Drame

Torturé et jeté à l’isolement, un détenu martyrisé décède à la prison de Libreville

Torturé et jeté à l’isolement, un détenu martyrisé décède à la prison de Libreville
Thomas Glokpon est mort dans des circonstances troubles le 8 octobre dernier, à la prison centrale de Libreville © 2021 D.R./Info241

Encore un scandale qui éclabousse le monde judiciaire gabonais et le respect des Droits de l’homme. Selon un communiqué de l’ONG SOS Prisonniers, un pensionnaire de la célèbre prison centrale de Libreville, Thomas Glokpon, aurait péri le 8 octobre après avoir subi des actes de torture et un isolement drastique de l’administration pénitentiaire durant plusieurs jours. Des traitements inhumains et contraires à la loi qu’a dénoncé hier cette ONG qui lutte pour une humanisation des prisons gabonaises.

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"Sieur Glokpon Thomas, incarcéré à la prison centrale de Libreville depuis le 03 août 2007 est passé de vie à trépas le vendredi 8 octobre 2021 à 7h40", révèle jeudi dans son communiqué SOS Prisonniers. Et de relater : "Le 15 septembre dernier 2021, Thomas Glokpon avait été victime de tortures. Il a subi le “pont”, des coups de manches à pelle ou encore des coups de câbles électriques". Des faits graves qui se sont poursuivis par sa mise en isolement.

Le détenu disparu, de son vivant

Thomas Glokpon "a ensuite été mis en cellule d’isolement, menotté, avec interdiction de recevoir la visite des proches et interdiction de communiquer au téléphone du service social de la prison", relate l’ONG. Tout serait parti d’accusations de possession de chanvre indien proférées par l’administration pénitentiaire contre son pensionnaire. "La sanction a donc été.... la torture", auront décidé d’infliger en représailles la direction de la prison à Thomas Glokpon.

Ce au mépris de l’article 1 de la Constitution qui stipule pourtant que "Nul ne peut être humilié, maltraité ou torturé, même lorsqu’il est en état d’arrestation ou d’emprisonnement". Une disposition violée par la direction de la prison prison qui n’est pourtant pas sans ignorer de nombreux traités internationaux ratifiés par le Gabon interdisant la torture sur son territoire notamment l’article 5 de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples et l’article 7 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

"Mais, malheureusement, toutes ces dispositions sont quotidiennement violées par certains agents de la sécurité pénitentiaire", déplore SOS Prisonniers. "Tout est une question de considération humaine, de respect de l’autre, même s’il est détenu. Il s’agit aussi d’un manque de formation des agents pénitentiaire à la gestion des situations difficiles en milieu carcéral", croit savoir l’ONG pour expliquer la survenue de ce drame que s’est bien gardé de dévoiler l’administration pénitentiaire.

Informé de ce drame, SOS Prisonniers a dit avoir saisi la ministre de la Justice et la Commission nationale des droits de l’homme pour "demander l’ouverture d’une enquête indépendante sur les auteurs de la torture, et les circonstances réelles de la mort de Thomas Glokpon". Car, poursuit l’ONG, "seule une autopsie pourrait nous donner la réponse exacte, afin de mettre la lumière sur cette affaire qui ternit une fois de plus l’image de la sécurité pénitentiaire et de notre pays".

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