Éthiopie : le gouvernement nie les allégations américaines de nettoyage ethnique au Tigré


Le ministère des Affaires étrangères éthiopien a rejeté samedi les accusations de nettoyage ethnique au Tigré formulées par la diplomatie américaine, les qualifiant de « complètement infondées et fallacieuses ». En effet, le secrétaire d’État américain, Antony Blinken avait dénoncé lors d’une audition parlementaire mercredi des « actes de nettoyage ethnique » dans l’ouest du Tigré et évoqué la présence de forces venues d’Érythrée et de la région voisine Amhara qui « doivent partir ».
« Rien, pendant ou après la fin de la principale opération de maintien de l’ordre au Tigré, ne peut être identifié ou défini d’aucune manière comme un nettoyage ethnique ciblé, intentionnel, contre quiconque dans la région. C’est pourquoi le gouvernement éthiopien s’oppose vigoureusement à de telles accusations », indique le ministère éthiopien des Affaires étrangères dans son communiqué.
Le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, lauréat du prix Nobel de la paix 2019, a lancé le 4 novembre une opération militaire au Tigré pour renverser les autorités du parti au pouvoir dans cette région, le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), dont il accusait les forces d’avoir attaqué des bases de l’armée fédérale. Il s’est appuyé sur des forces régionales venues d’Amhara pour sécuriser de vastes zones du Tigré après le retrait du TPLF. Dans plusieurs localités, des responsables amhara ont été chargés de mettre en place des administrations intérimaires.
