Révélations

Quels médias gabonais sont arrosés de millions chaque mois par Ali Bongo et son pouvoir ?

Quels médias gabonais sont arrosés de millions chaque mois par Ali Bongo et son pouvoir ?
Quels médias gabonais sont arrosés de millions chaque mois par Ali Bongo et son pouvoir ? © 2022 D.R./Info241

Le procès de l’ancien porte-parole d’Ali Bongo, Ike Ngouoni, cette semaine a levé un voile sur une menue liste de médias financés par la Présidence gabonaise sur fonds publics. De la radio au web, plusieurs médias privés continuent d’avoir le soutien privilégié du pouvoir gabonais. Si c’était encore un secret de polichinelle que le régime Bongo soudoyait la presse internationale, celle nationale n’est pas en reste des nombreuses largesses d’Ali Bongo pour s’acheter soit une virginité politique ou pour rétribuer des « amis » entrepreneurs du régime tapis dans l’ombre des médias.

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Ali Bongo a la main généreuse pour ce qui est de soudoyer les médias ou de les mettre dans sa poche. C’est du moins ce qu’il ressort de cette audience de moins de 24h. Le procès de son ancien porte-parole présidentiel condamné mardi pour détournements de fonds publics et blanchiment de capitaux a révélé les quelques noms d’organes de presse privée dont le fonctionnement est largement financé par le contribuable gabonais. Une largesse instituée par le palais présidentiel depuis de longues dates, à en croire Ike Ngouoni.

Les « radios » de la Présidence

Parmi eux figurent en bonne place la radio Urban FM 104.5 d’Edmond Didier Ndoutoumou Medzo alias Dafreshman. Selon l’ancien porte-parole de la présidence gabonaise, cette radio proche des tenants du régime, percevait pas moins de 17 millions par mois qui ont été réduits à 15 millions à son arrivée. Une coquette somme pour « la station urbaine » qui n’émet que dans la capitale gabonaise pour et à destination des jeunes. Autre radio « présidentielle », la Street FM 103 de l’actuel ministre délégué à la Culture et ancien rappeur Max-Samuel Oboumadjogo dit Massassi.

Le plateau d’Urban FM où défile régulièrement des personnalités du gouvernement

La radio rivale d’Urban FM, créée en 2018 aurait eu droit depuis au même traitement financier de sa consœur née en 2010. Des médias radios dont les patrons pouvaient jouir sans discontinuité des largesses financières d’Ali Bongo pour séduire la jeunesse de la capitale gabonaise et distiller ainsi la « bonne parole » du palais présidentiel. Selon toujours les déclarations d’Ike Ngouoni, la presse en ligne n’était pas épargnée par cette mainmise du palais présidentiel sur une partie de la presse.

Des médias en ligne aussi...

Pour ce dessein, ce sont les « rois » du numérique Hercule Nze Souala et Daryl Danyel Ekorezock qui se chargeaient de cette sale besogne pour le palais du bord de mer. Avec l’argent perçu chaque mois d’un compte privé d’Ali Bongo logé à la sulfureuse banque privée BGFI, ils étaient chargé de tout mettre en œuvre pour soigner l’image d’Ali Bongo et « amplifier » son message sur les réseaux sociaux. Bien qu’aucun nom de ces médias en ligne n’ait pas été cité lors du procès, on peut logiquement avancer celui de Focus Groupe Media d’Hercule Nze Soula et les nombreux médias proches de la galaxie présidentielle tels que LaLibreville ou encore LaRepublique.

Hercule Nze Souala justifiant son travail auprès d’Ali Bongo

D’autres médias en ligne plus importants ont également profité de cette dotation mensuelle présidentielle tirée de l’argent public. Leurs noms seront certainement dévoilés plus officiellement dans les prochains procès des anciens Ajeviens qui ont fait perdurer une tradition présidentielle du régime de Libreville : acheter la presse nationale pour les beaux yeux d’Ali Bongo. Une mission à gros sous qui là encore échappe à tout contrôle, le principe premier même du détournement de fonds. Surtout que ces fonds « détournés » par Ike Ngouni étaient sur un compte « public » logé dans une banque privée au nom d’une société fantoche. Cherchez l’erreur !

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