Affaire Poste gabonaise

Ba Oumar patron d’IG Telecom accusé d’avoir bénéficié des subventions détournées de l’Etat

 Ba Oumar patron d’IG Telecom accusé d’avoir bénéficié des subventions détournées de l’Etat
Alain Ba Oumar, patron d’Internet Gabon. Cr. photo : Gabonreview © 2017 D.R./Info241

Alain Ba Oumar, proche du régime d’Ali Bongo, patron d’Internet Gabon (d’IG Telecom) qui brigue la tête de la Confédération patronale gabonaise, est accusé par Alfred Mabia-Mouyama, ancien P-DG de La Poste gabonaise, d’être le principal bénéficiaire des subventions de l’Etat, détournées par Emmanuel Issoze-Ngondet lorsqu’il était ministre Budget de 2001 à 2012. A quand une enquête impartiale de la Justice gabonaise en vue d’entendre toutes ces personnalités citées dans ce scandale de détournements de fonds publics qui fragilise plusieurs familles gabonaises ? Quid d’une justice et d’une opération ’’Mamba’’ à deux vitesses !

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Les ramifications qui émaillent le scandale de La Poste gabonaise sont à l’image d’un polar mettant en lumière un gang de braqueurs aguerris. En effet, M. Alain Ba Oumar, le patron de la société IG Telecom est cité dans l’affaire de la crise qui secoue La Poste gabonaise. Celui qui souhaite être élu, le 24 février à la tête de la Confédération patronale gabonaise (CPG) ne semble pas très clean. Ce chef d’entreprise très introduit dans les arcanes du régime Bongo-PDG dit être outillé dans l’entreprenariat, où il cumule une trentaine d’années d’expérience.

Avec de telles accusations qui pointent sa responsabilité dans la crise de trésorerie de Postebank, en tirant des bénéfices au profit d’une entreprise d’utilité publique, en présentant sa candidature à la tête du patronat gabonais, Alain Ba Oumar a osé déclarer sur une chaîne publique : « Je ne suis donc pas salarié, mais entrepreneur orienté vers les résultats. Je souhaite donc que la CPG, elle aussi, s’oriente vers les résultats et adopte des techniques de management modernes ». De quels résultats parle-t-on ? Rêvons-nous ou sommes-nous en présence d’un énième enfumage médiatique. Comme à l’accoutumée orchestré par les médias financés par le contribuable gabonais. Car, faut-t-il souligner que son adversaire n’a pas eu le même traitement médiatique comme le stipule le CNC.

Accusé d’avoir été le principal bénéficiaire des détournements de subventions de l’Etat gabonais, argent du contribuable, sous d’autres cieux, Ba Oumar devait retirer sa candidature jusqu’à ce que la Justice gabonaise se prononce. Pour cause, l’ancien président directeur général de La Poste gabonaise, Alfred Mabicka, a souligné lors de son point de presse du 16 février dernier à Paris que l’analyse de la crise de La Poste « révèle que deux des principaux éléments ayant précipité l’entreprise dans la crise sont les agissements de l’actuel Premier ministre, Emmanuel Issoze-Ngondet, ministre du budget (2011 - 2012) à l’époque des faits : le non versement des subventions allouées à La Poste par l’Etat et l’inertie dans la prise de décisions essentielles. Pour l’auteur, il s’agit d’une crise de trésorerie, une crise artificielle, voulue et organisée par l’Etat. Nous sommes en présence d’un cas flagrant de détournements des subventions avec des incitations des clients à retirer leurs dépôts pour affaiblir la trésorerie de Postebank, gel des fonds, accumulation d’une dette de 100 milliards de francs CFA vis à vis de La Poste. En outre, souligne Alfred Mabika-Mouyama, l’Etat n’a ni couvert les avoirs des épargnants ni libéré un seul centime du capital de La Poste SA et de Postebank. »

S’exprimant au sujet des subventions l’ancien P-DG de La Poste gabonaise a durant la présentation de son livre, déclaré « qu’elles ont été amputées et détournées de leur destination initiale par le ministre du budget de l’époque qui a signé le 16 juin 2011 un protocole d’accord avec Internet-Gabon (société avec laquelle La Poste était en litige) dans le dos de La Poste. En ajoutant ce qui suit : le ministre s’est substitué à La Poste pour conclure à son insu des clauses transactionnelles avec Internet-Gabon. Et le ministre du Budget a d’autorité décidé de payer Internet-Gabon en imputant la dépense sur les subventions dues à La Poste  ».

De son propre chef, a précisé l’ancien ministre du Commerce, de l’Industrie chargé des investissements publics «  le ministre Issoze-Ngondet va donc verser toutes les subventions de La Poste jusqu’à hauteur de 2.204.654.685 francs CFA (3,36 millions d’euros) à Internet-Gabon, selon l’accord qu’il a lui-même conclu le 16 juin 2011 et enregistré aux Domaines le 30 juin 2011. Quand il signe cette Convention, sans même nous consulter, La Poste avait déjà versé la somme conséquente de 1.152.000.000 francs CFA (1,75 millions d’euros) à la société Internet-Gabon pour acquérir l’équipement nécessaire à sa transformation et à son développement. Et, à ce jour, cet équipement évalué à 1,009 milliard de francs CFA (1,538 millions d’euros) est toujours détenu par Internet-Gabon  ».

A ce stade, a précisé M. Mabika Mouyama « l’intervention du ministre Issoze-Ngondet fait perdre à La Poste environ 4,2 milliards de francs CFA (6,4 millions d’euros). La Poste – pour réaliser ses projets - a été obligée de racheter un équipement similaire auprès de la société chinoise arrivée en deuxième place dans l’appel d’offres lancé pour s’équiper et de débourser pour ce faire la somme de 1,876 milliards de francs CFA (2,86 millions d’euros) ! C’est là le paradoxe. Abusant de sa position, puisque le budget pour décaisser les sommes allouées à La Poste dépendait de lui-seul, M. Issoze-Ngondet aurait-il mis en place tout un habile système de « détournement de fonds » et d’utilisation frauduleuse des subventions prévues au budget de l’Etat ? On peut en effet se poser la question ».

Les révélations inscrites noires sur blanc par Alfred Mabika Mouyama dans son essai politique et économique ’’La Poste au Gabon : controverses et manipulations politiques" contre la société IG Télécom, dirigée par Alain Ba Oumar, ne devraient-elles pas permettre à la Justice gabonaise de se saisir de cette affaire ? Face à l’importance, l’exigence de probité et d’éthique de gouvernance exemplaire que revêtent la Confédération patronale gabonaise, la candidature de Ba Oumar est -t-elle opportune ? Le Gabon acceptera-t-il d’avoir à la tête du patronat gabonais un homme d’affaire mafieux éclaboussé par une affaire de détournements de fonds publics ?

Dans des pays dits démocratiques et modernes peut-on envisager un scénario qui vise à favoriser l’élection d’un présumé pilleur des fonds publics à la tête de la plus grande vitrine du patronat, acteurs dans la création d’emplois aux mérites. Les dirigeants contestés Gabon auraient-t-ils tourné le dos à la revendication citoyenne de la qualité des acteurs publics, des chefs d’entreprises en vue de faciliter l’instauration d’une bonne gouvernance.


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