ces populations privées d’électricité et d’hydraulique villageoise. Avant d’évoquer le climat "morose" du pays où les contradicteurs du président sont menacés de mort pour leurs opinions.

Bertrand Zibi Abeghe lors des festivités du 17 août en 2014 à Bolossoville

Un nouveau désaveu de l’actuel candidat-président Ali Bongo dont le leadership est sans cesse remis en cause au sein du parti fondé par son père et qu’il a hérité à son décès en 2009. Cette démission grand-public est un nouvel affront symptomatique du désamour qu’on les élus de la Nation de la conduite des affaires publiques par Ali Bongo. En mars dernier, 13 députés du PDG avaient claqué la porte de l’hémicycle pour dénoncer le manque de démocratie interne au sein de ce parti au pouvoir depuis 1968.


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